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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Flanqué du Pdg par intérim, Thomas Murphy a expliqué hier au siège de Sonatrach qu' "il n'y pas de risque", dans l'exploitation du gaz de schiste, mais qu'il fallait juste "la transparence de l'information". Ce "spécialiste" est-il indépendant? Le centre Marcellus qu'il dirige en Pensylvanie est en fait financé par le lobby des 300 entreprises directement impliquées dans l'exploitation du Marcellus shale un des principaux bassins états-uniens de gaz et huile de schiste (voir photo).

 

La dépêche diffusée hier par APS pour rendre compte de "l'évènement" a essaimé ce matin dans divers quotidien. Les autorités ont appellé Mr Murphy en renfort, via l'Institut algérien du pétrole (IAP). "Ce spécialiste américain"  a préché la bonne parole au siège de Sonatrach entouré du P-dg par intérim Saïd Sahnoun, de hauts cadres du secteur énergétique ainsi que des étudiants de Tamanrasset proches de deux puits-pilotes de gaz de schiste d'Ahnet (In Salah).

 Mr Murphy, un excellent technico-commercial

 

Mais qui est cet expert américain qui affirme : "L'évolution technologique a permis de trouver des solutions à ces risques, mais la société civile et les populations locales doivent être tenues informées". Thomas Murphy est présenté comme "directeur du centre Marcellus de Pennsylvanie pour la sensibilisation et la recherche (MCOR)".

"Le centre Marcellus" où il fait sa carrière, s'il est bien accollé à l'Université de Pensylavie, est en fait une enclave, parrainée et financée "à l'américaine" par les producteurs de gaz et huile de schiste, qui exploitent le célèbre "gisement Marcellus", qui lui donné son nom au centre où M. Murphy fait sa carrière.

Un article du site Radio Canada notait à propos de ce gisement qui s'étend sur plusieurs Etats : "En 2013, avec 7200 puits de gaz de schiste, en Pennsylvanie seulement, depuis 2008, ils ont produit plus de gaz qu'ils sont capables d'en vendre. Les prix se sont donc écroulés en cinq ans, passant d'environ 10 $ à 3 $ par 10 000 millions d'unités thermiques britanniques". L'article nous donne une idée de la tâche assignée au "spécialiste" Thomas Murphy. Il était, aux côtés du sénateur pennsylvanien Gene Yaw, sur la brêche pour écouler la marchandise, boudée par la clientèle. Il bonimentait alors  : "On observe un nombre record de propriétaires qui convertissent leur maison au gaz pour le chauffage, ajoute Tom Murphy. C'est trois fois moins cher de chauffer au gaz, avec le prix actuel, qu'avec le pétrole".

Le lobby du Marcellus share

On ne trouve nul part, dans la planète du net, la moindre trace d'une contribution scientifique de ce "spécialiste", ramené par Sonatrach, sur la nocivité ou non de l'exploitation des hydrocarbures non conventionnel. Ce n'est pas Mr Murphy qui nous parlera des I"mpacts environnementaux et sanitaires de l'exploitation du gaz de schiste" dans le bassin Marcellus. Que dit Wikipedia à ce sujet ? "Ces impacts (...) suscitent depuis quelques années une inquiétude voire une opposition croissante en raison d'enjeux environnementaux, sanitaires et paysagers. De plus, en raison de la "dureté"  et "porosité" spécifique des argiles schisteuses du « Marcellus shale », c'est dans ce bassin que les quantités d’eau nécessaires pour l'hydrofracturation sont les plus importantes (pour les principaux gisements du pays)".

Wikipedia nous révèle aussi la filiation du "spécialiste" Thomas Murphy appelé à la rescousse par le lobby algérien du gaz de schiste  : "Environ 300 entreprises industrielles et de service ont constitué un groupe de lobbying couvrant la zone du Marcellus shale, mais aussi la formation géologique dite « Utica Shale » et des « formations schisteuses connexes ». Cette coalition est nommée "Marcellus Shales Coalition. La coalition défend les intérêts de ses membres avec comme principal objectif affiché de présenter aux « décideurs, régulateurs, médias et autres parties prenantes publiques les impacts positifs dont la production de gaz naturel est responsable en profondeur sur les familles, les entreprises et les collectivités de la région ».

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Hacina ZEGZEG 19/02/2015 12:12

Je suis amusée ainsi que mes concitoyens de IN - SALAH de voir l'indécence et l'immoralité dans lesquelles se vautrent nos décideurs sans aucune conscience. Ne peuvent-ils pas avoir juste un minimum de respect pour eux-mêmes ? Tout cela pour le fric ? Chez nous on dit : mwalfin billah yekhlef ! mais notre désert, nous le voulons propre. Et notre vie même si elle peut paraître complètement anachronique à beaucoup, à nous elle nous suffit. Nous voulons juste la paix, même si elle est corollaire du dénuement le plus profond. Notre eau et la paix !