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Publié par Saoudi Abdelaziz

Meeting du FFS, salle Atlas à Bab El Oued. Photo DR

Meeting du FFS, salle Atlas à Bab El Oued. Photo DR

"Nous refusons cette perversion du jeu en boucle fermée où les partis politiques sont considérés comme des pions que l’un ou l’autre clan du pouvoir va jouer contre les autres.  Nous refusons cette perversion du jeu politique (...).L’espoir vient de la capacité de notre peuple à inventer tous les jours de nouvelles manières de résister et de tenir face aux épreuves. L’espoir vient de l’invention de solidarités nouvelles, de la multiplication des initiatives et de la détermination à aller de l’avant". Le discours du premier secrétaire du FFS semble indiquer que ce parti opte pour un encouragement plus résolu de l'action populaire à la base pour changer les règles de l'action politique.

 

Discours de  Mohamed Nebbou, le 18 avril 2015 au meeting de Bab El Oued

EXTRAITS

Je voudrais rappeler devant vous deux points en relation avec la conjoncture tant nationale qu’internationale avant de faire le point sur la question du consensus national.

Le premier point concerne le rôle de l’armée dans la construction du consensus national.

C’est un point fondamental que nous ne discuterons pas en détail mais seulement en rappelant notre position de principe qui trouve sa source dans la plate-forme de la Soummam, et la confirmation de sa justesse dans les malheurs et les dérapages de ces dernières décennies.

Sur cette question aussi nous devons méditer et tirer des conclusions de ce qui se passe autour de nous. La nature et le rôle des armées est fondamental dans la construction ou l’effondrement des nations !!

L’actualité internationale nous montre qu’il est dangereux de faire du rôle de l’Armée une question taboue ! Discuter le rôle de l’armée dans le renforcement ou la fragilisation des états et des nations est un devoir citoyen pour tout militant soucieux de préserver son pays.

Au FFS,  nous sommes pour la primauté du politique sur le militaire.

Cela veut dire par exemple que la décision de la paix ou de la guerre est une décision qui engage l’ensemble de la nation et non une simple décision d’état-major.Une décision qui doit être prise en fonction des principes supérieurs qui protègent, soudent et confortent une nation.

A titre d’exemple de démarche que nous jugeons juste, le fait que l’ANP se soit référée au respect de la constitution pour affirmer le principe de non-intervention militaire dans les affaires de pays tiers.

Nous trouvons encore plus juste cette position que l’exemple de l’agression saoudienne contre le Yémen nous montre qu’il ne suffit plus à l’appétit des féodalités du Golfe de s’asservir les millions de chômeurs « des pays frères » Il leur faut aussi vassaliser leurs armées en en faisant leurs supplétives ! L’exemple du Pakistan où le parlement a voté contre l’intervention de l’armée aux côtés de l’Arabie Saoudite contre le Yémen montre combien il est fondamental de faire primer le politique sur le militaire.

Mais la primauté du politique sur le militaire cela veut aussi dire que l’armée doit être au service de la nation et du consensus politique qui la soude et non au service d’un clan ou d’un régime.

Elle ne doit pas non plus être considérée comme un acteur externe au destin politique du pays. Ni considérée comme l’arbitre des luttes politiques. Elle doit être considérée comme le garant de la continuité de l’état dans le respect du consensus politique le plus large. En l’absence d’un tel consensus c’est  tout l’édifice institutionnel, y compris l’armée, qui se trouve menacé par les turbulences de la crise.

Le respect des lois, le respect du libre fonctionnement des institutions, l’état de droit et les libertés sont en principe consacrés dans la constitution.

Mais nous avons tous vu se succéder les constitutions et les révisions constitutionnelles sans avoir véritablement assisté au règne de l’ordre constitutionnel dans notre pays.

Le pays a connu plusieurs constitutions. Mais elles ont toutes été, à un moment ou un autre été violées. Le pays a connu plusieurs constitutions et plusieurs révisions constitutionnelles  mais il n’a connu ni l’état de droit, ni la prééminence de la loi, ni la séparation des pouvoirs, ni la protection des biens et des personnes, ni l’égalité devant la loi, ni l’indépendance de la justice etc.

La position du FFS est connue depuis sa fondation : Nous sommes pour une Assemblée nationale constituante.

Aussi le FFS, sans être dogmatique, continue à militer en faveur d’un processus constituant dont l’axe central doit viser la reconstruction d’un consensus national qui préserve l’unité nationale, l’intégrité territoriale, le caractère républicain de l’état, l’état de droit, la séparation des pouvoirs qui consacre l’exercice de contre-pouvoirs, consacre la souveraineté populaire et nationale, les libertés publiques.

Mais pour que tout ceci ne soit pas que des mots enfermés dans des pages mais la force de la loi opposable à tous, il faut au préalable enclencher un véritable processus constituant. Avec ses étapes, ses évaluations et les garanties qui vont avec…

Nous n’en sommes pas là.

Nous avons réaffirmé les principes fondamentaux du FFS, parce que nous sommes en présence d’un public de militants qui les connaissent et qui se battent quotidiennement pour les faire connaître, les discuter et les partager avec nos compatriotes.

Mais quand on entame un processus de discussion, notamment avec les partis du pouvoir, nous ne sommes pas toujours en face de ce type de militants. Nous sommes souvent en face de fonctionnaires de la politique au service d’un pouvoir qui a pris en otage tout un pays, son peuple, ses richesses et ses institutions. Les fonctionnaires de la politique du système sont à distinguer des fonctionnaires qui sont là pour éviter au pays de s’effondrer et qui, à leur manière, militent contre la corruption et l’incompétence. Nous parlons des fonctionnaires du pouvoir, et, comme depuis les «printemps arabes» ce pouvoir s’est mis à reconnaître que le pays était menacé, nous qui avons depuis longtemps peur pour notre pays, nous leur avons tendu une feuille blanche pour qu’ils y écrivent, non pas ce que nous savons de leurs pratiques politiques de toujours mais un… début de commencement de signe de changement.

On attendait le feu vert pour un changement concerté, graduel et ordonné Et ils nous ont fixé une ligne rouge ! Et quelle ligne rouge !

Pas la sacralité de l’unité nationale. Pas l’indivisibilité du territoire.

Pas la déclaration du 1er Novembre ou même le caractère républicain de l’Etat

Non, leur ligne rouge c’est la légitimité présidentielle !

Nous au FFS, notre ligne politique est connue, nous militons pour le changement du système de pouvoir et non pour le remplacement d’un président par un autre.

Nous avons toujours soutenu l’idée que le danger pour le pays était dans la nature du système et non dans ce Président ou un autre. Nous ne nions pas pour autant que ces dernières années la crise se soit accentuée. Le peuple algérien qui a payé un prix terrible aux violences des années 90 était en droit d’attendre, une fois la paix revenue, que soient enfin établies des règles  politiques claires pour la conclusion d’un nouveau contrat national. A l’intérieur du pouvoir et entre le pouvoir et la société. Au lieu de cela, et la manne pétrolière aidant, nous avons vu fleurir plus forte que jamais auparavant la corruption à grande échelle, le népotisme, les campagnes d’intox médiatique, les règlements de compte à coup de révélations, l’instrumentalisation de la justice, la dilapidation des richesses nationales, la dépendance accrue à l’égard des hydrocarbures etc.etc.

En cette journée où nous rendons hommage au militantisme et aux militants qui nous ont tracé la voie, il est bon de rappeler que le choix du militantisme n’est pas un choix de tout repos. En cours de route nous perdons des camarades attirés par les promesses du pouvoir, et  parfois, d’anciens amis se transforment en terribles adversaires. Mais nous ne saurions accepter que ceux qui ont fermé l’espace politique par la répression, la corruption et les manipulations parlent de «Pseudo-hommes politiques».

Sous un système de pouvoir comme celui-ci il n’y a ni pseudo-hommes politiques ni hommes politiques, parce qu’il n’y a pas de politique. Il n’y a que des militants engagés pour qu’un jour la politique ait droit de cité dans ce pays !

Notre « feuille blanche » adressée aux fonctionnaires du système visait à leur faire écrire les premières lignes de leur propre vision du changement. le commencement du changement à l’interieur du système.

Sinon, s’ils ne devaient pas eux-mêmes changer et changer leurs pratiques, qu’est-ce qui allait changer par rapport à nous ?  Depuis des années nous leur avons adressé des centaines de pages de propositions de sortie de crise. Ils n’en ont jamais tenu compte. Ils ont déformé et instrumentalisé certaines d’entre elles. Comme la réconciliation nationale, qui pour nous, n’avait de sens que basée sur la vérité et la justice.

La réconciliation nationale ne pouvait pas, non plus, s’accomplir sans la réhabilitation de la scène politique. Sans une scène politique expurgée des luttes de clans qui paralysent le jeu institutionnel, expurgée des constitutions-alibi, expurgée de l’instrumentalisation de l’administration, expurgée du règne de la fraude électorale et du vote de la ch’kara.

On ne peut pas dire que leur réconciliation a réhabilité la politique. Non on ne peut pas le dire. Elle a juste rajouté de la confusion à la confusion. Du mépris au mépris. Elle a juste fait le lit des colères futures et d’autres confusions à venir.

Nous avons commencé à organiser un bilan d’étape sur notre projet de reconstruction d’un consensus national. Ce bilan d’étape nous le ferons à tous les niveaux des structures du parti, aussi je ne m’attarderais pas dessus et nous devrons attendre la fin du débat interne avant de rendre publiques l’ensemble de nos conclusions et notre feuille de route pour l’avenir.

Mais d’ores et déjà je peux vous dire que le cap sur la reconstruction du consensus national a été donné par le congrès du parti et qu’il n’est pas question pour nous d’y renoncer.

Nous réaffirmons que la sortie de crise ne peut advenir que par la sortie définitive mais pacifique et ordonnée de ce régime.

La ligne rouge n’était qu’une de ces ruses habituelles du pouvoir : Le président ligne rouge. Mais quid des autres institutions ?

Le DRS Maalich ? Machi ligne rouge !  Le chef d’état-major maalich ? Machi ligne rouge !

La politique des lignes rouges qui partagent le pouvoir entre des clans antagoniques est précisément ce qui maintient le statu-quo et entrave le passage à un ُEtat de droit.

Aujourd’hui, comme hier, nous refusons cette perversion du jeu en boucle fermée où les partis politiques sont considérés comme des pions que l’un ou l’autre clan du pouvoir va jouer contre les autres.  Nous refusons cette perversion du jeu politique.

Ce n’est ni notre conception de la politique ni notre conception du militantisme. Et Plus que jamais nous considérons ce jeu dangereux pour la sécurité et l’avenir de notre pays.

Et il est pour le moins consternant d’entendre ce pouvoir parler d’éthique ! Qu’il commence par son propre gouvernement où l’on voit un ministre annuler la décision d’un autre et autres exemples d’une absence d’éthique de la gouvernance.

Il ya un an à peine, le peuple algérien a vécu dans une tension terrible, le climat malsain et dangereux qui a précédé l’adoption du quatrième mandat.  Il ya des gens qui ont pris le risque de mettre gravement en péril l’intégrité et l’unité du pays. Sans même attendre l’ingérence étrangère ! A eux seuls ils ont amené le pays à deux doigts de l’explosion.

Pour un militant l’espoir vient d’abord de l’engagement des militants à faire avancer leur cause. L’espoir vient de la capacité de notre peuple à inventer tous les jours de nouvelles manières de résister et de tenir face aux épreuves. L’espoir vient de l’invention de solidarités nouvelles, de la multiplication des initiatives et de la détermination à aller de l’avant.

Pour notre part nous considérons proche la fin de la dictature des clans. Nous la voulons, mais nous la voulons la moins nocive pour le pays.

C’est pour cela qu’il est impératif de redoubler d’efforts en direction d’un consensus national qui, à partir des acquis historiques de l’Etat, du peuple et de la nation algérienne, et du génie de ses enfants , donnera à notre pays les moyens de dégager enfin une volonté nationale forte, souveraine et légitime.

Pour une Algérie unie forte démocratique et solidaire !

L’Algérie est née de la volonté militante,

Elle résistera et gagnera par la volonté militante.

Source: http://www.ffs-dz.net

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