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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Une certitude: la marche fut massive à In-Salah! Mais, contrairement aux regroupements assez fournis à Tizi-Ouzou, et à un moindre degré à Oran ou Béjaïa, l'évènement fut certes très médiatique à Alger, mais aussi très peu populaire. D'innombrables vidéos étaient accessibles dès hier. Chacun a pu se faire une idée. En résumé, le pouvoir et son opposition ont essayé d'occuper le terrain, sous le regard circonspect des Algérois, qui restent en masse hors des cercles d'allégeance. Ce qui est sûr c'est que le 24 février des ouvriers de Rouiba ne ressemble pas aux clowneries de Sidi Saïd, le PDG de l'UGTA.

 

Le 24 février des éditorialistes

Le quotidien Liberte titre avec assurance: "L'opposition se réapproprie le 24 février et et l'éditorial de Said Chekri énonce sans trop d'états d'âme : "À l’Est, à l’Ouest, au Centre et au Sud, les manifestants se sont accordés pour clamer que le dossier du gaz de schiste ne peut être exclusivement l’affaire des habitants d’In-Salah et qu’il s’agit d’une question “nationale”.

"Opposition, pari réussi" fait la une du Soir d'Algérie.  On peut lire : " Le président du MSP tranquilliser une femme, la soixantaine, qui exprimait son immense déception quant à la non-implication citoyenne suffisante dans cette manifestation : «Ce n’est qu’un début. Qui a cru que l’opposition des divers bords se retrouve autour de l’essentiel, le recouvrement des libertés, toutes les libertés ?»

Titrant "Grosse artillerie contre une velléité de contestation", Kharroubi Habib est plus prudent dans son analyse au Quotidien d'Oran. Il note: " Le rouleau compresseur anti-opposition a fonctionné et la démonstration de force de celle-ci n'a pas eu lieu". Il estime que pour l'opposition "beaucoup reste à faire pour parvenir à créer ce nouveau rapport de force entre elle et le pouvoir qui obligerait celui-ci à l'entendre et à prendre en considération ses revendications". Selon Kharroubi "proclamer la nécessité du changement de régime ne constitue pas un programme politique qui a forcément l'adhésion de tous les Algériens (...). Il lui faut pour cela rompre avec l'exercice de l'opposition salonarde ou des états-majors pour celui du contact direct avec les citoyens et la société civile et faire preuve à l'occasion d'écoute et de réceptivité pour les préoccupations et attentes qui s'exprimeront".

Tayeb Belghiche a choisi dans El Watan le rythme de kassamen : "On veut réduire le peuple, qui a pourtant affronté courageusement une grande puissance coloniale, à l’état de mouton. Les acquis de Novembre sont en train d’être dilapidés, notre dignité est remise en cause. Un néocolonialisme s’installe sournoisement".

Même veine d'inspiration patriotique chez Kamal Daoud, qui voit dans la journée d'hier confirmation du cercle de la fatalité. Dernière ligne : "Pays depuis toujours colonisé et où les indépendance durent le temps d'un youyou. Encore une répression, hier, à Alger. Encore une lutte contre une autre colonisation".

Dans le même journal, l'éditorialiste Abdou Benabbou, désabusé, évoque le gaz de schiste ("don du ciel", dixit Bouteflika). "Pourquoi donc faire la fine bouche sur cette richesse providentielle et faire l'impasse sur ce cadeau du ciel quand la fausse compréhension collective de l'indépendance et de la souveraineté a été forgée en restant les bras croisés ? Nous avons été éduqués les uns dans une sublime complicité, les autres à l'ombre des fouets, à laisser les arbres pousser et attendre que les fruits tombent pour les ramasser".

Le 24 février de Sidi Saïd

Ghania Oukaci rapporte : "Le secrétaire général de l'UGTA a lui été pour l'occasion le véritable « bouffon du roi ». Extraits de l'intervention rapporté dans le Quotidien d'Oran: « Je n'admets pas qu'on touche à la stabilité du pays. Les travailleurs sont les soldats de la République, qu'ils le veillent ou pas" " Nous sommes des hommes de valeur. Vive Bouteflika ! ». La journaliste note : "Le nom du président de la République revenait en boucle, dans l'allocution improvisée et déchaînée du patron de l'UGTA, qui a, maintes fois, commis l'erreur de montrer de son doigt sa propre image retransmise sur un grand écran sur l'arrière-plan de la scène et qui lui faisait dos, en croyant, naïvement, qu'il montrait celle du Chef d'Etat, pour vanter ses réalisations".

Le 24 février de Rouiba n'a pas ressemblé à la clownerie de Sidi Saïd.

Plus de 3 000 travailleurs de la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) ont commémoré la date de la crétaion de l'UGTA en bloquant tous les accès menant vers les deux zones industrielles de Réghaïa et Rouiba, pour exiger la restitution d’une parcelle de terrain occupée récemment par une entreprise qui a privatisé une partie du terrain de la SNVI. L'affaire a pris une autre ampleur hier, lorsque les travailleurs des autres unités de la SNVI sont venus donner un coup de main à leurs collègues de l’unité fonderie. Et cette manifestation risque de s’étendre aujourd’hui ou demain à toute la zone industrielle de Rouiba...

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