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Publié par Saoudi Abdelaziz

Armoiries de la République

Armoiries de la République

Mis en ligne le 23 mars 2015.

La chute du prix du baril amorcée depuis de nombreux mois se poursuit. Ce phénomène aiguise la confrontation entre deux démarches économiques et sociales.  

La première consiste à s'intégrer plus avant dans les mécanismes de la mondialisation néolibérale,  imposer l'austérité dirigée contre le pouvoir d'achat des salaires, la santé publique et le logements social, assujétir l'économie aux intérêts des consortiums oligarchiques et d'un système financier international désormais ouvertement hostiles aux nations.

La seconde voie consiste à remettre, enfin, à l'ordre du jour les ambitions historiques de développement que dictent nos crédos fondateurs, profondément intériorisés dans le peuple, combinant le développement économique auto-centré et la protection sociale en faveur du plus grand nombre. Ces ambitions nationales ont été mises sous le boisseau par les grands prédateurs infiltrés dans les mécanismes du pouvoir et qui ont détourné -pendant de trop nombreuses années- l'Etat algérien de ses devoirs nationaux.

Le texte qui suit a été mis en ligne en décembre 2014. 

2015. Vers le renouveau de la gauche algérienne?

Le peuple algérien restera-t-il absent du paysage politique en 2015 ou bien sortira-t-il du champs clos des luttes sociales limitées aux lieux de travail et d'habitation? C'est sans doute la question centrale que se posent l'ensemble des forces politiques qui souhaitent le soutien des Algériens ordinaires  à leurs projets.

Jusqu'ici privées de cette base de masse, les luttes politiques sont dévitalisées. On sait que le renouveau politique des années 88-91 a été quasiment tué par les clivages "idéologiques" suscités et exploités par le système, privant les citoyens, placés en position de survie pendant la décennie noire, de la possibilité élementaire d'exprimer des opinions politiques.

Le peuple algérien reste une nébuleuse pour les politologues. Peut-être, n'existe-t-il plus désormais? Les experts ont trouvé l'explication: endormis par un estomac bien rempli, le peuple ne peut plus bouger, il fait la paix sociale. Bien rempli, c'est à voir. 

On sait que depuis le début de 2011, le réveil de la mobilisation populaire et des luttes de masse s'est concentré sur un objectif dit "non politique", celui du pouvoir d'achat. Le printemps algérien a été un printemps social. Malgré la repression, à travers les grèves et actions massives, les salariés et les villageois ont exigé et souvent obtenu un important rattrapage salarial et de meilleurs équipements sociaux de proximité.

"Le pouvoir a acheté la paix sociale, grâce aux revenus pétroliers", analysent les politologues pour expliquer l'échec des tentatives de plaquer les expériences révolutionnaires d'autres pays arabes. Ils "oublient" le rôle de la mobilisation populaire pour arracher les nouveaux acquis sociaux obtenus, considérant sans doute que  la répartition du revenu national n'est pas une question politique.

Avec la baisse des revenus pétroliers, "il ne sera plus possible d'acheter la paix sociale" se réjouissent les porte-paroles de l'opposition néolibérale.

Et si la marmite se renversait sur le couscoussier en 2015? Et si les salariés exigeaient que l'Etat aille enfin chercher l'argent là où il se trouve, dans les immenses profits des privilégiés du système? Et si les salariés, qui eux sont ponctionnés à la sources, se mettaient à exiger  une authentique justice fiscale? Qu'ils exigent aussi de mettre au pas les lobby de l'import. Qu'ils mettent fin aux projets inutiles qui ne servent qu'à alimenter les "commissions"?

Une politisation qui ira forcément à l'encontre des plans politiques qui en 2015 feront du forcing pour exploiter les tares du système en vue d'imposer la politique néolibérale tous azimut, au détriment de la nation et du peuple

La baisse des revenus pétroliers créera-t-elle une situation rendant nécessaire pour le peuple algérien, l'existence d'une gauche politique et sociale capable de soutenir le monde du travail et les couches les plus fragiles de la population. C'est sans doute la question cruciale de l'année nouvelle.

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