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Publié par Saoudi Abdelaziz

Athènes, février 2015. Photo Greekcrisis

Athènes, février 2015. Photo Greekcrisis

L'accord conclu hier à l'Eurogroupe donne un sursis au gouvernement grec, mais indique que l'alternative à la politique austéritaire n'est pas encore mûre. Si "une première fissure apparaît désormais dans le mur atlantiste", le rapport de force en faveur du changement reste insuffisant. Syrisa a besoin d'aide.

 

"Quatre mois de gagner" titre François Leclerc sur le blog de Paul Jorion. "Avec un accord d’extension du plan de sauvetage menant seulement jusqu’à juin (...) dans les mois à venir, le gouvernement grec va être tenu le nez juste hors de l’eau." Selon l'économiste, le rapport de force n'est pas encore favorable au gouvernement Syrisa. Il prédit : " La suite sera toute aussi difficile si des alliés ne se présentent pas, car il est hors de question pour les autorités européennes, et pas seulement allemandes, de laisser émerger une politique alternative qui donnerait de mauvaises idées".

D'Athènes, l'historien et ethnologue Panagiotis Grigoriou note; "Une première grande fissure en tout cas, apparait désormais dans le mur européiste". Il a commenté ce matin l'accord sur son site Greekcrisis.

EXTRAITS:

"Un accord a été conclu à l’Eurogroupe vendredi soir. Donc... satisfaction. Durant les premières minutes de sa conférence (en grec), Yanis Varoufákis perdait un peu ses... mots, “c'est de la fatigue”, a-t-il expliqué depuis Bruxelles. “La Grèce tourne la page”, affirme depuis, dans un communiqué officiel le gouvernement grec. La page est certes tournée, le chapitre est hésitant... et le livre ne change pas. Pour le moment paraît-il. “

Cet accord ne concerne qu'une période de quatre mois, tandis que notre législature s'étale sur quatre ans, ne l'oublions pas” a toutefois voulu préciser Yanis. Le mémorandum est mort... vive “la restructuration intelligente”, terme nouveau, apparu ce soir.

On comprendra que les négociations reprendront réellement dans quatre mois ; ou plutôt, les décisions deviendront alors urgentes. Et c’est alors ainsi que depuis l’Eurogroupe, les nouvelles mesures grecques... et bien modernes seront attendues pour validation. “Nous ne reprendrons plus de mesures imposées, concernant les retraites, la TVA, la Santé, par exemple, tout simplement, nos mesures n'affecteront pas l'équilibre budgétaire durant cette période. La Grèce sort ainsi de l'isolement causé par cinq années de mémorandum”, a encore déclaré par la suite notre Yanis... un peu moins hésitant.

Quatre mois c’est bien court et toutefois si long. En réalité, la Grèce... Tsipriote a acheté cher un peu de temps. Le problème sera de mettre ce temps à... perte et surtout à profit pour réellement changer de cap. Le fera-t-elle ? Ensuite, tout sera mis en œuvre par les rapaces d’Athènes et par les... Proconsuls de l’européisme métropolitain pour affaiblir le gouvernement SYRIZA/ANEL et cela, jusqu’à sa chute... si besoin et si possible. Attendons donc juin peut-être, puisque “nous avons arraché enfin un accord qui ne nous oblige plus à pratiquer l'austérité”, dit le communiqué officiel du gouvernement grec.

Sauf que deux femmes sont mortes, l’une à Athènes et la deuxième en Grèce du nord vendredi 20 février, suite au fonctionnement... erratique de leurs moyens de chauffage et des émanations, comme on dit... depuis que le mémorandum de l’Eurogroupe 2010 et 2012 a fait disparaître le chauffage central pour un bon nombre de foyers en Grèce (journal radiophonique de 105,5, le 21 février). Elles ne connaîtront pas d’autre Eurogroupe et elles n’attendront pas juin prochain.

Mon ami Th., chômeur et dépité, voit les choses un peu autrement: “Depuis ce soir, nous avons un nouveau gouvernement. Une coalition SYRIZA/ANEL/Dijsselbloem ! Espérons qu’en juin... Dijsselbloem ne fera plus partie du gouvernement”. Et pour Pablo Iglesias de Podemos, “à défaut d'un accord avec la Grèce, peut-être dans quelques mois, ils auront à négocier avec Marine Le Pen”, interview accordée à la chaîne de télévision CNBC aux États-Unis. Une première grande fissure en tout cas, apparait désormais dans le mur européiste.

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