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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Syriza le parti de la gauche dite radicale dispose d’une avance confortable dans les sondages sur les intentions de vote pour les élections législatives du 25 janvier prochain. Stathis Kouvelakis, professeur de philosophie politique au King's College de Londres et membre du Comité central de Syriza, explique les quatre priorités qui guideront l'activité gouvernentale en cas de victoire de son parti aux élections legislatives du 25 janvier prochain.

 

"Il y a quatre chantiers principaux, que je ne classe pas par ordre hiérarchique.

Le premier consiste en des mesures d’urgence pour faire face aux aspects les plus choquants du désastre de ces dernières années, rétablissement du courant électrique pour tous les foyers, repas pour tous les écoliers dans les cantines et rétablissement d’une couverture santé digne de ce nom, un tiers de la population est actuellement exclue du système de santé.

Le deuxième: il faut démanteler le noyau dur des mémoranda. Ce démantèlement signifiera le rétablissement du SMIG (salaire minimum) au niveau où il était avant 2010 [soit 751 euros contre actuellement 586, en tenant compte que la majorité des contrat n’implique pas un 100%] , des conventions collectives et de la législation sociale qui a été entièrement supprimée.

Cela va ouvrir un champ d’action pour le monde du travail, et va se traduire par une amélioration immédiate. A cela il faut ajouter la suppression des taxes absurdes sur le foncier qui rackettent la population depuis quelques années. Tout cela n’est pas négociable.

Le troisième chantier est celui de la dette, et là il y aura une négociation. Il n’y a aucune perspective de redressement du pays tant que le service de la dette créé cette machine infernale mise en place par les mémoranda, des coupes sanguinaires sont effectuées dans les dépenses sociales et publiques pour dégager des excédents budgétaires afin de pouvoir rembourser la dette et mettre fin au besoin de son financement. C’est impraticable, jamais les excédents budgétaires ne pourront couvrir le service de la dette, dont le poids a augmenté parce que le PIB s’est effondré elle s’élève désormais à cent soixante-quinze pour cent du PIB. Il faut trouver une solution à cela. Syriza va demander une solution du type de ce qui a été demandé à l’Allemagne en 1953, c’est-à-dire une annulation de la plus grande partie de la dette, et le remboursement du reste à partir d’une clause de croissance.

Que se passera-t-il si la négociation échoue du fait du refus des créanciers? Aucune hypothèse ne saurait être écartée, sauf une, que Syriza cède sur son exigence d’annulation de la majeure partie de la dette.

Le quatrième chantier consiste à redémarrer l’économie, qui est détruite, pour faire face à au chômage massif de vingt-six pour cent, cinquante pour cent parmi les jeunes, que connaît la Grèce. Seuls des investissements publics peuvent le faire pour l’essentiel. C’est très compliqué, mais il faudra une relance orientée vers des besoins sociaux et environnementaux, à l’opposé de ce qui se fait à l’heure actuelle".

Texte intégral de l'interview : http://alencontre.org

 

 

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