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Publié par Saoudi Abdelaziz

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"L’actualité algérienne en matière d’énergie n’en a que pour les renouvelables, en ce moment" écrit ce matin M'hamed Rebah dans le quotidien Reporters-dz. Résumant les débats de la 19e journée de l’énergie organisée par l’Ecole nationale polytechnique (ENP), il note : "Les intervention ont mis en avant l’exigence de la transition énergétique vers le développement durable, même si ça a l’air d’un pléonasme, la transition énergétique ne pouvant aller que vers le développement durable. En fait, elle consiste à sortir des hydrocarbures fossiles conventionnels et, naturellement, à éviter de s’enfoncer dans les hydrocarbures non conventionnels". Air du temps? Le ministre Yousfi, jusqu'ici adepte de la priorité au gaz de schiste, affirme à propos du renouvelable : «Une révolution énergétique se fait actuellement à travers le monde grâce à la recherche et l’innovation et gare aux retardataires».

En France, le débat enfle contre le lobby du nucléaire après la mise à l'écart d'un rapport officiel démontrant la possiblité du passage à moyen terme à 100% de production électrique à partir des énergies renouvelables. Cas limite? Depuis qu'en Islande l'industrie bancaire, ressource principale a été balayée par la crise, l'île a opté pour l'énergie renouvelable, notamment la géothermie, comme nouveau pilier de son économie, au côté du tourisme et de la pêche. Dans ce domaine, l’Islande veut être « un guide et un modèle » affirmait avant-hier à Paris le président Olafur Ragnar Grimsson. La démarche islandaise coïncide à l'autre bout de la planète avec celle de la Chine qui a investi 83,3 milliards de dollars en 2014, dans le solaire essentiellement. C'est la tendance significative : les investissements dans le renouvelable ont atteint un niveau record, l'année dernière, du fait de la baisse continue du coût des technologies.

Un rapport des Nations Unies a fait le point de l'évolution.

 

"Energies renouvelables : les investissements repartent à la hausse"

Par Pierre Le Hir, 2 avril 2015. Le Monde.fr

Après deux années de reflux, les investissements mondiaux dans les énergies vertes ont repris une courbe ascendante. Ils ont progressé de près de 17 % en 2014, pour atteindre 270 milliards de dollars (250 milliards d'euros). Une poussée due en grande partie à l'engagement massif de la Chine et du Japon dans le solaire, ainsi qu'au développement spectaculaire de l'éolien offshore en Europe.

C'est ce que fait apparaître le 9è rapport annuel établi sur le sujet par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Un dynamisme d'autant plus remarquable, souligne le document, que les cours du pétrole se sont effondrés au cours de la même période ; ce qui n'a pourtant pas dissuadé les industriels de miser sur des filières alternatives.

Le niveau d'investissement des pays en développement rattrape celui des pays développés

En recul de 8 % en 2012, puis de 10 % en 2013, les investissements dans les renouvelables ont presque retrouvé, l'an passé, leur niveau record de 2011, qui s'établissait à 279 milliards de dollars (258 milliards d'euros). Du fait de la baisse continue du coût des technologies vertes, ces fonds se traduisent par une capacité supplémentaire de production d'électricité qui constitue, elle, un record absolu : 103 gigawatts (GW), contre 86 GW en 2013, 89 GW en 2012 et 81 GW en 2011.

Ces 103 GW sont équivalents à la puissance électrique de la totalité des centrales nucléaires des Etats-Unis, note le rapport. Ils représentent environ la moitié de la capacité électrique additionnelle installée dans le monde en 2014, toutes sources d'énergie confondues. « Ces technologies adaptées à l'environnement sont devenues un élément indispensable du mix énergétique mondial, commente Achim Steiner, directeur général du PNUE. Leur importance va continuer de croître dans un marché de plus en plus mature, alors que la nécessité de contenir les émissions de CO2 se fait de plus en plus urgente. »

La tendance la plus marquante est la très forte montée en puissance des pays en développement (au sein desquels le rapport classe les émergents), dont les investissements dans le secteur ont fait un bond de 36 %, pour atteindre 131 milliards de dollars (121 milliards d'euros). L'an dernier, ces nations ont ainsi presque fait jeu égal avec les pays développés, alors que trois ans plus tôt, leurs investissements étaient deux fois inférieurs.

La Chine aux avant-postes

L'essor des renouvelables est très largement porté par la Chine, dont l'engagement financier a progressé l'an passé de 39 %, à 83,3 milliards de dollars (77 milliards d'euros). L'empire du Milieu a réalisé, à lui seul, plus du quart des investissements mondiaux dans le solaire. Un secteur où le Japon s'est lui aussi montré très actif, avec 23 % des investissements totaux.

L'Europe dans sa globalité arrive en deuxième position, avec une mise de 57,5 milliards de dollars (53 milliards d'euros), qui reste toutefois quasi stationnaire par rapport à 2013. Le rapport met en avant l'explosion de l'éolien offshore aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Allemagne, avec notamment le projet Gemini, qui vise à installer une capacité de 600 mégawatts au large des côtes néerlandaises, pour un coût de 3,8 milliards de dollars (3,5 milliards d'euros). De ce fait, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les Pays-Bas se classent respectivement aux 4e, 5e et 9e rangs des pays les plus investis dans les filières vertes.

Suivent les Etats-Unis, à 35,8 milliards de dollars (33 milliards d'euros), en hausse de 7 %. Dans le « top ten » des nations les plus impliquées figurent aussi le Brésil, l'Inde et l'Afrique du Sud.

Un marché dominé par le soleil et le vent

Sans surprise, le solaire et l'éolien se taillent la part du lion. Ils ont bénéficié, l'an dernier, de respectivement 55 % et 36 % des investissements mondiaux dans les renouvelables, le rapport du PNUE ne prenant toutefois pas en compte les gros projets hydroélectriques. La progression est particulièrement forte pour le solaire (+ 25 %), tandis qu'elle est moins marquée pour l'éolien (+ 11 %).

La géothermie gagne elle aussi du terrain (+ 23 %), mais elle n'attire encore que 3 milliards de dollars (2,77 milliards d'euros). C'est encore plus vrai pour les nouvelles énergies marines (+ 110 %), qui peinent à émerger avec seulement 400 millions de dollars (370 millions d'euros) de fonds.

En revanche, la biomasse et la valorisation énergétique des déchets sont en recul (– 10 %), de même que les biocarburants (– 8 %) et la petite hydroélectricité (– 17 %).

L'emprise persistante des fossiles

Finalement, précise le rapport, « les énergies de source éolienne, solaire, géothermique, hydraulique à faible puissance, marine, et à base de biomasse et de déchets, ont contribué à hauteur de 9,1 % à l'électricité produite au niveau mondial en 2014, contre seulement 8,5 % en 2013 ». Ce qui, à l'échelle de la planète, a évité l'émission de 1,3 gigatonne de CO2.

Pour autant, la production d'électricité mondiale reste dominée de façon écrasante par les ressources fossiles (charbon, pétrole et gaz), qui en fournissent encore plus de 90 %. De récents documents de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), révèlent que sur la décennie 2003-2013 les crédits accordés par les pays riches pour soutenir les exportations des technologies fossiles ont été plus de cinq fois supérieurs à ceux alloués aux technologies vertes.

« Le pétrole et les énergies renouvelables ne sont pas en compétition directe concernant les investissements en énergie », estime néanmoins Udo Steffens, président de l'Ecole de Francfort, qui a réalisé le rapport du PNUE en association avec Bloomberg New Energy Finance. Selon lui, « l'éolien et le solaire devraient être en mesure de poursuivre leur expansion, en particulier si leur coût continue de baisser ».

Source: Le Monde

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Djamal Amran 17/04/2015 23:27

On attend du gouvernement qu'il décrète l'abandon de la fracturation hydrochimique des schistes et le report de l'exploration du "non conventionnel", tant qu'nouvelle technologie éprouvée, sure, sans danger pour la santé publique n'aura pas été mise au point. Et qu'il publie un programme détaillé de transition énergétique vers le 100% renouvelable dans la consommation électrique interne, industrielle et domestique (tout usage, y compris le chauffage). Ce qui permettrait de réserver les hydrocarbures "conventionnels" aux industries pétrochimiques nationales à développer, ainsi qu'à l'exportation.