Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Saoudi Abdelaziz

Marche des traminots à Oran hier. Photo DR

Marche des traminots à Oran hier. Photo DR

A la veille du début du ramadhan, les revendications des grèves actuelles sont claires: elles concernent la défense du pouvoir d'achat qui a subi une érosion plus que sensible avec la hausse parfois débridée des prix. Après le complexe sidérurgique d'El Hadjar à l'est du pays, d'autres entreprises publiques importantes de l'ouest sont touchées par des grèves: le complexe électroménager de Sidi Bel Bel Abbès, le tramway d'Oran. De leurs côtés les corps communs et les ouvriers professionnels de l’éducation nationale, se préparent à réagir encore une fois contre leur situation lamentable, certains d’entre eux touchant encore des salaires inférieurs au SNMG.

A côté de comptes rendus objectifs comme ceux d'El Watan, on peut aussi lire des digressions sur les "arrières pensées extrasyndicales" de la grève de Sidi Bel Abbès. Sous la plume de Mouloud Elias sur le site Impact24 par exemple où le rédacteur après avoir longuement cité l'employeur affirme : "C'est l’instabilité de l’entreprise qui a constitué, par le passé, le principal facteur bloquant du développement de l’ENIE  et sa perte de sa force de vente".

Lock out?

Un raccourci qui évite toute réflexion, en accusant les ouvriers d'être responsables du désastre industriel algérien, qui se poursuit depuis les années 80. Dans la même veine, Le patron-éditorialiste  du Quotidien d'Oran M. Abdou Benabbou écrit: "Pour ne pas déroger à une règle définitivement installée dans le monde du travail, l'ENIE de Sidi Bel-Abbès est victime d'un nouveau spasme." Rapprochant cette grève du mouvement en cours dans lesTramways d'Oran, il note : "Cinq cents employés oranais sont otages d'un état d'esprit...". Cet "état d'esprit" est faussé par l'économie rentière! "Il est désormais inutile de continuer à discourir". Le remède? Une sorte de lock-out général: " Frapper aux portes des entreprises nationales pour les forcer à fermer". Cela pour créer un "électrochoc" visant à " ramener sur terre l'esprit de la bonne mesure et l'intelligence égarées sur des nuages contrefaits".

En proposant -poétiquement- un véritable lock-out, le patron de presse a sans doute choisi de plaire aux lecteurs parmi les usagers du tram, nombreux à souffrir des désagréments d'une grève qui dure depuis une semaine. La revendication, "l’application des dispositions relatives à l’octroi des indemnités des heures supplémentaires" pouvait être mise sur la table de négociation, mais la direction a opposé un refus radical de discuter. Sa réponde fut la ménace de licencier deux cents grévistes. C'est ce qu'ont expliqué aux Oranais, les centaines de traminots qui ont marché hier dans les rues d'Oran. 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article