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Publié par Saoudi Abdelaziz

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L'Etat et la finance françaises ont-ils utilisé un des atavismes génétiques du système algérien, symbolisé par le golden boy, pour imposer la prééminence des banques françaises en Algérie?

L'Algérie est un pays où, plus qu'ailleurs, la filiation d'un individu est l'une des clés de son itinéraires. Dans un commentaire à un article du Matin-dz, en février 2008, un lecteur Wahab Benidir écrivait : "Le GoldenBoy est le digne descendant de son père, Laaroussi Khalifa un ancien du MALG de la frontière occcidentale de l'Algérie. Beaucoup de choses en commun : dans les années 60 le papa était DG d'Air Algérie -Fin 90 le gosse réalise son rêve d'enfance en devenant PDG de Khalifa Airways - Le père a longtemps vécu en Angleterre (Ambassadeur d'Algérie) : le gamin y est pour trés longtemps. Drôles de coincidences quand même. Mais il faut quand même précisé par honnêteté que Moumene-Rafik a commencé à installer son empire avant l'arrivée de l'actuel président. Qu'en est-il exactement ? Des intervenants bien informés pourront-ils fournir une ou des explications ? Merci à toutes et à tous".

En octobre 2002, "Lorsque l'étoile L'étoile du milliardaire algérien Khalifa  commence à pâlir", ainsi que le titrait le Canard Enchaîné, la presse française s'est penché sur l'itinéraire du golden boy, qui avait été adopté puis déchu par la jet-set. Il faut toutefois noter que ces enquêtes à charge étaient notamment alimentées par les informations de la DGSE. La finance français voulait-elle briser la concurrence?

Un câble de l'ambassade américaine d'Alger vers Washington, paru sur notre blog le 6 septembre 2011 sous le titre  Wikileaks et "Hizb frança", rapporte l'entrevue de l'ambassade US Robert S. Ford d'Alger vers Washington relate une entrevue en date du 31 janvier 2007 avec expert financier algérien: «Mohamed Ghernaout nous a dit que la liquidation de Khalifa relève d’un deal entre les dirigeants algériens et le renseignement français, justement pour laisser le champ libre aux banques françaises en Algérie. Il nous a dit aussi que Khalifa est devenu trop grand en un tout petit laps de temps. Les Français, qui voulaient avoir leur part du gâteau, ont misé sur l’imprudence du playboy Abdelmoumen pour appuyer leur thèse et faire tomber la banque». Et, semble-t-il, l’analyse de Ghernaout a marqué l’Américain : «sa prophétie est devenue réalité. En ces dernières années, les banques françaises, Société Générale et BNP Paribas qui ont ouvert plus de 50 succursales en Algérie ont affiché leurs intentions à reprendre le Crédit populaire algérien (CPA), listé parmi les sociétés privatisables». (Câble publié dans Le Soir d’Algérie du 6/9/2011).

Dans le journal Libération, "Pour situer le fils, chercher le père" est un intertitre  de l'enquête intitulée '"La face caché de l'Empire Khalifa" réalisée par Renaud Le cadre, Florence Aubens, José Garçon et Cédric Mathiot,  paru le 30 octobre 2002. EXTRAIT:

En Algérie, Khalifa affiche 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, 200 millions de bénéfices et 12 000 employés. Pourtant, ce fleuron national, «symbole de l'avenir du pays», loue absolument tout, jusqu'à ses bureaux d'Alger. «Comme s'il voulait pouvoir plier boutique du jour au lendemain», note un économiste. Quelle que soit la manière dont on tente d'agencer les pièces du puzzle, il y en a toujours une qui ne colle pas. Et l'éblouissante aventure plonge soudain dans les rouages secrets du pouvoir algérien.

Dans sa version officielle, un mot est sans cesse brandi pour éclairer la saga Khalifa : la chance. L'hagiographie du jeune homme, publiée l'an dernier, raconte ainsi une succession abracadabrante de miracles qui lui auraient permis de décrocher autorisations bancaires ou aéronautiques là où «d'autres n'ont plus d'ongles à force d'essayer d'entrouvrir la porte d'un puissant», selon les termes d'un cadre algérien.

Car la construction de l'empire conduit dans la pénombre des antichambres du pouvoir où l'élite algérienne ne se renouvelle que par cooptation. «Pour situer le fils, cherchez le père.» Celui de Rafik s'appelle Laroussi et on pénètre avec lui dans une dimension qui va bien au-delà de la simple réussite financière. Il va lui léguer quelque chose qui, en Algérie, n'a pas de prix : plus qu'un nom, une appartenance.

Car Laroussi est l'un des organisateurs de ce qui deviendra, après l'indépendance, la Sécurité militaire (SM), la toute-puissante police politique, ce cercle fermé qui constitue toujours la colonne vertébrale du régime. Pendant la guerre, on le retrouve en effet à Tripoli, en Libye, où est basé le Malg (ministère de l'Armement, des Liaisons générales et des Communications), l'ancêtre des «services» algériens. Il y devient directeur de cabinet d'Abdelhafid Boussouf, le «patron» du Malg, l'un des hommes forts des appareils militaires qui vont présider aux destinées de l'Algérie.

L'argent des autres...

Dans le Le Canard Enchaîné repris par Algérie-watch, Nicolas Beau, écrivait le 23 octobre 2012: 

" Khalifa lave plus blanc. " Voilà comment la rue, à Alger, résume la formidable réussite de Rafik Khalifat, qui, à trente-six ans, a déjà investi des milliards de francs. Une insinuation relayée en France par l'ancien candidat Vert Noël Mamère. Lequel devant la formation d'une commission d'enquête sur le groupe algérien.

La croissance de ce dernier doit beaucoup en effet à la puissance des réseaux issus du ministère algérien de l'Armement et des Liaison générales (le MALG, pour les initiés), ancêtre pendant la guerre Algérie de la redoutable sécurité militaire. Le père de Rafik, Laaroussi Khalifa, en fut le secrétaire général et joua à ce titre un rôle décisif dans les accords d'Evian en 1962, avant de devenir ministre de Ben Bella, puis patron d'Air Algérie. Au début des années soixante, ce puissant personnage s'intéressera, dit-on, au partage du trésor de guerre que le FLN avait planqué en Suisse.
Le groupe Khalifa ne manque pas de relations, les dirigeants du Mouvement social pour la paix (ex-Hamas) du cheikh Nahnah, par exemple. Soutenus par le régime algérien, ces islamistes légaux ont, pour la plupart d'entre eux, fait fortune dans la région de Blida, l'ancienne cité des roses, fief de Khalifa père. Et les fonds dont ils disposent se trouvent bien au chaud dans les agences de la Khalifa Bank, où ils bénéficient d'une confortable rémunération de près de 20%.
Dernier appui, et pas le moindre, l'entourage du président algérien. Avant de se faire élire par les généraux, et durant sa longue traversée du désert, Bouteflika a pu compter sur le soutien d'un milliardaire algérien, proche de la famille Khalifa, Abdelkader Koudjeti, qui réside toujours à Paris. Et le frère de Bouteflika, est l'avocat-conseil de Khalifa Airways. Quant au général Larbi Belkheir, actuel directeur du cabinet du président, il veille à la bonne marche du groupe, et sa famille est invitée aux fêtes données à Paris par Khalifa

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toumani 12/05/2015 18:54

enfin je reussis a comprendre les tenants et aboutissants de ce khalifa et cie. ... !