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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les traminots oranais de la Setram n'ont pas eu le droit de marcher hier. Les responsables syndicaux qui avaient été suspendus par la centrale syndicale, ont été interpelés et maintenus dans l'isolement total pendant de nombreuses heures, pendant que l'anti-émeute bloquait les manifestants privés de leurs leaders. Le lendemain matin, le patron-éditorialiste du Quotidien d'Oran leur rappelle la règle des Temps Modernes: 'Marche ou crève!"

C'est un communiqué du bureau d'Oran de la ligue des droits de l'homme  LADDH qui annonce l'opération : « La police anti-émeute vient d'intervenir pour tenter de bloquer la marche de protestation prévue par le Collectif des travailleurs de la Setram Oran qui sont en grève depuis une quinzaine de jours pour exiger l'application par une direction française du droit du travail algérien aux Algériens qui exercent en Algérie ». La LADDH estime que « derrière la modernité en matière de technologie qui se veut être le visage de l'entreprise Setram est tapi un esclavagisme vu comme unique moyen de réguler les relations de travail ». La LADDH cite comme principales infractions commises par Setram « le non respect de la durée légale de travail », « le non paiement des heures supplémentaires », et le « non respect de la volonté commune des travailleurs et de l'employeur », qu'on estime « indispensable quand il y a changement des contrats de travail». C'est le Le Quotidien d'Oran qui publie ce communiqué.

"Marche ou crève!"

A quelques pages de là dans le même journal, M. Abdou Benabbou, le patron-éditorialiste ne l'entend pas de cette oreille."Les grévistes s'agrippent de toutes leurs forces à des emplois qui s'envolent. Ils n'ont que l'inertie et la surdité comme armes et arguments". Il conteste la légitimité de leur mouvement: "C'est qu'il ne s'agit plus de conditions de travail et d'exploitation effrénée d'une main-d'œuvre, ni de non-respect d'un code du travail"Le mouvement social relève de la mendicité. "A la base de ce suicidaire dilemme, il est question de la farouche volonté d'un pan entier de la société qui a définitivement décidé de ne plus faire la distinction entre bien public et bien privé et qui a poussé le culot jusqu'à faire de la mendicité un droit sacré". Les temps ont changé, car  "la tendance de la culture économique universelle actuelle est à la marche ou crève".

L'édito conclut par une mise en garde des salariés algériens car "est très forte la tentation des recruteurs d'aller chercher ailleurs des travailleurs étrangers. Parce que ceux-là ont compris que la survie avait un prix".

 

 

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