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Publié par Saoudi Abdelaziz

Al Sissi a-t-il dépassé le point de non-retour?

"Al Sissi mène la guerre totale aux frères musulmans" titre El Watan. Aniss Z. cite dans cet article  Amnesty International, qui a estimé hier que la peine de mort est devenue «l’outil de prédilection des autorités égyptiennes pour éliminer l’opposition politique». "Un tournant dangereux vers la guerre totale" avait titré la veille le site HuffPost Algérie où Malik Tahir s'interroge:

Jusqu'où ira le pouvoir égyptien?

La peine de mort prononcée contre Morsi et les autres dirigeants est clairement un acte politique et non une justice rendue.
Par sa symbolique, le verdict signifie que le pouvoir égyptien est décidé à aller dans l'escalade de la répression contre un des principaux mouvements politiques du pays qui malgré une campagne violente et souvent haineuse reste enraciné dans la société.

Les Frères Musulmans qui font l’objet d’accusations non étayées de terrorisme, ont continuellement affirmé qu'il restait sur le terrain de la protestation politique pacifique. Mais la violence de la répression casse de manière durable la capacité d'une organisation, où la décision était très centralisée, à contrôler les troupes.

Certains observateurs ont noté déjà une certaine radicalisation des jeunes qui continuent de mener, sur le terrain et sans des directives du sommet, des manifestations très risquées contre le coup d'Etat et pour le "retour à la légitimité".

Le scénario du pire

Le pire des scénarios serait qu'une partie de ces jeunes basculent dans la violence ou rejoignent les groupes radicaux dont l'activisme terroriste s'est renforcé après le coup d'Etat. L'option de "l'éradication" assumée par le régime risque de provoquer cette radicalisation. Depuis le coup d'Etat de juillet 2013, plus de 1400 manifestants ont été tués et plus de 15 000 jetés en prison.

La justice expédie sans aucune forme de procès et délivre des condamnations à mort de masse qui ont choqué dans le monde et donné une piètre image du système judiciaire égyptien

L'éventuelle mise à mort des dirigeants de l'organisation des Frères Musulmans et du président Morsi pourrait être un signal que le point de non-retour a été dépassé. C’est une mesure qui pourrait, estiment de nombreux analystes, donner un élan majeur à une radicalisation d’une partie des jeunes militants des Frères Musulmans.

Il suffirait, observent-ils, qu’une petite proportion seulement des membres des Frères Musulmans rejoignent les groupes djihadistes ou créent leur propre organisation armée pour que la situation sécuritaire empire.

Samedi, deux juges et un procureur égyptiens ont ainsi été tués par balle dans le nord du Sinaï. Il n'est pas certain que ces attaques soient liées au verdict de mort délivrés contre Morsi et les autres dirigeants mais elles constituent une sorte de rappel des risques encourus de voir les djihadistes gagner de nouvelles recrues…

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