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Publié par Saoudi Abdelaziz

Y a-t-il des puissances étrangères qui poussent les Algériens à s' opposer à l'exploitation du gaz de schiste? Mais, à l'inverse quelles sont les intérêt étrangers qui ont intérêt à pousser L'Algérie dans l'aventure de l'exploitation précipité?

Le ministre de l'énergie remet ça. Les opposants à l'exploitation précipitée du gaz de schiste seraient manipulés par "l'étranger". Il est relayé par Amar Saidani, a appelé hier les populations du sud à "faire la distinction entre les revendications sociales, les questions politiques et les complots contre le pays". En juin 2014 déjà, Youssef Yousfi expliquait aux journalistes qu'il fallait distinguer entre opposition sincère et opposition radicale*, et mettait les Algériens en garde  contre les "tentatives de déstabilisation" qui "visent à l'empêcher d'exploiter son potentiel en hydrocarbures".

Quelles sont donc les puissances étrangères déstabilisatrices? 

La France? On sait que Total et Fabius attendaient avec impatience le feu vert pour la fracturation hydraulique, jusqu'ici interdite en France en dépit des pression du lobby pétrolier. Fabius est le champion de exportation de la démocratie mais pas des préoccupations écologiques qui elles sont réservées à l'hexagone.

Les Etats-Unis? Au début du mois de juin 2014, Youssef Yousfi s'affichait en long et en large avec Ernest Moniz chargé de l'Energie dans le gouvernement américain.  Ce dernier ne cachait pas sa satisfaction intéressé  : "Nos compagnies sont intéressées par le marché algérien parce qu'elles ont une grande expérience en matière (d'exploitation) de gaz et de pétrole de schiste qui nous a permis d'assurer un boom économique et une indépendance énergétique. J'espère que l'expertise acquise durant ces dernières années, sera également utilisée en Algérie".

La théorie du complot pourrait être retourné contre M. Yousfi. On est en droit de s'interroger: y a-t-il une conspiration étrangère pour précipiter l'Algérie dans l'aventure très risquée du gaz de schiste?

 L'histoire d'amour entre Youssef Yousfi et le gaz de schiste est ancienne

C'était en mars 2011, qu' à Houston, au Texas, notre ministre de l’Energie a déclaré sa flamme, après avoir été informé par les Américains que l'Algérie disposait de réserves de gaz de schiste aussi importantes que ceux de certains champs américains. Il a alors annoncé qu’un programme pilote était en cours de préparation. Le consultant Rabah Rabah qui rappelle cet événement dans Le Matin-dz commente : "A cette époque déjà, de nombreux observateurs se sont demandés ce qui est arrivé à ce ministre, réputé pourtant sage pour «se tirer une balle dans le pied» car le prix du gaz a commencé à chuter et l’Algérie subissait d’énormes pressions surtout de la part des pays européens pour revoir leur prix voire même remettre en cause les contrats long terme et tout cela à cause de ce gaz de schiste qui a inondé le marché américain".  

Dans la conclusion de son article, l'expert ne va pas de main morte: "Le processus de décision à Sonatrach est infiltré par les multinationales qui sont au courant de tout ce que fait l’entreprise nationale et agissent en conséquence. La crise économique mondiale les contraint à rechercher un plan de charge quitte à créer des besoins à travers leurs réseaux sur place. L’exploitation du gaz de schiste en Algérie n’est qu’une pure incitation des multinationales pour rentabiliser leur expertise et sucer le fond souverain Algérien placé chez eux".

Halliburton aime "l'aventure algérienne"

Halliburton se définit sur son site comme une "société experte dans le domaine du gaz et pétrole de schiste. La société produit des études des réservoirs sous-terrain, des simulations de scénarios d’exploitation ainsi que des solutions techniques adaptées". Le siège social de Halliburton, se trouve à Houston. C'est dans cette ville que le ministre Yousfi a engagé l'Algérie dans ce qu'il a appelera 5 ans plus tard, "grande aventure".** On sait que de 1995 à 2000 le groupe a connu une nette ascension sous la conduite de son Pdg, le fameux Dick Cheney, vice président (conservateur) des Etats-Unis. En achetant en novembre dernier pour 35 millards de dollars Baker Hughes, une entreprise américaine concurrente, Halliburton, devient N°1 incontestable pour l'équipement de l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste.

 

Notes

*Il y a près d'un an, WikiLeaks, la plateforme des lanceurs d'alerte, publiait des documents confidentiels qui révèlent que l'industrie pétrolière mettait au point la plus importante campagne environnementale jamais connue. Son objectif est de contrer les oppositions des défenseurs de l'environnement. Ces oppositions sont classées en catégories allant de "réalistes" à "radicales"

 **Abdelmalek Sellal alors nouveau Premeir ministre était prudent : « On ne va pas le pomper aujourd’hui [le gaz de schiste] mais à échéance très lointaine allant à l’horizon 2040 ». C'était en novembre 2012.  lors de la réunion tripartite qui a regroupé le patronat, le syndicat UGTA et le gouvernement. 

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