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Publié par Saoudi Abdelaziz

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Sous le titre "Le scénario escamoté d’une France « 100 % énergies renouvelables " Le Monde fr révèle  "Le scénario vert a disparu". Trois jours plus tard, Mediapart publie l'intégralité de ce fameux rapport "précis et argumenté" qui trace la voie vers un bouquet électrique intégralement composé de ressources « vertes » à l’horizon 2050.

Ce devait être le clou d’un colloque organisé, les 14 et 15 avril à Paris, par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). L’établissement public, placé sous la double tutelle des ministères de l’écologie et de la recherche, devait y dévoiler un scénario « 100 % énergies renouvelables », « Le point d’orgue de ce colloque est la présentation d’une étude inédite qui fournit les pistes pour une production d’électricité 100 % renouvelable. » Rebondissement de la dernière heure : toute mention d’un scénario « 100 % vert » a disparu.

La "cohérence" nucléaire

Que s’est-il passé ? Pierre Le Hir rapporte dans Le monde la réaction de Segolène Royal, la ministre de l'Ecologie affirme n'être pas intervenue personnellement pour faire mettre sous le boisseau l' étude, dont elle « ignorait » les tribulations. Mais, ajoute-t-elle, « si mes services ont demandé à l’Ademe de faire preuve de cohérence [avec la politique énergétique du gouvernement], ils ont eu raison ». La loi de transition énergétique prévoit de porter la part des renouvelables dans la production d’électricité à 40 % en 2030 – très loin, donc, d’un objectif de 100 % –, et la ministre écarte toute stratégie qui conduirait à une sortie complète du nucléaire.

Sous le titre  "Energie : le rapport caché sur une France 100% renouvelable" le site Mediapart.fr. en publie l'intégralité "pour ouvrir le débat que l'administration a voulu refermer", Mediapart  commente le rapport

Précis et argumenté

"Fruit de 14 mois de travail, extrêmement précis et argumenté, il explique que rien n’empêche qu’en France 100 % de l’électricité provienne de sources renouvelables en 2050. Il révèle également, calculs détaillés à l’appui, que ce scénario ne coûterait pas beaucoup plus cher aux consommateurs que le maintien du nucléaire à 50 % de la production électrique, seuil fixé par François Hollande pour 2025. Alors que la loi de transition énergétique, en cours de vote au Parlement, devrait entériner cet objectif de 50 % du nucléaire, le rapport de l’Ademe est explosif. Il prend le contre-pied de l’idée si souvent reprise par les élus et par le gouvernement, selon laquelle le maintien de l’atome dans le mix énergétique français est l’option de loin la moins onéreuse pour les comptes publics.

C’est l’une des révélations les plus fracassantes de ce rapport tenu secret de l’Ademe, qui propose d’aller « au-delà des idées reçues sur les énergies renouvelables ». Un mix électrique 100 % renouvelable est atteignable « à coût maîtrisé ». Pour le cas de référence en 2050, le coût annuel total est évalué à 50,1 milliards d’euros, répartis ainsi : 65 % correspondent aux coûts des énergies renouvelables, 8 % pour le stockage, 23 % pour les réseaux de distribution et de répartition, et 4 % pour le réseau de 400 kV. En rapportant ce coût au volume annuel de consommation (422 TWh), ils estiment le coût de l’énergie à 119 euros par MegaWatt heure (MWh), dans un système 100 % renouvelables. Un montant à mettre en regard du coût actuel de l’électricité, à 91 €/MWh. Surtout, ils le comparent à ce qu’il serait avec moins de renouvelables, et donc plus de nucléaire. Et là, surprise : avec 40 % seulement de renouvelables en 2050 (et donc potentiellement 50 % de nucléaire), ce coût est évalué à 117 €/MWh, soit quasiment le même niveau. Il serait légèrement inférieur avec 80 % de renouvelables (113 €/MWh) et un peu supérieur avec 95 % (116 €/MWh)."

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