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Publié par Saoudi Abdelaziz

Hier dans les rues tunisiennes. Photo DR

Hier dans les rues tunisiennes. Photo DR

La campagne Winou el petrol? (Où est le pétrole?) provoque un mouvement d'opinion de plus en plus large chez nos voisins. Et les réactions offusquées de l'administration tunisienne, qui pas plus que sa congénère algérienne, n'a l'habitude de la transparence. Surtout lorsqu'il s'agit de la gestion des ressources naturelles, domaine réservé des "décideurs". L'avis de l'administration est partagé par le leader islamiste Ghannouchi qui met en garde contre l' "anarchie".

Le mouvement, commencé sur la toile, prend de l'ampleur et débouche désormais sur la place publique. Hier samedi, des milliers de Tunisiens sont descendus dans la rue, à Tunis, à Tozeur, ou à Tataouine, pour réclamer la gestion transparente des hydrocarbures mais aussi des autres ressources naturelles.

La veille, l'association "I Watch" -Ana Yakidh, avait lancé une pétition sur la toile pour revendiquer la réalisation d'un audit global des entreprises pétrolières sous l'égide d'une commission parlementaire indépendante. Youssef Ben Belgacem, un des responsable de l'ONG explique que  la présentation des résultats des audits aux citoyens en toute transparence et clarté constitue la solution idéale pour dissiper les doutes quant à la légalité des contrats pétroliers signés par l'Etat tunisien.

Domaine réservé

Depuis, on assiste à une contre-offensive médiatique du gouvernement et des partis dominants pour lesquels la gestion des ressources naturelles est le domaine réservé des "décideurs" actuels ou futurs.  

Le ministre de l’Energie et des Mines affirme, à propos des réserves pétrolières du pays  que «certaines allégations à ce sujet sont très exagérées" pendant que ses subordonnés mènent campagne -chiffres invérifiables à l'appui- pour minimiser les capacités de production pétrolière.

Rached Ghannouchi le leader d’Ennahdha estime que ce mouvement pour la transparence  sur les ressources naturelles ne vise, « qu’à répandre l’anarchie ». La déclaration de Ghannouchi vise aussi sans doute à décourager la participation de militants de base de son parti, surtout dans les région du sud qui se retrouvent au sein du mouvement citoyen en cours. Il est problable que comme Essebsi et les autres secteurs de l'establihment, Il considère comme inacceptable l'irruption citoyenne dans la gestion d'un domaine considéré comme réservé aux "politiques".

Un spécialiste en communication Slaheddine Dridi, avait dès jeudi 28 donné les arguments: «cette campagne est le fruit d’une double tare: la sous-information et la désinformation! Sous-information, quand l’appareil communicationnel ne nous informe pas correctement sur l’état de nos richesses énergétiques, et désinformation, quand le peu d’informations qui existent sont dénaturées et utilisées à des fins partisanes!». Cette histoire de sous-information-désinformation pourrait évoquer chez les Algériens l'analyse des ténors médiatiques face au mouvement citoyen contre la fragmentation hydraulique...

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