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Publié par Saoudi Abdelaziz

Seif Soudani. Photo DR

Seif Soudani. Photo DR

Extraits de l'article de Seif Soudani paru le 28 décembre sur le site tunisien Nawaat.org intitulé "Affaires Ayari / IVD : premiers symptômes d’un parti virtuellement hégémonique"

 

(...) La plume des laudateurs reprend du service dans divers médias tunisiens. La géopolitique n’est pas en reste : des "experts" algériens au régime syrien de Bachar al Assad, le climat est marqué par la réjouissance des nostalgiques de la stabilité fictive caractéristique de l’ère pré révolutions arabes.

D’une autre époque, c’est aussi l’expression qui vient à l’esprit pour qualifier la comparution du civil Yassine Ayari devant un tribunal militaire. Quand bien même on admettrait l’outrage à l’institution militaire, quelle est donc l’étendue de l’audience du blogueur, comparée à celle des médias de masse ? De quel genre d’armée disposons-nous pour que ses unités soient « déstabilisées » par Facebook ?

Voilà des mois que Nidaa Tounes, parti fondé sur l’idée du sauvetage patriotique, fait campagne sur le thème la suprématie de la lutte antiterroriste, une lutte associée au nécessaire retour de l’autorité de l’Etat. « Inchallah l’Etat reviendra ! », lança notamment Béji Caïd Essebsi devant les caméras, en visite au domicile endeuillé de l’officier Socrate Cherni, l’une de ses dernières étapes de campagne au Kéf, là où il allait réaliser un score entre 70 et 80% selon les délégations.

Cette « guerre contre le terrorisme » va de pair avec une sacralisation accrue de l’institution militaire, elle qui est régie par un code de procédure datant de 1957. Les exemples ne manquent pas de régimes autoritaires ou semi militaires tirant leur légitimité de la perpétuation d’un état de guerre réel ou feint.

Se sentant investis d’une mission sacrée, l’armée tunisienne et son bras judiciaire avaient entamé une relecture de l’histoire récente en émettant des verdicts particulièrements cléments en appel dans la condamnation des responsables sécuritaires de l’ère Ben Ali en avril dernier, dont trois ans de prison pour Ali Seriati, soit autant que la peine requise contre Yassine Ayari…

Au même moment au Maroc, depuis mars 2014 une réforme de la justice militaire interdit désormais aux tribunaux militaires de juger des civils, là où la Tunisie suit les pas de l’Egypte d’al Sissi qui a élargi depuis octobre dernier le champs d'action de la justice militaire. Dans ces deux pays où une restauration respectivement lisse et violente suit son cours, les juges militaires sont sans doute sensibles à une opinion publique qui leur est pour l’instant globalement favorable.

Mais quelle que soit l’issue du procès du 6 janvier prochain, l’institution militaire aura péché par excès de confiance en incarcérant une figure comme Yassine Ayari, fils d’officier martyr qui a le droit d’être en colère contre une institution ayant échoué à protéger son père, souligne aujourd’hui sa défense. Si la prison ferme est confirmée, le nouveau président, déjà contesté, entamera son mandat dans une ambiance délétère, avec des conséquences politiques désastreuses en termes d’image à l’international. Yassine a par conséquent déjà gagné (...).

 

Texte intégral: nawaat.org

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