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Publié par Saoudi Abdelaziz

...Mais tout en continuant imperturbablement, sur le terrain, à concrétiser le plan d'exploration puis d'exploitation qu'il a adopté et qu'il ne veut pas encore soumettre au débat national. Ce plan est servi par la confusion politicienne de secteurs de l'opposition -liées au système- qui veulent exploiter la force du mouvement citoyen pour saper et remplacer l'équipe en place, mais qui tiennent visiblement à bénéficier demain de ces rentrées financières pourries, lorsqu'ils occuperont les fauteuils du gouvernement. 

Monsieur le président! Il faut remettre les compteurs à zero, reprendre l'étude du bien fondé de l'exploration immédiate préparant l'exploitation à "moyen terme". L'échéance des années 20 pour produire doit être discutée d'ores et déjà avec les Algériens, leurs mouvements citoyens, leurs representants politiques, et par les secteur compétents et désinteressés majoritaires de  l'intelligentsia qui sont en train d'émerger dans le débat public.

 

 Zoubir Zerarga écrit curieusement dans Le Matin-dz :"Des débats à la pelle sur l’exploitation du gaz de schiste sont souvent lancés sur les plateaux des chaînes de télévision publiques ou privées. Mais, le fond du problème, constituant le danger mère, à savoir le maintien en place du pouvoir honni et autiste, est constamment éludé".  a-t-il vu et entendu si "souvent" ces fameux débats contradictoires avant que la décisions ait été prise de creuser à In Salah et ailleurs? Qu'importe, car dit-il , le problème n'est pas le gaz de schiste, mais "le maintien de ce régime autocrate qui enfonce et abîme le destin de tout un pays.

Le fameux exemple américain

De son côté Abed Charef, journaliste devenu politologue, titre carrément son anayse : "L’Algérie n’a pas de problème de gaz de schiste, mais un problème de gouvernance". Sur la foi des explications d'"un chimiste", il évacue la nocivité de cette exploitation et assène l'argument massue: "l'expérience des Etats-Unis montre qu'il est possible d'exploiter le gaz de schiste sans trop de dommages". La différence : " L'Algérie n'a pas les contre-pouvoirs des Etats-Unis. Elle ne dispose pas d'instances arbitrales crédibles". Le politologue polyvalent semble totalement ignorer le rôle décisif du lobby pétrolier dans les décisions du Parlement américain. Exit aussi les mécanisme financiers, l'extraordinaire mobilisation du Trésor et de la fiscalité américains pour aider les compagnies à rentabiliser l'exploitation du schsite, qui est devenu un levier de la suprématie de l'Empire sur la marché pétrolier mondial, dont l'Algérie paie le prix actuellement. Sur la rentabilité économique, même au Texas, au coeur du bastion du gaz de schiste et du lobby pétrolier, les chercheurs de la très sérieuse université publique du Texas, à Austin contestent les chiffres de l’agence de l’énergie américaine (EIA) qui prévoit en effet une hausse de la production jusqu’en 2040, suivi d’un plateau d’au moins vingt ans. Au terme d'une enquête d'un précision vingt fois supérieure à celle de l’EIA, publié par la revue Science et vie, les géologues prévoient que la production plafonnera en 2020 puis chutera sévèrement ; ils avertissent en outre qu’il est très improbable que d’autres gisements prennent la relève, et s’attendent à un pic de production national dans la décennie à venir, suivi d’un déclin rapide" (Le Quotidien d'Algérie)

Le politologue Abed Charef semble aussi ignorer l'opposition grandissante des citoyens américains, à la base, à l'échelle des municipalités, des contés et des Etats de l'Union. Curieusement, sur cette expérience américaine vantée par le politologue, Sonatrach le prend le contrepied . Les dirigeant de la compagnie nationale confient à l' Algérie Presse Service : "Les contraintes environnementales de son extraction dans le Sahara algérien n'étaient pas similaires à celles des zones peuplées aux Etats-Unis et en Europe". Va comprendre! Ces Américains sont-ils oui ou non servis par les "expertise indépendante crédibles" dont les crédite le politologue?

Les boulitiques aiment faire peur

Mohcine Belabbas le président du RCD, sans se prononcer sur le bien fondé des revendications du Sud, met en garde sur le danger que le mouvement citoyen contre le gaz de schiste ne provoque "l’ouverture d’une période de ruptures chaotiques». Il en profite pour vendre contre un pouvoir qui provoque le désordre, la "plateforme de Mazafran" de la CNLTD qui «constitue une chance pour le pays».

Paradoxalement, ce raisonnement pourrait avoir un impact politique similaire, quoique dans l'autre sens, à celui de Mme Hannoune, qui, elle, met en cause une destabilisation suscitée par les ennemis de l'Algérie et... du ministre du gaz de schiste, M. Yousfi. Dans cette boulitisation outrancière, la palme revient à un journal de Ali Haddad, le président bien en cour de du FCE patronal, qui annonce que le Daech est en voie d'infiltrer le mouvement citoyen du sud.

Pendant ce temps, les services et autres réseaux, chargés de faire soutenir à la base les décisions du pouvoir, actionnent leur points d'appuis en reprenant le même thème du "danger du chaos" de Mohsen Bellabas. Les clients et appartichik du régime s'activent donc à In Salah et dans le Sud pour diviser la population et enfoncer un coin dans le Front anti-fracturation. Mais aussi pour couper court à la profonde réflexion national que suscite le mouvement citoyen au sud. Il semble aux dernière nouvelles que ces tentatives fractionnelles qui avaient eu un certain impact en 2013, au moment des luttes pour l'emploi, ont subi un lamentable flop en ce ce début de la nouvelle année 2015. La conscience citoyenne procède sans doute par accumulation d'expérience puis par mutation.

Y compris au sein de la docile APN où de nombreux députés manifestent dorénavant au grand jour leur opposition à l'examen "à la va vite" de lois importantes qui concernent le sort actuel et futur des Algériens... comme cela s'est fait l'année dernière pour les lois autorisant la fracturation hydraulique.

Notons aussi la réaction pertinente de Ali Benflis qui s'interroge: pourquoi pretendre que "le forage n’est rien d’autre qu’une expérimentation » alors que « les responsables concernés ont affirmé que la technologie d’extraction du gaz de schiste était parfaitement maîtrisée, ce qui signifie que l’expérimentation n’a plus lieu d’être. » (TSA-Algérie)

Encore un effort Monsieur le président!

87% des lecteurs de Liberté ont déjà répondu ce matin "non" à cette question: "Sellal a-t-il été convaincant sur la question de l'exploitation du gaz de schiste?". Ce sondage n'est pas forcément significatif, mais il donne une idée de la sympathie, voire même d'un début de forte empathie pouvant déboucher sur l'élargissement des formes de soutien public, qui ont commencé à émerger ici et là au nord du pays.

C'est sans doute un des indice de l'impact national de la mobilisation populaire que le chef de l'Etat a perçu lorsqu'il affirme selon Algérie Presse Service que l'exploitation du gaz de schiste en Algérie "n'est pas encore à l'ordre du jour", confortant son Premier ministre. Le président Bouteflika annonce que les forages-tests, initiés à In Salah, seront achevés "à très brève échéance". Il a chargé le gouvernement d'initier des "débats transparents", avec la participation de compétences reconnues, pour permettre à chacun de mieux comprendre les données relatives aux hydrocarbures non conventionnels qui sont "une réalité et une richesse nouvelles de notre pays". Il s'agit à travers des compagnes de communication de lever "les incompréhensions et les inquiétudes". Dans le même temps, le pouvoir met en oeuvre la tactique habituelle consistant à noyer le poisson en réunissant "un Conseil restreint consacré au développement local dans les wilayas du Sud et des Hauts Plateaux". 

Discutons le bien fondé

La remise à plat du problème, la reprise systèmatique de la discussion sur le bien fondé économique et écologique de l'exploration à court terme puis de l'exploitation à moyen terme des réserves de schiste n'est pas encore à l'ordre du jour de la présidence.

Place donc dans les médias à  l'orchestre du gaz de schiste dont la baguette est désormais confiée aux experts du juste milieu, comme M.Attar, l'ancien Pdg de Sonatrach et ancien ministre, qui s'affirme partisan du moyen terme. Seule moyen de faire passer la pilule pour continuer à creuser. Sur les prestations des experts, citons encore une fois cette phrase lucide d'un penseur du 20è siècle : "Tout expert sert son maître, car chacune des anciennes possibilités d’indépendance a été à peu près réduite à rien dans les conditions d’organisation de la société présente ».

Monsieur le président, il faut remettre les compteurs à zero, reprendre l'étude et la discussion sur le bien fondé de l'exploration et de l'exploitation. L'échéance du "moyen terme", c'est à dire des années 20 doit être discutée avec les Algériens.

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