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Publié par Saoudi Abdelaziz

La monarchie saoudienne et les Frères musulmans

Les Frères musulmans et le pouvoir (2011-2014), est un livre collectif où une douzaine de chercheurs détaillent la construction d'un islam politique dans quatorze pays pour souligner l'extrême diversité des situations et notamment en Arabie saoudite où la dynastie régnante a brutalement rompu avec les Frères musulmans pour réimposer l’islam wahhabite.

 

Conclusion de la présentation de l'ouvrage par Mediapart sous le titre

"Comment la monarchie saoudienne a rompu avec les Frères musulmans".

 

La période 2011-2014 a donc été marquée par un revirement majeur de la position saoudienne vis-à-vis des Frères musulmans : alors que quelques décennies plus tôt, ceux-ci avaient été accueillis à bras ouverts et mis à contribution pour édifier l’État saoudien, ils se voient désormais qualifiés de « terroristes ».

La répression touche en parallèle ceux que le pouvoir semble considérer comme le prolongement saoudien de la Confrérie, les militants du mouvement du Réveil islamique, qui n’ont certes pas manqué de réagir avec empathie aux vicissitudes de leurs « camarades » égyptiens. Si les relations entre l’Arabie saoudite et la mouvance islamiste ont pu fluctuer par le passé, la rupture semble à présent irréversible : en sortant de la « zone grise » diplomatique dans laquelle elle aimait se cantonner, et en affichant aussi explicitement son soutien à la répression violente dirigée contre les Frères et leurs émules en Égypte, l’Arabie fait un pari risqué, duquel elle ne pourra aisément se dégager.

L’objectif pour les dirigeants saoudiens semble ainsi aujourd’hui de dé-frériser et le royaume, et le Moyen-Orient. Vue de Riyad, la solution pour l’Arabie serait de remonter le temps pour réimposer, en lieu et place de l’islam politisé d’inspiration frériste, l’islam wahhabite des origines, infiniment plus conservateur sur les questions sociales, mais traditionnellement quiétiste et non conflictuel sur le plan politique. À une époque où la jeunesse saoudienne, férue de réseaux sociaux et fondamentalement mondialisée, est plus indépendante qu’elle ne l’a jamais été, un tel effort visant à imposer une nouvelle/ancienne orthodoxie religieuse semble néanmoins bien vain.

 

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