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Publié par Saoudi Abdelaziz

En Algérie, c'est le lobby du gaz de schiste. En France, c'est celui du nucléaire.  En ce mois d'avril, ces deux lobbys "complémentaires" sont mobilisé pour contrecarrer la tendance qui s'affirme d'année en année dans le monde en faveur de l'utilisation des énergies renouvelables pour produire de l'électricité.

Aujourd'hui, dans Maghreb Emergent, sous le titre "Algérie-Dans les énergies renouvelables, l’expertise quitte la neutralité pour devenir très militante", le journaliste-politologue Abed Charef Charef, très tôt favorable à l'exploitation du gaz de schiste, descend en flamme Noureddine Yassa, directeur du centre de recherches en énergies renouvelables. En cause: les propos de M. Yassa repris il y a quatre jours dans le même Maghreb Emergent par El Kadi Ihsan qui écrivait :  "La nouvelle la plus forte de la semaine est venue de la bouche de Nourredine Yassa directeur du CDER, le centre de développement des énergies renouvelables. Selon lui la baisse vertigineuse du coût du solaire photovoltaïque le rend déjà concurrentiel du pétrole et du gaz pour produire de l’électricité. Et dans des pays moins ensoleillés que l’Algérie. Il faudra sans doute l’expliquer à M Boutarfa le manager public en charge de développer le solaire en Algérie. Et qui avoue ne voir les ENR que comme appoint dans un bouquet ou doivent figurer le gaz de schiste et le nucléaire".

"Tout expert sert son maître, car chacune des anciennes possibilités d’indépendance a été à peu près réduite à rien dans les conditions d’organisation de la société" écrivait le penseur Guy Debord. Nourredine Yassa n'est peut-être pas "neutre", mais au moins il ne semble pas avoir de "maître", ce qui explique sans doute le côté militant de son engagement en faveur du renouvelable. La référence de Abed Charef, c'est plutôt un certain Hamid Guedroudj qu'il présente comme "PDG d’une entreprise spécialisée dans le pétrole, «Petroleum expert LTD», basée au Royaume Uni". Cet expert est neutre, car il parle de Londres et appartient au respecté lobby pétrolier international. Charef cite ses propos sans sourciller: « le kilowatt/h produit aujourd’hui par le solaire est autour de quatre fois le prix du kilowatt généré par les gaz de schiste ». A chacun son expert.

En France, comme on le sait, le concurrent aux énergies renouvelable, ce n'est pas le gaz de schiste, c'est le nucléaire. Qui a aussi son puissant lobby. Le très sérieux journal Le Monde titrait le 9 avril : "En France, 100 % d'électricité renouvelable n'est pas plus coûteux que le nucléaire". Pierre Le Hir écrit : "C'est un véritable brûlot que vient, à son corps défendant, d'allumer l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), établissement public placé sous la tutelle des ministères de l'écologie et de la recherche. Une étude, qu'elle a commandée et pilotée, conclut qu'à l'horizon 2050, la France pourrait tirer la totalité de son électricité de ressources renouvelables, sans nucléaire. Et cela, à un coût comparable à celui de l'atome".

Les responsables français allaient-ils se précipiter pour discuter de ce rapport prometteur? "La présentation de ce document avait été déprogrammée d'un colloque organisé les 14 et 15 avril à Paris, l'agence expliquant qu'il « n'était pas finalisé » et qu'il serait rendu public dans les prochains mois. Gênant pour le gouvernement, au moment où la loi de transition énergétique – qui prévoit le maintien d'un socle de 50 % de nucléaire".

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