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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Le journal l'Humanité a publié avant-hier un entretien avec Alaa El Aswany et Kamel Daoud.

L'écrivain égyptien définit une sorte de loi de fonctionnement de l'Egypte contemporaine : "Le dictateur utilise les extrémistes pour se débarrasser du mouvement démocratique". Ajoutant : "Ce cycle se répète aujourd’hui. Dictateurs et extrémistes ont besoin les uns des autres. La dictature a toujours été justifiée, en Égypte, par le danger extrémiste". "Ni l'un, ni l'autre": cet axiome qui tient lieu de pogramme démocratique est oublié un peu plus loin, lorsqu'il tente encore une fois de justifier son engagement de l'été 2013 pour se débarasser d'un président élu démocratiquement : "Certains leaders des Frères musulmans menaçaient de faire couler en rivières le sang des « infidèles (...). Dès lors, sans soutenir le général Abdel Fattah Al Sissi, je pensais qu’il était dans les prérogatives de l’armée égyptienne d’intervenir pour éviter une guerre civile".

"Sans soutenir le général Sissi"? Les journalistes de l'Humanité ne sont-ils si pas informés lorsqu'ils font mine d'ignorer les déclarations de l'écrivain, rapportées à l'époque par le Huffpost-Maghreb : "Sissi est un héros national qui a permis au pays d'éviter une guerre civile et il est de son droit de se porter candidat à la présidentielle". Ou lorsqu'il a activement participé à la campagne contre l'isolement international du maréchal-candidat, justifiant en octobre 2013 dans le New York Times la reprise en main du pays par l'armée, car les militaires "se sont mis du côté de la volonté du peuple égyptien".

Le journaliste et écrivain algérien Akram Belkaïd écrivait le 31 octobre 2013 dans le Quotidien d'Oran: "Tôt ou tard, la machine répressive de Sissi se retournera contre celles et ceux qui affirment vouloir la liberté et l’Etat de droit pour leur pays mais qui ne lèvent pas le moindre petit doigt pour protester contre la situation actuelle. Mais, à ce sujet, doit-on vraiment les croire quand ils se font les chantres d’une Egypte débarrassée de toutes ses chaînes ? Quel crédit accorder en effet à un Alaa Al-Aswany qui, hier encore, affirmait à la fin de chacune de ses chroniques que la démocratie est la solution?"

C'est Mohamed Chafik Mesbah qui a fait connaître son ami Alaa Al-Aswany aux lecteurs francophones avec l'interview qu'il publia en 2007 dans Le Soir d'Algérie. L'écrivain égyptien déclarait : "Les dictatures arabes nous parlent volontiers d'autres formes de démocratie. Je ne crois pas qu'il existe une autre forme de démocratie. La démocratie ne peut pas avoir plusieurs formes, elle est unique pour tous les peuples. Il reste que la démocratie est une bataille permanente dans le monde arabe. La démocratie, la véritable démocratie doit s'arracher."

Dans l'interview à l'Humanité d'avant hier, sans dire un seul mot de blessant contre le maréchal-président, l'écrivain renouvelle sa profession de foi : " Après quatre ans, la Révolution française aussi a d’abord tourné court. Je reste donc optimiste".

"Il faut mettre les principe très haut, ainsi il est plus facile de passer en dessous." disait le défunt dirigeant bavarois Frantz Josef Strauss.

POST-SCRIPTUM

Octobre 2013.

L'auteur du best-seller L'Immeuble Yacoubian, connu pour son soutien au nouveau pouvoir, incarné par le général Abdel Fattah Al-Sissi, était venu parler littérature, en amont de la sortie de son nouveau roman, L'Automobile Club, prévu en février, aux éditions Actes Sud. Mais à peine avait-il commencé que son intervention a été perturbée par plusieurs dizaines d'agitateurs pro-Morsi, qui ont avancé vers la tribune en hurlant "traître", "assassin" et "à bas les militaires". Débordé, le service d'ordre de l'IMA a obligé le romancier à quitter précipitamment la salle où devait se tenir la conférence. Source: Le Monde.fr

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