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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Considérant son bilan négatif, la partie algérienne estime qu’une autre évaluation de l’accord s’impose".

Par Badreddine Khris, 6 juin 2015

Le gouvernement s’est rendu compte que l’accord d’association paraphé entre l’Algérie et l’Union européenne (UE), entré en vigueur depuis dix ans, a été négocié au détriment de notre pays. L’Exécutif s’est résigné, en fait, à faire siennes les critiques acerbes mais objectives apportées à ce partenariat par des économistes depuis plus d’une décennie.

Les experts avaient, en effet, tiré la sonnette d’alarme quant aux conséquences qu’induirait l’accord tel que conçu au début des années 2000. C’est à Ramtane Lamamra, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, qu’a échu la mission de transmettre le mécontentement de l’Algérie aux instances dirigeantes de l’UE. Il a saisi l’opportunité de la tenue à Bruxelles, de la 9e réunion du conseil d’association pour leur faire savoir que l’accord a beaucoup plus profité aux Européens. Pour le chef de la diplomatie algérienne, une autre évaluation de l’accord s’impose actuellement car le bilan demeure négatif pour l’Algérie.
“Dans ce partenariat, l’Algérie a donné plus qu’elle n’a reçu, a déclaré le ministre lors d’une conférence de presse, animée à l’issue de la rencontre. “Nous pouvons faire des adaptations dans la mise en œuvre de ce document de telle sorte que les intérêts de l’Algérie soient pris en charge”, a expliqué M. Lamamra. Il a, à ce propos, relevé que la baisse des recettes douanières, engendrée par le démantèlement tarifaire des produits importés des pays de l’UE, ne s’est pas traduite pour autant par un accès des produits algériens au marché européen comme le stipule pourtant l’accord. “Il est clair que nous n’avons pas eu l’accès que nous souhaitons au marché européen. Il y a des barrières tarifaires et d’autres non tarifaires. Des écueils bureaucratiques et autres obstacles ont fait que nos producteurs publics et privés n’ont pas pu réaliser le potentiel en matière d’exportation vers l’Europe”, a-t-il constaté.
En d’autres termes, ce qu’ont exigé les Européens pour leurs exportateurs comme facilitations des procédures et la levée des barrières douanières, ils l’ont obtenu mais ils n’accordent jamais ce type d’avantages à leurs partenaires. Pour une fois, l’Algérie ne s’est pas trop attardée sur les pratiques et exigences protocolaires pour dire tout haut ce qu’elle pensait tout bas, il y a déjà plusieurs années. L’on se rappelle effectivement la sortie médiatique du ministre du Commerce, Amara Benyounès, qui, dans un entretien paru il y a 7 mois, dans les colonnes du magazine The Parliament Magazine, une revue du Parlement européen, a déclaré : “L’accord n’a pas eu l’effet escompté, celui de promouvoir les exportations hors hydrocarbures et d’attirer les investissements directs étrangers (IDE), qui constituent pour l’Algérie deux objectifs motivant la signature de tout accord de libre-échange.”
Le ministre a reconnu que les Européens ont “consolidé” leur part de marché par le biais des importations algériennes, alors que leurs investissements (IDE) restent très faibles. Pis, le ministre des AE a également noté avec regret la réduction des parts de l’Algérie sur le marché gazier européen à environ 13%, alors qu’elle garantit un approvisionnement stable sur des bases commerciales. Ce sont autant de contraintes qu’il faut aplanir avec la partie européenne en vue d’équilibrer le partenariat économique bilatéral qui doit désormais dépasser le caractère strictement commercial pour devenir un acte de développement.

Source: Liberté.com

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