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Publié par Saoudi Abdelaziz

En octobre 2013, déjà. Photo DR

En octobre 2013, déjà. Photo DR

"Il est urgent de changer radicalement l’orientation des politiques d’asile et d’immigration de l’UE, en fixant comme objectifs prioritaires le respect des droits des migrant(e)s et de l’obligation de secours en mer et l’accès des personnes en besoin de protection au territoire européen. Le droit à la liberté de circulation est une revendication que les traversées de la Méditerranée portent et continueront de porter ; il faudra bien que l’Union européenne finisse par l’entendre".

 

L'ONU accuse l'UE de transformer la Méditerranée en «vaste cimetière»

 «L’Europe tourne le dos à certains des migrants les plus vulnérables dans le monde, et risque de transformer la Méditerranée en un vaste cimetière», a dénoncé le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad al-Hussein. Les Européens devraient plutôt reconnaitre le besoin en main-d’œuvre peu qualifiée, et admettre que les réfugiés ont le droit de recevoir une protection, juge-t-il. Il a exhorté les gouvernements des pays de l’UE à adopter «une approche plus courageuse et moins cynique», et les a accusés de céder aux mouvements populistes xénophobes. Zeid Ra’ad al-Hussein a notamment critiqué le manque de voies légales mises en place pour les migrants et les demandeurs d’asile.

«Ces morts et les centaines d’autres qui les ont précédées ces mois derniers étaient prévisibles», a-t-il ajouté, soulignant qu’elles étaient le résultat d’un échec de la gouvernance et d’«un manque immense de compassion». Il a aussi demandé à la communauté internationale d’ouvrir une enquête indépendante sur les naufrages en Méditerranée et s’est engagé à la soutenir. Le haut responsable onusien a également estimé que l’opération européenne de surveillance maritime Triton n’était pas adaptée à la situation, car «plutôt destinée à contrôler les frontières maritimes qu’à sauver des vies». (Source: AFP)

Méditerranée : les naufrages meurtriers de migrants ne sont pas une fatalité !

"Comment expliquer qu’un an et demi après cette tragédie de 2013, qui avait pourtant suscité l’indignation de l’Union européenne (UE), des chefs d’Etats et de gouvernements, de tels drames se reproduisent ? Comment expliquer que l’année 2014 a été la plus meurtrière pour les migrants en Méditerranée, avec plus de 3 500 morts et disparus, soit cinq fois plus qu’en 2013 ?

En prétendant agir pour réduire les naufrages et sauver des vies, l’UE et ses États membres n’ont fait que verrouiller, avec la politique des visas, à l’aide de l’agence Frontex ou du système de surveillance Eurosur, l’accès à leur territoire, notamment par la voie maritime, y compris à ceux qui ont besoin d’une protection et demandent l’asile. Ainsi, en toute connaissance de cause, à la fin de l’opération italienne de sauvetage en mer Mare Nostrum fin 2014, l’UE et ses Etats membres dont l’Italie ont mis en place l’opération de surveillance des frontières Triton, coordonnée par Frontex, dont la mission première est de contrôler les « flux » et non de sauver des vies. Avec l’opération Mare Nostrum, l’Italie semblait avoir amorcé une approche différente, respectant ses obligations internationales en termes de sauvetage en mer. Cette approche aurait pu être déployée par l’ensemble des États membres, et des milliers de morts auraient ainsi été évitées.

Les chefs d’États et les instances européennes ne peuvent pas, en désignant les passeurs comme étant à l’origine des naufrages qui se produisent en Méditerranée, se défausser ainsi de leur responsabilité ; car les migrant.e.s ne recourraient pas aux services des passeurs s’ils pouvaient voyager de façon régulière. Celles et ceux qui montent à bord de fragiles embarcations pour traverser la mer sont celles et ceux à qui sont refusés des visas et le droit à circuler librement.

Il est urgent de changer radicalement l’orientation des politiques d’asile et d’immigration de l’UE, en fixant comme objectifs prioritaires le respect des droits des migrant.e.s et de l’obligation de secours en mer et l’accès des personnes en besoin de protection au territoire européen.

Le droit à la liberté de circulation est une revendication que les traversées de la Méditerranée portent et continueront de porter ; il faudra bien que l’Union européenne finisse par l’entendre. Source : http://www.migreurop.org/article259....

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