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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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La fitna des années 90 a profondément meurtri les villages de la chaîne des Babors, conduisant à un exode massif. Des vagues successives de refugiés, fuyant les affrontements entre les forces de sécurité et les patriotes d’un côté, les groupes de l’AIS et du GIA de l’autre, ont fuit ces villages pour se refugier à Jijel, d’abord dans les locaux désaffectés et les garages, puis à l’est de la ville où de nombreux bidonvilles-laissés ensuite à l'abandon par l'Etat- sont apparus. Dans celui de Harattene, par exemple, trois cent cas de typhoïde s’étaient déclarés en avril 2009...

Depuis le début des années 2000, on avait assisté à un phénomène de retour aux villages. Mon ami défunt Mokhtar Zine décrivait en 2001, dans l'hébdomadaire local Jijel info, la richesse traditionnelle de la région de Jimla où, en 2014 encore, les habitants attendent que la puissance publique tienne ses promesses. " Pour les Jijéliens d’un certain âge, Jimla, c’est la poterie, la viande de qualité, le potiron et le haricot vert de Ghebala. Ce sont l’orange, la noix, la grenade, le maïs, la tomate et aussi la délicieuse figue de barbarie de Mers Beni-Hassan et Souk Esseb’t, une figue de rocaille et de terre rugueuse. C’est l’olive des flancs des monts de Bouazza et Bouaffroun". Les correspondants locaux continuent d'alerter les pouvoirs publics.

 

A Beni Sbih Les villageois tentent de survivre

Par Mouloud Saou, 28 mai 2015, Liberté

La localité montagneuse de Beni Sbih, qui était autrefois l’un des fiefs des groupes islamistes armés au même titre que Texana, Erraguène Souici, Selma-Benziada et des dizaines d’autres localités et communes, a connu une nette amélioration sur le plan sécuritaire, même si les séquelles de la décennie noire persistent encore.

En effet, cette zone rurale caractérisée par son relief escarpé et difficile d’accès est située entre la commune de Settara et Ghebala à environ 70 km de Jijel. Elle est si loin et tellement isolée que seuls les habitants d’El-Milia et ses alentours en entendent parler. Selon les habitants qui ont cruellement souffert des affres du terrorisme, aucun projet de développement n’a été enregistré depuis l’indépendance.

Seul un projet pour la réhabilitation de la route reliant la localité de Tamedith jusqu’à la frontière de la wilaya de Skikda en passant par Beni Sbih sur une distance de 15 km a été enregistré en 2013. Cependant, les travaux n’ont pas été lancés, bien que cette route soit considérée comme le principal accès des habitants à leurs villages, indique-t-on. Nos interlocuteurs évoquent également le problème de l’absence de salle de soins et de gaz naturel. Contacté par nos soins, le président de l’APC, Ahmed Brahimi, n’a pas nié les faits. “En fait, Beni Sbih dispose de trois salles de soins réhabilitées et équipées de tout le matériel nécessaire pour la bonne prise en charge des malades, mais elles demeurent fermées”, nous dira-t-il. Et d’expliquer : “Le problème réside au niveau de la direction de la santé qui n’a pas procédé à l’affectation de personnel médical et paramédical malgré la disponibilité des logements de fonction.” En effet, les villageois dont le nombre a atteint 2000 habitants sont obligés de parcourir 25 km pour se rendre au centre de soins de Bordj Ali. “Une simple consultation ou une injection nous coûte jusqu’à 500 DA, cela sans parler des difficultés du déplacement surtout quand il s’agit des parturientes”, regrette un père de famille.

Un village qui a marqué l’histoire du pays
Les villageois qui s’interrogent souvent sur les causes de cette marginalisation n’ont pas omis de faire un bref passage sur l’historique de cette région qui a marqué la guerre de Libération nationale. Selon des notables de cette mechta, Beni Sbih a connu l’une des plus grandes batailles durant la guerre d’Algérie. “Cette bataille qui marquera à tout jamais l’histoire de notre pays a fait 400 martyrs dans les rangs de l’ALN et 1100 morts du côté de l’armée française”, nous dira un habitant, en montrant du doigt deux avions de chasse français datant de 1958, qui ont dû atterrir en urgence sur un champ près du village de Beni Sbih. “Notre région a beaucoup donné pour le pays, je pense qu’on a le droit de vivre avec dignité aujourd’hui ! En hiver, nous utilisons du bois pour nous réchauffer, comme au Moyen âge”, témoigne-t-on. Il est vrai que cette bourgade a connu un exode rural massif durant les années du diktat des groupes islamistes, mais il faut dire que beaucoup de familles se sont réinstallées ces dernières années, même si les conditions de vie sont précaires. Une salle de soins et une route accessible, tels sont les vœux d’une population qui ne demande que le minimum pour vivre dignement dans la terre de ses ancêtres.

Source: Liberté.com

Nous sommes à Ghebala: "Délivrez-nous de notre isolement"

Par MedSouilah, 28 mai 2015

Sur toutes les lèvres des habitants de cette commune située au sud-est de la wilaya de Jijel, à 35 kilomètres du bord de mer, une région boisée (oliviers, pistachier lentisques...) très accidentée. Une seule phrase revient : « Délivrez-nous de notre isolement ! ... Durant la guerre de libération nationale la région de Ghébala était une zone interdite et a été le théâtre de violents combats contre l'occupant français.le commandement de la wilaya 2 est à quelque kilomètres (Tayerrow beni sbih). La scolarité des enfants est souvent perturbée à cause des conditions de vie extrêmes.

Rien n’a changé dans cette région, qui pourtant avait abrité le QG de l’historique Wilaya II. N’est-il pas temps de faire preuve de reconnaissance envers ceux qui ont tant donné ?

Source: Jijel-info

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