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Publié par Saoudi Abdelaziz

Reganne, février 1960. Le cratère de Gerboise bleu. Photo DR

Reganne, février 1960. Le cratère de Gerboise bleu. Photo DR

Extrait du reportage de Mohand Aziri dans El Watan intitulé "In Salah. Des gerboises atomiques au gaz de schiste. Quand les anciens cobayes veulent un statut de citoyens"

 

Mohamed Bourezeg, ancien «pétrolier» à la retraite, ne compte plus les atteintes à l’environnement et à «l’homme d’In Salah» par cette industrie gazière cinquantenaire et ce depuis le «premier puits de gaz foré à In Salah à la fin des années 1950». A Hassi Moumen, à 35 km au nord, dans le nouveau champs gazier, ce fut l’autre alerte écologique, l’autre précédent, l’énième en ces terres d’expérimentation et «d’opérations pilote» pour les multinationales.

Sonatrach et ses partenaires auraient procédé à la réinjection de l’eau extraite, par déshydrations, à partir du gaz humide, contaminée par des produits chimiques, dans un réservoir  de 1400 m de profondeur. Contaminer la nappe signifie extermination de la population, rappelle Bourezeg.

«Toutes proportions gardées, cette histoire de gaz de schiste s’inscrit dans la même lignée des bombes atomiques françaises (lesdits essais Gerboises, ndlr), à  Regganne (à 250 km à l’ouest) et In Ekker (au sud). Les déchets nucléaires sont à ce jour abandonnés en pleine nature et les séquelles des explosions  se font encore sentir», rappelle-t-il non sans ironie. «Sauf qu’hier c’était le colonisateur et  aujourd’hui c’est l’Etat qui veut se remplir les poches au risque de nous exterminer.»

Point zéro. Reganne. A 260 km à l’ouest d’In Salah. 13 février 1960, 7h40. A Houmoudia, à 60 km au sud de Reggane, la première bombe atomique française déchire le ciel et les entrailles du Tanzrouft.

Suspendus à une tour de 100 mètres de hauteur, 70 kilotonnes de la bombe au plutonium (4 fois la bombe d’Hiroshima)  irradient — pour 24 000 ans — ces portions du vieux monde. «Les toits des onze grands ksour se sont soulevés et les vétérans racontent que Reggane ressemblait, ce jour-là, à une bouteille tellement la pression et le souffle étaient insupportables», relate Hamel Amar, président de l’association locale 13 Février 60 des victimes des explosions nucléaires. SNP, un sans- nom-patronymique, son père était parmi les «employés» indigènes, cobayes de première, de la «12e compagnie» qui a installé ses quartiers à Reggane.

Dans l’hôpital de la ville, le Dr Oussidhoum Mustapha, 25 ans de médecine interne, «chouchou» de la population, observe mieux que quiconque les effets des explosions atomiques. «Même si à ce jour, on a pas établi un lien direct, car aucune étude sérieuse sur ceux-ci n’a été initié par les pouvoirs publics. Vous n’avez qu’à consulter le fichier de la commune et vous serez édifié par le nombre d’handicapés physiques et mentaux», indique-t-il. Nombre de maladies,  comme le cancer, restent sous-diagnostiquées pour défaut de moyens. Ironie de l’histoire : l’hôpital ne dispose ni de scanner ni des spécialistes permettant ce diagnostic.

Source: El Watan.com

 

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