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Publié par Saoudi Abdelaziz

La vitalité du mouvement citoyen dans le sud du pays continue de jouer le rôle de "révélateur" quant aux capacités des partis politiques de s'affranchir du contrôle paralysant exercés sur elles par les services du système, depuis des décennies. Brouillant encore plus les pistes, l'incursion politique d'un néophite opposant au gaz de schiste, le milliardaire Rebrab fait penser encore une fois à Nietzche qui disait: "Pour nuire à une cause, rien n'est pire que de la défendre avec de mauvais argument"

 

En attendant les "nouvelles donnes"

Répondant aux intervieweurs de TCA-Algérie, Abdellah Djaballah membre de la CNLTD analyse  la non tenue de la conférence du concensus à la date prévue par le FFS. "Le FFS a reconnu Bouteflika et a cru à ses bonnes intentions, en pensant amener le pouvoir à la table des discussions en cas de consensus dans la classe politique. Une approche complètement fausse".

Sa conclusion? "Mais Le pouvoir acceptera le dialogue si de nouvelles donnes surgissent au sein même du système". Quelles "nouvelles donnes"? Le chef de parti de la Justice, croit sans doute aux capacités du "Canal historique"-qu'il connaît bien- qui a inititié en 2014, autour du projet d'une "transition radicale" -essentiellemnt le remplacement de Bouteflika- le regroupement de partis et fractions de l'establishment politique.  TSA tire naturellement cette conclusion: "le changement peut émaner du pouvoir ?". Djaballah acquièce : "Oui, si une partie influente au sein du pouvoir hausse le ton...". Contre qui? l'Islamiste rugueux de service  explique : " Il y a une partie qui contrôle le pouvoir, qui refuse tout changement." Pour bien se faire comprendre des initiés  il précise: "L’Armée doit rester neutre, et exercer ses missions constitutionnelles. Or, nous avons remarqué que cette institution sert à protéger le pouvoir. Ce qui constitue une grande erreur et un grave danger."

Le Canal historique veille

On sait que dans le langage codée de l'establishment le terme "la partie influente" désigne généralement la force de contrôle social exercée depuis des décennies par les services secrets longtemps de manière formelle puis de manière plus diffuse et sans doute plus sophistiquée au cours de la dernière période. Cette force, qui continue de manipuler obliquement le paysage politique algérien, le blogueur la désigne sous le terme de "Canal historique". Elle tire sa filiation de la rupture anti-politique opérée dès 1957 par les services secrets du Malg dans la direction de l'insurrection après la liquidation de Abane Ramdane.

Depuis 2012, à l'initiative de Hocine Aït Ahmed, Le FFS a voulu contribuer à une clarification homéopathique du paysage politique à travers une sorte stratégie d'enveloppement, favorisant l'émancipation progressive des forces politiques et le développement de la culture du parti. Mais sans doute avec une insuffisante immersion de sa démarche dans le mouvement social, réel et potentiel. Avec son projet de Conférence pour un nouveau consensus national, le FFS veut réunir les conditions pour une authentique vie politique nationale passant par le consensus entre partis et opinions politiques diverses autour de règles minimum communes pour faire progesser l'Etat de droit.

Cette initiative se situe à contre-courant de la stratégie du "Canal historique" pour garder son rôle moteur dans la transition néolibérale attendue en Occident. Elle n'a pas non plus été soutenu jusqu'au bout par la présidence de la République dont les décsions politiques semblent curieusement se dessiner comme en contrepoint du Canal Historique. Ainsi, les militants des partis de la CNLTD ne doivent pas s'affirmer dans l'espace public algérien, cantonnant leurs dirigeants dans la sphère médiatique close, où leur voix résonne dans le vide pendant que d'autres oeuvrent à l'avénement de "l'explosion populaire incontrôlable" qui déstabilisera le clan adverse.

Avec l'occulation des "centres d'influence" en Algérie, pour analyser les intentions des décideurs, il faut encore se rabattre sur l'Espagnol Baltasar Gracian, Jésuite en rupture de ban, qui écrivait en 1651 : "Ainsi procèdent-ils pour dérouter l’attention d’autrui, pour confondre les raisonnements. Ils ne voudraient pas que par leurs traces l’on puisse suivre les fins auxquelles ils tendent ; ils montrent un côté et donnent dans l’autre ; ils publient une chose et en exécutent une autre ; pour dire non ils disent oui ; toujours au contraire, occultant leurs desseins par des signes opposés". 

La culture politique doit continuer de s'imposer en Algérie

En annonçant le report de la conférence du consensus Mohamed Nebbou secrétaire général du FFS ne semblait pas particulièrement "sonné". Il affirme que son parti continue dans la même direction : " Notre but est  de mettre en place, de manière  collective et consensuelle, un système politique ouvert,  édifier un Etat de droit et mettre en place un certain nombre de normes permettant un meilleur fonctionnement de l’Etat et de ses institutions. Notre but est d’apporter ensemble, dans la cohésion nationale, des réponses cohérentes et adaptées aux défis de la situation actuelle ; le pays a besoin de transformations politiques, économiques et sociales fondamentales."

En attendant, le blogueur enregistre avec intérêt les analyses et prises de position sur des sujets l'actualité développés par le secrétaire général du FFS.

EXTRAITS.

"La baisse importante et durable des prix du pétrole a semé l’appréhension et l’inquiétude dans l’ensemble de la population. Ce scénario avait été souvent évoqué, mais il a quand même surpris les Algériennes et les Algériens et peut-être même  le gouvernement. Il est difficile à l’heure actuelle de mesurer toutes les conséquences de cette situation sur les revenus du pays, sur sa monnaie et ses finances, sur son économie et sur les politiques publiques en général. Bien sur, des marges de manœuvre existent à court et à moyen terme, mais ce ne serait qu’un sursis et le pays devra faire face à une épreuve de vérité qui est la diversification de son économie".(...)

Le flou demeure quant aux mesures économiques et sociales qui seront prises ; les dossiers de l’emploi et des prestations sociales sont des sujets sensibles, voire explosifs.  Dans  tous les  cas, le FFS s’élève contre toute mesure qui porterait atteinte au pouvoir d’achat, notamment des populations les plus démunies.(...)

Le FFS considère que les défis de l’avenir énergétique du pays sont l’affaire de l’ensemble des Algériennes et des Algériens. Ces questions d’intérêt stratégique, liées à la préservation de nos ressources doivent faire l’objet d’un consensus national et d’un devoir de vérité envers notre peuple. Le FFS appelle à entendre et respecter les aspirations légitimes de nos concitoyens du sud pour préserver notre environnement et nos ressources. Le FFS considère que les ressources du dialogue ne sont pas toutes épuisées ; il appelle les pouvoirs publics à réunir les conditions pour assurer un dialogue transparent, objectif et serein, comme il appelle toutes les parties à ne pas attiser et amplifier les peurs pour radicaliser un mouvement par ailleurs pacifique et légitime(...)

Comment ne pas être sensible, comment ne pas protester devant l’injustice et la sévérité des verdicts prononcés contre des  jeunes chômeurs de Laghouat ; n’est on pas là, devant une judiciarisation  du politique ?

L’actualité est aussi marquée par les mouvements sociaux qui secouent les secteurs de l’éducation,  de l’enseignement supérieur,  du logement social et des services sociaux de base. Le pouvoir peut-il, veut-il encore acheter la paix sociale ? Se dirige-t-on encore vers la gestion par l’émeute ou le pourrissement ? Ces conflits sociaux vont-ils encore s’étendre ou s’installer dans la durée ?

Nul ne saurait le dire aujourd’hui (...).

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