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Publié par Saoudi Abdelaziz

Photo DR

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Mohamed Saïd Beghoul, ingénieur d’Etat en géophysique en 1977, doctorat en Géologie/Géophysique en 1991, 33 années d’expérience dans la branche Exploration /développement du pétrole et du gaz à Sonatrach et ses partenaires étrangers. Depuis 2010, consultant Exploration et Développement.

Extrait de l'interview accordée le 15 janvier 2015 à Maghreb Emergent

 

"Il n’y pas eu, au préalable, un vrai débat démocratique sur l’opportunité du gaz de schiste en Algérie. Le pays a d’éminents géologues et économistes mais, à ma connaissance, ils n’ont jamais été consultés sur la faisabilité de ce projet. Je m’excuse de dire que les rares spécialistes qui ont eu l’occasion d’intervenir officiellement à ce propos activent encore dans le circuit d’approbation et n’ont fait que conforter l’ambition mais aussi l’entêtement du gouvernement, déjà émoustillé par le mythe de la possession des plus grosses ressources du monde et qui vont permettre de doubler la production, les exportations, couvrir largement les besoins en interne et créer des emplois par milliers, etc. Il y a de quoi s’entêter effectivement mais la réalité est tout autre et le proche avenir nous le dira (...).

Je crois qu’il y a un sérieux problème de planification de projet selon qu’on écoute l’un ou l’autre. En septembre 2013, un responsable du secteur déclarait à la presse que Sonatrach va investir 300 milliards de dollars en 50 ans pour produire 60 milliards de mètres cubes de gaz de schiste en forant 12000 puits, soit 240 puits par an. Tout récemment, le 11 janvier 2015, Monsieur le PDG du même groupe Sonatrach annonce l’investissement de 70 milliards de dollars par an et sur 20 ans, soit 1400 milliards de dollars en 20 ans en forant 200 puits par an, soit 4000 puits et tout ça pour produire 20 milliards de mètres cubes par an, c’est-à-dire 400 milliards de mètres cubes en 20 ans. Que s’est-il passé entre Septembre 2013 et janvier 2015 pour ainsi décider d’investir 10 fois plus et produire trois fois moins ? Par ailleurs, le volume de 400 milliards de mètres cubes à produire en 20 ans est produit actuellement en 2 ou 3 ans (la production actuelle de gaz conventionnel chez nous est d’environ 145 milliards de mètres cubes par an et avec quatre fois moins de puits). Ceci dénote encore une fois la non rentabilité du gaz de schiste en Algérie. Il reste ainsi insuffisant pour convaincre tout le monde sachant que Sonatrach elle-même n’a jamais connu ses coûts".

 Texte intégral de l'interview: maghrebemergent.com

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