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Publié par Saoudi Abdelaziz

Un député opposé à la fracturation hydraulique ne peut s'exprime qu'anonymement "par peur des représailles". Une agence crée par la loi pour surveiller l'exploitation des hydrocrabure garde un silence de plomb. L'une des vertus de l'action citoyenne de In-Salah et du sud est de révéler très concrétement ce qui cloche le plus en Algérie: Un système oblique de décision domine toujours l'action de l'Etat algérien. Il fait apparaître le caractère dérisoire des manoeuvres et chamaillages actuels entre des partis poussés méthodiquement vers l'impuissance.

Le mouvement de In-Salah, massif et obstiné, a sans doute fait vibrer la fibre citoyenne de ce député de la majorité qui confie à Farid Abdeladim pour Liberté-Algérie : Je dois avouer que je suis coupable devant Dieu et les citoyens qui m’ont élu, pour avoir voté contre mon gré cette loi sur les hydrocarbures. C’est un ordre de la direction du parti”, affirme l’élu d’un parti majoritaire à l’APN, qui a requis l’anonymat, encore par peur de représailles. “Personnellement, je n’étais pas convaincu, mais j’étais forcé de le faire. Honnêtement, je regrette de l’avoir fait et demande à Dieu de me pardonner”, a ajouté notre source, reconnaissant que le projet du gaz de schiste lancé à In-Salah risque de provoquer “une catastrophe naturelle”.

C'est une première. Une délégation parlementaire s'est rendue à In-Salah à la rencontre du mouvement citoyen contre la fracturation hydraulique. “Je suis pour le gel du projet, mais pas pour un arrêt définitif” déclare Djamel Bouras, chef de cette délégation , au terme de sa mission.“Nous avons enregistré la revendication exprimée par le collectif citoyen qui demande l’arrêt des travaux des puits qui restent, jusqu’à la confirmation qu’il n’y a pas de danger pour la population d’In-Salah (...) La revendication est somme toute légitime ; les citoyens demandent d’arrêter la fracturation le temps de voir plus clair."

Légitimité. Le député de Tamanrasset, Mohamed Baba Ali élu RND, parti de la majorité préconise "L’arrêt de ce projet est dans l’intérêt suprême du pays, car c’est une revendication citoyenne. Aujourd’hui, le Premier ministre a le devoir d’écouter les citoyens d’In-Salah, qui contestent légitimement ce projet de gaz de schiste". Quelle est la solution immédiate pour que la situation retourne à la normale à In-Salah ? Pour Mohamed Baba Ali "Il n’y a pas mille solutions. Selon les dernières informations, les représentants du collectif citoyen d’In-Salah ont demandé la mise en place d’une commission locale de suivi et de contrôle de l’arrêt du projet, comme promis par le président de la République. Donc, la première mesure à prendre, c’est justement l’installation de cette commission".

Etat de droit. "Un simple ministre de l’Energie ou une société commerciale comme Sonatrach ne peut engager l'avenir d'un pays, les hydrocarbures étant la propriété de tout le peuple algérien" affirme de son côté le professeur Aberrahmane Mebtoul. Evoquant le rôle de l’Agence de régulation (ARH), créée en application de l'article 12 de la Loi sur les hydrocarbures, l'expert rappelle : "Contrairement à ce que j’ai proposé avec de nombreux experts, lors de l’élaboration de la loi sur les hydrocarbures cet organe relève directement du Ministre de l’Energie et n’est en réalité pas autonome". Notant que cette instance est réstée muette sur l'affaire du gaz de schiste, il propose de la libérer de la tutelle trop étroite de Sonatrach et du ministère devenant juge, et partie et de lui donner une "totale autonomie".

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