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Publié par Saoudi Abdelaziz

Dave Lesar Pdg du géant des services pétroliers Halliburton. Photo DR

Dave Lesar Pdg du géant des services pétroliers Halliburton. Photo DR

L'appel au débat lancé par le Président n'est-il qu'un remake plus courtois de l'invitation méprisante lancée par Youcef Yousfi, il y trois ans à Oran : “Ceux qui veulent discuter n’ont qu’à discuter !” Sans bien sûr que la discussion n'ait d'effet sur les plans arrêtés à Houston dans ce que le Dr Moussa Kassem désigne comme "l'agenda extérieur". Les gens de In-Salah l'ont compris.

"On ne traite même pas un enfant de la sorte. On arrête un moment pour expliquer et voir la réaction, alors s’ils continuent sur leur lancée ..." «Nous exigeons la fin des travaux avant l’intervention d’Halliburton, avant la fracturation. Après, tout débat sur le gaz de schiste sera vain, nous n’aurons plus confiance en eux». A In-Salah, des contestataires interrogé par Houria Alioua commentent cette nouvelle stratégie avancée par le chef de l'Etat : «Il demande au gouvernement de mieux communiquer, alors que son propre discours est incompréhensible, pas clair.» «Il leur demande de venir nous expliquer ce qu’est le gaz de schiste, un mois en retard, après l’achèvement des forages !" «Des séminaires au Sheraton d’Oran ? Ils n’ont qu’à organiser des débats télévisés sur les chaînes nationales, on veut des avis contradictoires pour donner de la crédibilité !» 

Le mouvement citoyen se poursuit donc. "In-Salah encore plus opposée au gaz de schiste" titre El Watan. "Comment convaincre ?" titre ce matin, l'éditorial du Quotidien Liberté. Omar Ouali donne des conseils au pouvoir. "L’effort en matière de discours, pour lever “les incompréhensions” doit être appuyé par des actions concrètes qui puissent avoir un effet immédiat sur la vie quotidienne des habitants du Sud". Selon lui, ce ne sont pas les forages et la fracturation hydraulique qui explique fondamentalement le mécontentement, "car, en définitive, cette révolte antigaz de schiste n’aura été qu’une sorte de goutte qui a fait déborder le vase de cette région du pays, dont les populations se considèrent comme “marginalisées”.

Dans son analyse sur le Quotidien d'Oran, Habib Kharroubi voit les choses d'une autre manière "Les manifestants d'In Salah, l'ensemble de sa population en fait, ne vont pas être dupes du subterfuge qui consiste à donner à croire que son mouvement de protestation contre l'exploitation du gaz de schiste est soluble par la satisfaction d'autres revendications qu'elle aurait pu effectivement rajouter dans son cahier de doléances".

L'éditorialiste de Liberté affirme aussi : "Pour une grande partie, cette colère des populations du Sud est la conséquence d’une communication catastrophique du gouvernement". Le PDG de Sonatrach attribue lui aussi le mouvement citoyen d'In Salah à une mauvaise campagne de communication du groupe Sonatrach. L'éditorialiste oranais Yazid Alilat conteste cette explication. "Difficile cependant de marcher sur les pas de M. Sahnoun, dont le groupe a déjà exploré un premier puits de gaz de schiste et s'apprête à forer un second. Non, l'enjeu du moment est l'issue d'une terrible bataille entre deux tendances, celle qui veut réduire en boue chimique la roche pour produire plus de pétrole et répondre aux exigences financières des cinq prochaines années, et ceux qui ne veulent pas recourir aux extrêmes et préconisent la prudence, tout en allant vers des énergies alternatives comme le solaire et l'électricité".

Dans la catégorie presse de l'approbation, citons l'éditorial de l'Expression qui commente les recommandations de Bouteflika: " Cet appel à une stratégie (de communication, ndlr) autre que celle adoptée jusque-là se fonde, certes, sur le souci de donner aux populations concernées les moyens de comprendre les enjeux «relatifs aux hydrocarbures non conventionnels qui sont une réalité et une richesse nouvelles» de tout le pays mais il met surtout en relief les défaillances accumulées jusque-là."

"Débats contradictoires? En février 2012, le ministre Yousfi envoûté par les chants de sirène de Halliburton, évacuait toute discussion sur cette option. « Nous ne sommes pas au stade de convaincre les sceptiques », tranchait-il. C'était dans un palais d'exposition à Oran qu'il lancera sa boutade méprisante : “Ceux qui veulent discuter n’ont qu’à discuter !”

Mais est-il possible de cantonner la discussion dan les limites tracées par le parti international du gaz de schiste. Après l'adoption à la sauvette par l'APN de la loi autorisant l'exploitation,le Dr Moussa Kacem avait mis en garde, le 11 mars 2013, au cours d'un débat au campus Tamda de l’université de Tizi Ouzou: “L’autorisation de son exploitation en Algérie obéit à un agenda extérieur”.

 

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