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Publié par Saoudi Abdelaziz

Un livre "Paris-Alger : histoire passionnelle" * est publié en France par une maison d'édition parisienne. Samedi, la veille de sa parution, El Watan.fr met en ligne quelques extraits, précédé d'une demi-heure par le site TSA-Algérie. Il semble que quelques membres de la nomenclatura sont épinglés pour des acquisitions d'appartements parisiens. Mais, si l'on en juge par les bonnes feuilles proposées par les deux sites, la vedette de "l'histoire passionnelle" semble être le chef du DRS, "partie immergée, invisible  du système", "courtisé par les Français"

 

BONNES FEUILLES

 

"Toufik, l’interlocuteur courtisé par les Français (El Watan)

La fonction, le titre, le pouvoir et les relations de Mohamed Mediène en font un interlocuteur prisé. Claude Guéant avait déjà rencontré le tout-puissant patron du DRS à l’Elysée, lorsqu’il était secrétaire général. Lors d’un de ses déplacements, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, insista lui aussi pour le voir», révèle Paris-Alger,histoire passionnelle,  qui dresse le portrait du général Toufik selon les témoignages des responsables français qui ont eu «le privilège» de le rencontrer. «Mediène est un taiseux, marqué par la lutte sanglante qu’il a menée contre les islamistes dans les années 1990. Un homme vif, subtil. Il fait partie de la génération des généraux qui ont le sentiment d’avoir sauvé la nation (...). Il pourrait être votre oncle. Un petit monsieur avec des lunettes. Un papy très posé, fin analyste, mais aussi très respecté : quand il parle, les généraux derrière ne bougent pas, lorsqu’il rit, ils rient…. Les rencontres avec ses homologues étrangers se déroulent dans une vieille résidence coloniale française, sur les hauteurs d’Alger», peut-on lire dans ce livre.

Le Français qui a le plus côtoyé le général Toufik était Bernard Squarcini. «En juin 2007, Bernard Squarcini, passé de la direction centrale des Renseignements généraux à patron de la DST, continue à entretenir le lien entre la France et les Services algériens. Il côtoie Toufik.» Jean-Yves le Drian a été également l’un de ses visiteurs, lors de son déplacement à Alger en 2014. «Les collaborateurs du ministre de la Défense assurent que l’homme continue d’exercer une autorité morale, mais qu’il a tenu discours très langue de bois. Le ministre est ressorti déçu de cette réunion», révèle encore le livre".

"Tewki et les Français (TSA-Algérie)

Dans ce Système, le président Abdelaziz Bouteflika représente la partie émergée de l’iceberg. Le général Mohamed Lamine Mediène, 78 ans, alias Toufik, patron des services secrets, le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), incarne, lui, la partie immergée, invisible. Au sens propre. Il n’existe qu’une photo du général, prise il y a de nombreuses années.

L’ancienne Sécurité militaire (SM), qui dépend du ministère de la Défense, a tous les moyens de peser sur les décisions: elle bénéficie d’un maillage unique dans le pays. Pas une entreprise, pas un journal, pas un syndicat… n’échappe à son contrôle. Cette police politique est la spécialiste des coups tordus. Jusqu’à peu, le DRS – qui dépend du ministère de la Défense – pouvait mener des enquêtes judiciaires, notamment sur des faits de corruption. Un instrument puissant pour faire et défaire les ministres et hommes de pouvoir en fonction des intérêts et de l’humeur du jour. Un ancien membre du DRS a ainsi raconté sur procès-verbal en France avoir eu pour mission d’espionner des militaires de haut rang: « Je devais tout photographier. L’idée générale était de photographier les biens des généraux. À cette époque, en 2008-2009, c’est le DRS qui s’est chargé à la place de la police judiciaire de la corruption (…).

En décembre 2011, Claude Guéant, alors ministre de l’Intérieur, annonce son arrivée à Alger. L’ancien secrétaire général de l’Élysée doit rencontrer le ministre de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia. Dans les milieux diplomatiques, l’annonce suscite un certain embarras. Le protocole algérien déclare dans un premier temps ne pas être au courant de ce déplacement. Sous couvert d’une visite consacrée à la coopération administrative avec le ministre de l’Intérieur algérien, le premier flic de France veut – en fait – voir le général Mohamed Lamine Mediène. La théorie du pouvoir visible (le ministre) et invisible (le patron des services secrets). Cependant, la manœuvre française passe mal au niveau algérien, qui trouve le procédé désobligeant. Claude Guéant demande à voir le président, Abdelaziz Bouteflika, qui refuse. « Vous avez choisi votre camp », fait-on comprendre en substance au ministre français (…).

Claude Guéant avait déjà rencontré le tout-puissant patron du DRS à l’Élysée, lorsqu’il était secrétaire général. Lors de l’un de ses déplacements, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur, insistera lui aussi pour le voir ».

POST-SCRIPTUM

*En France, Christophe Dubois auteur de cet ouvrage co-signé par Marie-Christine Tabet est un journaliste qui a ses entrées. Le journaliste indépendant Hicham Hamza, pointait "les anomalies" dans l'affaire Mohamed Merah, publiant en juillet 2012 "la liste troublante des contradictions, mensonges et autres incohérences de la version officielle". Il s'interrogeait notamment:   

"Quelle est la source de Christophe Dubois, journaliste à l'origine du « scoop » de TF1 ? Salarié de la boîte de production « Eléphant et Cie », Dubois a personnellement échappé au scandale qui a visé la première chaine de France, accusée de sensationnalisme pour avoir diffusé le prétendu enregistrement audio des échanges entre Merah et les policiers. Pourtant, son profil est intéressant : spécialiste des services secrets sur lesquels il a publié plusieurs articles dans le Parisien, l’homme a co-rédigé« Les islamistes sont déjà là », recueil alarmiste composé de faits, rumeurs, contre-vérités et autres spéculations fantaisistes quant à la menace que ferait peser en France l’islam radical.  Sorti en 2004 et surfant sur la psychose post-11-Septembre, l’ouvrage a connu un certain succès en dépit d’une promotion calamiteuse comme en témoigne le passage des auteurs chez Thierry Ardisson.  L’animateur goguenard s’interrogeait alors sur la facilité de Christophe Dubois et de son co-auteur Christophe Deloire pour obtenir des informations auprès des services secrets". 

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