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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Nouvelle mise en garde de la Ligue des droits de l'homme.

Le 14 janvier déjà, analysant les premières condamnations en rafale pour apologie du terrorisme, la LDH s'élevait contre " les conditions détestables qui sont celles des comparutions immédiates, alors que le plus souvent il s’agit d’actes d’ivrognes ou d’imbéciles sans même aucune publicité". Un des premiers procès de ce type avait eu lieu à Marseille, un jeune homme avait écopé de 2 ans ferme pour des mots prononcés en état d'ivresse au cours d'une altercation avec un policier qui l'accusait de ... vol de portable. Il a été condamné pour apologie du terrorisme. Ironie de l'histoire, c'est une peine similiare qui avait été infligée à un des terroristes de Charlie Hebdo, pour le motif autrement plus gravé de ... "participation à une filière terroriste". La LDH appelait alors "à retrouver la raison et à réintégrer le délit en question dans la loi sur la presse pour redonner son intégrité à ses dispositions protectrices des libertés". Deux semaines plus tard, la Ligue des droits de l'homme appelle les institutions à se ressaisir.

 

Terrorisme. Savoir raison garder

Communiqué de la Ligue des droit de l'homme

Paris, le 2 février 2015

Un gamin traîné au commissariat pour « apologie de terrorisme », un prof de philo suspendu et incriminé sur la base d’un propos indirect, et à ce jour non porté à la connaissance de l’enseignant en question, des agents municipaux inquiétés pour avoir refusé de participer à une minute de silence, des syndicalistes menacés de licenciement… Il est temps de se reprendre et de revenir à la raison ! Quoi de plus déraisonnable, en effet, que la confusion qui s’installe entre vigilance nécessaire et chasse aux sorcières ! Ni la restriction de la liberté de parole des adultes, ni les interrogatoires policiers d’enfants de 8 ans ne favoriseront notre sécurité. Ces mesures, à l’inverse, exacerbent un climat de défiance tous azimuts, incitent chacune et chacun à chercher autour de soi qui un terroriste, qui un terroriste potentiel… Un tel climat de recherche à tout va de boucs émissaires est insupportable ; pire, il est hautement contre-productif. Promouvoir les valeurs de liberté, de fraternité, expliquer au quotidien ce qu’est la laïcité, bref, vivre la République, implique de pouvoir en débattre, de façon libre, ouverte, confiante.

Privilégier la dénonciation et la mise à l’écart, c’est au contraire engendrer des situations insupportables au regard des droits élémentaires des personnes visées, alimenter amertumes et contentieux, donner finalement le sentiment d’une République essentiellement répressive.

La Ligue des droits de l’Homme avait déjà poussé un cri d’alarme après les invraisemblables décisions rendues en comparution immédiate, qui ont entraîné parfois des peines lourdes pour une divagation alcoolique.

Il est temps de calmer les esprits. Le gouvernement doit s’y employer et se rappeler que la lutte contre le terrorisme ne saurait trouver une quelconque efficacité en dehors du respect de la lettre et du principe de l’Etat de droit.

 

ATMOSPHERE... et "non évènement" 

L' écolière de CM2 avait écrit dans un devoir : « Je suis d'accord avec les terroristes d'avoir tué les journalistes, car ils se sont moqués de notre religion ». Elle ne savait que cette phrase allait  mettre le feu aux poudres de l'hystérie anti-terroriste. De dénonciation en dénonciation, l'affaire est "remontée" chez les Gendarmes, en passant sans doute par le procureur. La fillette de 10 ans a été interrogé au poste de gendarmerie (on a quand même invité un pédopsychiatre, après les leçons du traumatisme subi par le petit Ahmed). Sommée de rendre des compte, la petite fille n’a pas su expliquer le message inscrit au bas de sa rédaction. Selon le procureur, "elle a peut-être été impressionnée par le contexte, qui l'a un peu perturbée. Ou elle est peut-être influençable - mais elle n'a pas subi de pression". Georges Gutierrez, le procureur de la République de Grasse. annoce donc dans Nice-Matin : C'est un "non événement ".

Pas pour la fillette.

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