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Publié par Saoudi Abdelaziz

Dans une tribune au Quotidien d'Oran, intitulée "L'Algérie qu'on aime !", Abdelattif Bousenane évoque les menaces contre "le modèle populaire algérien qui existe toujours malgré les coups très durs qu'il a subis par les décennies passées". Il affirme : "Certes, le capitalisme a fait son chemin en Algérie mais on est très loin de l'ultralibéralisme sauvage". 

 

EXTRAITS

 

L'intelligibilité est dans l'international !

Par Abdelattif Bousenane, 23 avril 2015. 

 

Dans ce brouillard intense qui couvre la scène politique intérieure, il est très difficile de voir clair surtout sur la vraie nature du pouvoir politique. Par conséquent, les relations internationales peuvent représenter un vecteur d'analyse très salvateur aux observateurs politiques. Dans ce registre, il faut reconnaître tout de même qu'il est beaucoup plus aisé à n'importe quelle «oligarchie » qui puise sa force de la corruption, de l'argent sale et de l'immoralité d'une manière générale de faire alliance avec les puissants de ce monde et d'être par conséquent soumise aux diktats de la politique étrangère des grands pays de la civilisation dominante ( USA, France, Grande-Bretagne) qui est motivée par les intérêts des grandes groupes de pressions qui ont à leur tour des «rentes » économiques certaines comme les lobbys pétroliers, d'armements et autres. Dès lors, la corruption, les conflits d'intérêts, les contrats opaques sont les piliers de ce système de guerre dissimulé par les médias «mensonges ».

En tout cas, nous avons là des exemples très concrets, comme beaucoup de régimes arabes aujourd'hui qui jouent très bien ce rôle de soumission et qui bénéficient d'une couverture financière, médiatique et politique par les puissants. L'exemple du régime égyptien actuel est frappant. Après un coup d'Etat inacceptable aux yeux de la «communauté internationale » et des milliers de morts et de prisonniers politiques, ce régime acquiert le soutien et l'admiration du «monde libre » ! Ce régime avec beaucoup d'autres dans le monde arabe et d'ailleurs participent en fait d'une manière inconditionnelle à toutes les guerres initiées par l'ultralibéralisme sauvage en Irak en 1990 au Yémen actuellement. Ils sont toujours d'accord, de toutes façons, et ils sont toujours prêts à n'importe quelle aventure initiée par ces mêmes lobbys ! En résumé ce système mondial cruel aime beaucoup les régimes crapuleux.

L'Algérie, et malgré tout, résiste bien à ce «bon » monde, elle est toujours fidèle à ses positions très respectables qui cherchent la justice et la paix. Cela est vraiment contradictoire avec l'idéologie dominante.
Peut-on considérer ainsi que ces positions diplomatiques résistantes aux géants sont des «circonstances atténuantes » pour le pouvoir politique en place ?


République démocratique et populaire...
Justement, nous avons noté ces derniers mois autour d'une éventuelle révision de la Constitution, une actualité chargée par : les jugements des affaires scandaleuses, monté en puissance d'hommes d'affaires et nouveaux riches très liés au pouvoir politique et des appartements des hauts fonctionnaires de l'Etat à Paris et pas à n'importe quel endroit, c'est dans des quartiers chics réservés à la bourgeoisie parisienne ! Ceci reste très symbolique et contradictoire avec cette «résistance » algérienne à cette globalisation sauvage que je viens de décrire. Bref, devant cette grande agitation politico-médiatique que connaît le «système », il est légitime de s'interroger sur la logique d'une éventuelle guerre de positionnements, une lutte de pouvoir entre courants et tendances au sein même du régime. Une espèce de guerre froide !

En tout cas il y a un réel danger sur le volet populaire de la république car, faut-il le rappeler, la première loi dans la constitution algérienne stipule que «l'Algérie est une république démocratique et populaire. Elle est une et indivisible ». De ce fait, souligner le mot populaire est tout l'enjeu de cette guéguerre, à mon sens, parce que ces nouveaux riches veulent imposer arbitrairement une république d'élite financière et politique, une sorte de bourgeoisie qui prendra le contrôle des centres de décisions et imposera donc ses lois économiques d'une manière hégémonique. Et qui vise à moyen et long terme de faire rentrer l'Algérie dans le rang des soumis au grand capital mondialisé.

Cette tentation est d'autant plus visible quand on observe l'ampleur de ces affaires de corruptions et malversations qui ont un seul objectif : c'est de faire fléchir cet idéal qu'on aime tant. Ces manœuvres très peu aimables à l'encontre du pays sont une vraie tentation d'un «coup d'Etat » non officiel contre ce modèle populaire algérien.

Certes, la tâche est très compliquée pour les gens qui croient encore en ce pays, dans ce contexte mondial globalisé, si injuste, si corrompu et peu rationnel, mais les forces vives de cette jeune nation, que ce soit dans la société ordinaire ou même au sein des institutions de l'Etat à leur tête le président de la République qui était l'un des initiateurs de ce modèle dans les années soixante et soixante-dix, ne doivent pas baisser la garde devant ce rouleaux compresseur de l'argent d'autant plus que l'Etat est dans une aisance financière qui l'épargnera de tendre la main aux puissances friqués.

Beaucoup de gens s'interrogeront sur l'existence même de ce modèle populaire algérien. Toutefois, dans le contexte interne de sous-développement et le contexte international marqué par l'hégémonie d'un système ultralibéral très agressif, je pense que le modèle populaire algérien existe toujours malgré les coups très durs qu'il a subis par les décennies passées. Si on arrive à écarter la dimension civilisationnelle c'est à dire le côté esthétique dans les réalisations d'infrastructures et le développement humain mesuré par l'indice de développement humain IDH qui, selon le PNUD, a connu une croissance substantielle, la richesse de notre pays bénéficie à une large partie de la population en comparaison avec beaucoup de pays du tiers-monde. Ceci étant dit, l'incompréhension de certains Algériens de ce discours est limpide devant les grandes difficultés sociétales dans lesquelles se trouve le pays et l'ampleur que prend l'argent sale dans la société. Certes, le capitalisme a fait son chemin en Algérie mais on est très loin de l'ultralibéralisme sauvage. Cependant, pour que l'Algérien lambda comprendra cette réalité, il faudrait, peut-être, qu'il soit confronté à d'autres modèles de gouvernance beaucoup plus élitistes.
Enfin, il ne faut pas démolir ce modèle ou au moins ce qui en reste, selon les plus défaitistes, par la théorie de «tous pourris » et le pessimisme assassin qui tue tout espoir en une Algérie éternellement populaire et donc juste.

 

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