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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'Etat de droit implique que les projets bouleversant la vie des populations ne soient pas adoptés et encore moins appliqués avant l'enquête citoyenne ouverte et transparente. L'Algérie devra-t-elle rester le pays où le gouvernement refuse, quasiment par principe, de reculer "sous la pression de la rue". Il est vrai que l'attitude du pouvoir algérien bénéficie de la compréhension des gouvernants d'un monde occidentale, où depuis quelques décennies les décisions vitales (en dehors des questions "sociétales" comme le mariage pour tous) échappent de plus en plus au préalable de l'accord citoyen. Encore que les choses changent, l'exemple grec risque de faire domino.

 

"La volonté de continuer le combat semble prendre le dessus, note Houria Alioua, correspondante d'El Watan dans le bastion de la contestation. Après une marche d’échauffement hier, In Salah s’apprête donc à lancer une nouvelle «milyonia» demain".

A la sortie de la rencontre avec le wali qui a annoncé que le pouvoir s'en tient aux déclarations de Sellal,  un délégué des contestataire confie amérement à la journaliste, les larmes aux yeux : «Ces trois semaines nous ont ouvert les yeux, nous avons compris que le choix des sites proches d’In Salah relève vraiment de l’expérimentation. Ils ont choisi une palmeraie, une agglomération urbaine près d’une population qu’ils pensaient docile et coopérative et un aquifère. C’est une expérimentation au sens propre du terme, qui servira au marketing international des multinationales".

"La prestation de Abdelmalek Sellal a bien manqué de pertinence et de courage «médiatique» écrit  Ghania Oukaci dans le Quotidien d'Oran, pour "expliquer" l'accueil  plus que méfiant des contestaires à l'égard de sa prestation télévisée. Le gouvernement adonc décidé de mieux communiquer "en direct".  Scop: "Il est déjà avancé du côté du Palais du gouvernement qu'il se rendra «prochainement» à Ouargla et In Salah" annonce la journaliste, dont les "les sources" confient souvent des tuyaux crevés (un jour, à temps perdu, j'en ferais le décompte dans le blog).

Sans doute le Premier ministre attendra-t-il prudemment, avant de se jeter dans le sable, les premiers succès escomptés de l'offensive en cours, combinant l'artillerie de communicants médiatiques, la mobilisation de "l'orchestre du gaz de schiste" (avec Louiza Hanoune en soliste), et surtout l'action des services chargés d'atomiser le mouvement populaire.

Et on pourra aussi mettre à profit des excès politiciens des opposants au gaz de schiste de la dernière heure, car on sait que la façon la plus pernicieuse de desservir une cause c'est de la défendre avec de mauvais arguments.

Du côté de l'opposition jusqu'ici extérieure au système, Rachid Halet explicitant les décisions du  conseil national du FFS demandait hier : «une totale transparence sur les techniques mises en œuvre, les risques et nuisances associés à ces techniques et sur la façon de contrôler ces risques ou de les atténuer, à travers la mise en œuvre d’un vrai débat devant porter à la fois sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste mais aussi sur le cadre juridique des accords qui ont déjà été signés».

Comment imposer cette transparence alors que l'objectif avoué du gouvernement est seulement de mieux "expliquer" les choix et le calendrier fixés en dehors de tout débat. Alors que pour le pouvoir, les choses suivent leur cours, le FFS craint une «amplification des peurs» et ne se prononce pas sur l'exigence d'un moratoire présidentiel, permettant de garantir le véritable débat national qui n'a jamais eu lieu. Le FFS appelle à un débat "responsable". Le FFS veut faire bouger les lignes, certes, mais qui est tenu d'être responsable? Les contestaires, à sens unique? Qu'est-ce qui empêche le pouvoir d'accepter le moratoire, sinon son refus d'admettre que ses plans soient soumis à "la pression de la rue"? Cette pédagogie démocratique nationale, il la refuse encore.

 

HOMMAGE 

Chayma Al Sabbagh, militante socialiste âgée de  32 ans, a été assassinée avant-hier, le 24 janvier 2015. Cette maman était surtout connue dans la région d’Alexandrie pour son action aux côtés des travailleurs en lutte. Après s’être battue contre Morsi, elle est morte tuée par un flic du régime de Sissi en commémorant les martyrs de la révolution de 2011.

 

 

photo DR

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HACINA ZEGZEG 26/01/2015 14:36

J''ai du mal à réaliser que depuis 26 jours aujourd'hui, nous contestons parce que nous refusons que notre eau soit polluée.Comment expliquer le silence de nos concitoyens dans le nord. Dieu merci il n'est pas unanime. Adrar s'élève elle aussi contre le gaz de schiste. Timimoun et Ouargla, et Tamanrasset. Le régime g