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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Contrairement à ce qu’il a déclaré, lors de sa conférence de presse tenue le lendemain des événements, nous avons eu l’information que c’était lui, “en personne”, qui avait ordonné à la police d’utiliser “tous les moyens pour disperser la foule”, insiste, convaincu, un membre du comité du quartier qui, par peur de représailles, a requis l’anonymat."

 

Conclusion  du reportage de Farid Abdeladim 

paru le 13 décembre dans le quotidien Liberté

 

Le wali au banc des accusés

(...) Les membres du comité du quartier accusent, en premier lieu, le wali d’Ouargla, Ali Bouguerra, lequel, selon eux, aurait “personnellement donné l’ordre” aux forces de sécurité d’utiliser “les méthodes extrêmes” aux fins de “mater” les manifestants “pacifistes”.
Contrairement à ce qu’il a déclaré, lors de sa conférence de presse tenue le lendemain des événements, nous avons eu l’information que c’était lui, “en personne”, qui avait ordonné à la police d’utiliser “tous les moyens pour disperser la foule”, insiste, convaincu, un membre du comité du quartier qui, par peur de représailles, a requis l’anonymat. Cette thèse, estime-t-il, est d’autant plus plausible que le chef de daïra de Touggourt est en congé de maladie depuis plus de deux mois et préparerait même son départ définitif de son poste. L’accusation est aussi portée contre le maire et les membres de l’APC, lesquels, selon des citoyens, seraient à l’origine de la situation de pourrissement à Nezla depuis quelques années déjà, “en raison de leur mauvaise gestion de notre commune”. “Tous les problèmes que nous vivons aujourd’hui sont le résultat de la mauvaise gestion de notre commune”, dénoncent, à l’unanimité, les habitants de Draâ El-Baroud, non sans accuser certains responsables de “corrompus”.
Selon le témoignage des habitants de Draâ El-Baroud, toujours sous le choc, tout a commencé lorsque les mécontents ont décidé, le lundi 24 novembre, de dresser une tente au bord de la RN03 pour faire part, “pacifiquement”, de leurs revendications sociales. L’objectif des manifestants était de rencontrer le wali à l’occasion du passage de son cortège officiel qui devait accompagner le ministre des Ressources en eau dont la visite était programmée pour le dimanche 30 novembre dernier. “Notre but était d’interpeller le wali et lui exposer nos doléances devant ce membre du gouvernement, et lui rappeler ses promesses non tenues concernant, entre autres, la question des logements sociaux et des lots de terrains qu’attendent les citoyens depuis des années. Nous avons même prévu une petite collation pour accueillir dans le respect et le wali et le ministre des Ressources en eau. Mais le wali ne l’entendait pas de cette oreille. Il voulait, coûte que coûte, nous éviter sur son passage. Il sait pertinemment qu’il n’a pas tenu ses promesses”, raconte Lakhdar Guesmi, représentant des jeunes de Draâ El-Baroud.
“Dans sa tentative de désarçonner la situation, il nous a envoyé des émissaires pour nous convier à une réunion pour le samedi 29 novembre, soit la veille de sa visite annoncée. Initiative à laquelle nous n’étions pas opposés, bien au contraire. Mais, dans la nuit de vendredi à samedi, des policiers se sont présentés brusquement et nous ont déchiré avec des couteaux la tente avant de la prendre carrément avec eux. Dans le même temps, ils ont procédé à l’arrestation d’une vingtaine de jeunes”, ajoute-t-il, précisant que “el-beït” (la tente), étant le symbole de la dignité pour les Naïli.
Voilà qui, selon lui, avait attisé davantage la colère des habitants lesquels ont attendu le petit matin pour aller se rassembler devant le commissariat de la ville pour revendiquer “pacifiquement” la libération des jeunes arrêtés. Il dément, au passage, les “contrevérités” des officiels qui voulaient faire croire que les manifestants auraient usé de violence devant le commissariat.

 

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