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Publié par Saoudi Abdelaziz

La justice française, une machine à blanchir

Par François Bonnet, 28 mai 2015.Mediapart.fr

EXTRAIT

(...) Il ne reste donc plus de l’affaire Bettencourt, l’un des plus grands scandales politico-financiers de la Ve République, qu’un gros fait divers : une vieille dame dépouillée par quelques habiles margoulins. Financement illégal de la politique ; distributions de prébendes et de médailles ; pressions sur la justice ; scandale politique : les magistrats-effaceurs sont passés et rien de tout cela n'existe désormais. La double relaxe prononcée ce jeudi 28 mai au bénéfice d'Éric Woerth – malgré des attendus sévères –, comme le non-lieu accordé il y a quelques mois à Nicolas Sarkozy dans cette même affaire – et accompagné là encore d'attendus sévères –, nous montre une fois de plus que la justice est bien à l'image de notre démocratie. Profondément malade.

Des juristes s'étrangleront à ce constat, trouvant foule d'arguments procéduraux et d'arguties juridiques pour nous expliquer la très haute impartialité d'une très grande justice, d'abord soucieuse des droits et libertés des individus. D'autres juristes pourront arguer avec le même talent du contraire. Gardons-nous de ce seul débat d'experts dits « incontestables » et incompréhensible pour les citoyens. Il reste l'essentiel. Remodelée en profondeur depuis vingt ans, du Code de procédure pénale aux influences renouvelées des politiques, du contrôle des carrières à la soumission du parquet, ce qui devrait être notre justice fonctionne aujourd'hui comme une machine à blanchir les puissants.

Il ne s'agit pas là d'énoncer les vieux slogans de vieilles manifestations – « Justice nulle part, police partout » – ou de partir en croisade contre une « justice de classe », comme il fut fait, et à juste titre, dans le passé. Il s'agit seulement de constater que dans une démocratie malade, hésitante, confisquée par une oligarchie, et dans un pays où les inégalités de tout ordre se creusent dans l'indifférence générale, la justice participe elle aussi à cet affaissement des valeurs, de l'éthique, de la vertu publique (...).

Text intégral : Mediapart.fr

 

Et si les citoyens prenaient le contrôle des ventes d’armes ?

 

Philippe Leymarie

C'est le titre d'un long article de Philippe Leymarie a publié hier 28 mai sur son blog du Monde diplomatique. Il constate  d'emblée : "les marchés les plus importants sont conclus dans le cadre de partenariats stratégiques qui lient le vendeur à l’acheteur sur le long terme, et ont donc une incidence sur la politique étrangère de l’un comme de l’autre. Ainsi, la vente de chasseurs Rafale à l’Egypte, au Qatar, et peut-être un jour aux Emirats arabes unis, lie le destin de la France à ces pays, sans que le Parlement, l’opinion, ou même un panel de spécialistes aient jamais donné un avis sur cette politique menée en principe en notre nom à tous".

EXTRAIT:

Vente incongrue

Le commerce des armes « se nourrit aussi de l’indifférence de l’opinion publique », relève Alain Refalo sur son blog : « Notre passivité et notre silence permettent au complexe militaro-industriel de continuer son œuvre néfaste, loin de tout contrôle citoyen et démocratique ». Il cite le député Noël Mamère (EELV), au lendemain de l’annonce de l’achat de Rafale par l’Egypte, en février dernier : « Il y a une sorte d’incongruité à voir le président de la République et Mme Merkel contribuer à une paix fragile entre l’Ukraine et la Russie, et le lendemain, entendre ce même président de la République se féliciter d’avoir vendu vingt-quatre Rafale à un dictateur dans une région qui est déjà une poudrière ».

Alain Refalo rappelle que, pour finaliser la vente de Rafale au Qatar, le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian a fait dix déplacements en trois ans dans « cette monarchie pétrolière du Golfe, qui n’est pas un exemple de respect des droits de l’homme, où la charia est la loi, où l’homosexualité peut être punie de mort, et qui est soupçonnée d’entretenir des relations troubles avec certaines organisations terroristes ».

Une vente de Rafale à des pays du Proche-Orient qui n’est pas sans risques, estime de son côté Stéphane Murraciole, sur le site Armer Désarmer. Pour lui, « la vente de matériel militaire français, dont les vingt-quatre Rafale, à un gouvernement issu d’un coup d’Etat, est une gifle supplémentaire à toutes les sociétés civiles ».

Murraciole, qui évoque de « graves violations des droits de la personne voire crimes contre l’humanité » par le régime du président égyptien Abdel Fatah Al-Sissi, s’inquiète ainsi de ce, « le gouvernement français envoie un message clair à la jeunesse des pays du sud : quelles que soient vos aspirations à un monde respectueux des droits de l’homme, nous soutiendrons vos bourreaux. Voilà comment s’alimentent — et pour combien de générations ? — la colère et malheureusement parfois aussi la haine d’un Occident incapable de sortir de sa vision ethnocentriste du monde, creuset idéal pour les fanatiques de tous bords ».

Texte intégral : Blogs du monde diplomatique

Philippe Leymarie
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Djamel Ghamraci 29/05/2015 02:53

« le gouvernement français envoie un message clair à la jeunesse des pays du sud : quelles que soient vos aspirations à un monde respectueux des droits de l’homme, nous soutiendrons vos bourreaux.