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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Souliha Benali a été sommée par la radio publique francophone "chaîne 3" d'abandonner, sous peine de licenciement, l'animation bénévole qu'elle assurait dans Radio M, aux côtés d'autres journalistes de divers médias.

Cette interdiction a été discutée sur cette Radio M qui lui est désormais interdite.

Résumé par Ahmed Ferki, 15 mai 2015

Un secteur public étouffant

Souhila Benali a déjà eu des problèmes similaires quand elle présentait le journal de Canal Algérie. Bien avant elle, El Kadi Ihsane avait été licencié de la radio, et Abed Charef licencié de l’ENTV. Ce qui confirme que dans ce monde des médias publics, on en reste au même fonctionnement. Le secteur public constitue une part essentielle dans le système médiatique algérien. Mais ce secteur public est dans l’absurdité. Il est décalé dans le temps. "Il a un siècle de retard sur les médias modernes", estime Abed Charef.

Tranché, Saïd Djaafer relève que "le service public est interdit dans les radios publiques". C’est une règle qui s’appuie sur un "barbarisme" qui veut que le service public obéisse à "la ligne éditoriale de l’Etat". La situation s’est aggravée avec Hamid Grine, l’actuel ministre de la Communication, qui "fait dans le zèle", ajoute-t-il. M. Grine "met un excès de zèle" dans ses relations avec "des anciens confrères". "Il le fait de manière hargneuse. Ça dépasse l’entendement".

Dans le même sens, Hacen Ouali a noté que M. Grine "passe son temps à régler des comptes avec des journalistes qui ne sont pas dans la maison de l’obéissance". Il se demande "pourquoi d’autres journalistes, pendant des campagnes électorales, ont pu travailler dans des chaines privées tout en étant payés par des médias publics, comme s’ils y étaient affectés".

Khaled Drareni, qui a brillamment suppléé à l’absence de Souhila Benali en animant l’émission de jeudi 14 mai, a cité la chaine Wiam (Concorde), favorable au président Bouteflika, où officiaient des journalistes salariés de la télévision publique.

"Pourquoi certains journalistes du secteur public sont autorisés à collaborer ailleurs et d’autres non", s’est-il demandé? "Ceux qui sont autorisés passent un deal au préalable", répond Abed Charef. "Ils savent ce qu’ils peuvent dire et ce qu’ils doivent éviter de dire. Ils sont dans la précarité, comme les chaines privées, officiellement des sociétés étrangères, mais qui négocient un deal avant de commencer à émettre", dit-il. El Kadi Ihsane conteste cette vision. Pour lui, "il n’y a pas de deal".

Avec cette polémique, le CPP était enfin revenu à sa routine. Avec, toutefois, le sourire de Souhila Benali en moins.

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