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Publié par Saoudi Abdelaziz

Au port de Boudis. Photo DR

Au port de Boudis. Photo DR

 

La chronique du Condjador (95)

Jijel, le 25 mars 2015

Depuis le mois de décembre2014 , avec tous ces intempéries ,la pêche a jijel a eu un sacré coup, les sorties en mer se comptent sur les doigts, plusieurs armateurs, profitant de l’absence de poisson, ont préféré mettre en cale sèche leurs bateaux pour le carénage annuel, et être près pour une nouvelle saison de pêche à partir d’avril.

 Les autres  bateaux sont restés à attendre avec l'espoir l’arrivée de bans de poissons, mais les pêches ne dépassent pas les 5 à 10 caisses  et même 2 et la plupart du temps. C'est à dire rien,  à l'exception de quelques gros bateaux de 25 m , qui font 80 caisses, ce qui est comme un miracle dans ces temps de misère crue. 

Les explications ne manquent pas et de toutes natures: dieu, les courants marins (el kerinte ) le nombre élevé de barrages sur la côte qui privent  la faune marine d’eau douce des oueds...

Mais une surprise s'est produite : un bateau venant directement de Dellys a accosté dimanche avec 240 caisses aux environs de 16h de après midi, le lundi avec 120 caisses et le mardi avec 150 caisses,  effaçant ainsi tous les ragots et superstitions dont les Jijéliens  ne sont pas avares. Ce bateau utilise un filet de pêche appelé pélagique que les armateurs jijéliens possèdent aussi. Le bateau a un moteur de 900 chevaux et  les marins qui l'ont vu en mer ont remarqué qu' il ne ménage pas son matériel, il le force. Sa technique de pêche est complètement différente de celles des rais jijéliens .

Ce chalutier  était déjà venu l'année dernière à la même période avec le même scénario.  Après quelques jours, il a été renvoyé de force du port de Boudis de jijel  sous différents prétextes. Ceux qui le connaissent disent que c'est un marin de père en fils et qu'il a perdu un frère en mer. 

Les armateurs préfèrent les subventions

Dans les autres ports de pêche des autres willayas de la côte, on ne garde pas comme à Jijel un moteur de bateau pendant 40 ans, on le change après 5 années car c'est fini, il a tout donné. On refait aussi   les filet de pêche chaque année, on ne bricole pas, on investit. Pas comme les armateurs jijéliens qui construisent des maison qui coûtent des milliards, et font réparer les moteurs avec du fil de fer. 

Les condjadors comme moi n’arrivent plus à recoller les filets  de pêche  tellement ils sont usés par le soleil après 20 ans  d'utilisation.

Ce que tous ces avares attendent impatiemment c'est la subvention promise par le ministre qui les a déjà envoyés en touristes à Oran (lire mon ancien article) pour faire du mouvement dans un "salon" où il a invité différentes sociétés étrangères  branchées sur laquaculture. A la recherche des meilleurs site sur la côte pour placer leurs cage d’élevage. Et un crédit de 1 milliard sans intérêt pours avoir leur silence et leur  réponse favorable à l'installation de cages flottantes sur "a saka’’, appelé aussi sur les cartes maritimes banc des kabyle, à 400 m  au nord de l'ilôt d'Andreu,  le meilleur endroit pour les différentes  formes de pêche à Jijel.  le président  de la chambre de la pêche a essayé de rassembler les signature mais son succès chez les palangriers (petits métiers)   

Les armateurs jijéliens et les rais doivent penser à revoir leur technique, elle n’est plus à jour. Cette ancienne méthode de pêche avec la senne coulissante  a démontré, depuis ces 15 dernières années, sa limite hors-saison. A part ça, l’été tout rentre dans l'ordre:  pendant le ramadan on ne trouve pas preneur de la sardine à 2000 da la caisse de 25kg minimum!

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