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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Quelle légitimité pourrait avoir une politique dite de «rigueur» qui s'attaque aux subventions si le mode de gestion actuel perdure ?" écrit M. Saadoune. Le pouvoir a "tout intérêt à aggraver la fracture entre laïcs et salafistes afin de tenir la société en respect. Mais alors, que faire ?" s'interroge l'écrivain oranais Messaoud Benyoucef.

 

Quelle rigueur?

"Les subventions sont fortement décriées. Certaines d'ailleurs méritent d'être revues comme les subventions aux carburants et à l'électricité qui favorisent les trafics et le gaspillage. Et elles profitent d'ailleurs davantage aux plus riches. Comment faire en sorte que ces subventions «ciblent» ceux qui en ont réellement besoin, c'est un débat qui comporte un aspect technique. Mais son application dépend aussi de facteurs politiques comme l'efficacité et la probité morale et professionnelle de l'administration. Le débat peut être ouvert, mais la focalisation sur les subventions fait oublier - peut-être sciemment - qu'il y a des économies substantielles à faire ailleurs par la transparence et l'application des lois. Par la lutte contre la corruption et l'évasion fiscale.
La bureaucratie a un pouvoir qui échappe au contrôle des citoyens, elle le monnaye. Les scandales récurrents nous le rappellent : on se fait de l'argent en plaçant dans les «bons carrefours» et en connexion avec les entrepreneurs. Quelle légitimité pourrait avoir une politique dite de «rigueur» qui s'attaque aux subventions si le mode de gestion actuel perdure ? Ceux qui sont au pouvoir le savent, cela ne passera pas chez les classes populaires. C'est cette nuisance potentielle qui explique que l'on continue à avoir le souci de la «paix sociale». Le Quotidien d'Oran, éditorial de M. Saadoune

 

"L'horizontalité des démarches solidaires dans la société civile" 

"Pour en revenir à l'affaire qui nous occupe, disons qu'attendre du pouvoir des despotes asiatiques qui règnent sur le pays depuis 1962 qu'ils promeuvent l'état de droit et la laïcité, c'est comme attendre qu'il neige au Sahara au mois d'août. Ce pouvoir a, au contraire, tout intérêt à aggraver la fracture entre laïcs et salafistes afin de tenir la société en respect. Mais alors, que faire ? Alors, il faut, à la verticalité (de la supplique adressée à celui du haut), substituer l'horizontalité des démarches solidaires dans la société civile ; en un mot, s'abstenir de solliciter le pouvoir et travailler à dépasser la contradiction entre laïcs et salafistes. Dépasser la contradiction ne veut nullement dire en supprimer l'un des termes. La contradiction est le mode d'existence normal des choses. La dépasser veut dire tenir les deux bouts ensemble et avancer. À ceux qui jugent la chose irréaliste, rappelons que les religieux algériens avaient fait alliance avec les communistes et les démocrates bourgeois (tel Ferhat 'Abbas) dans le Congrès musulman algérien, en 1936.

Bien sûr, le dépassement de la contradiction suppose que chacun fasse des concessions. Les laïcs devront accepter l'identité religieuse de leur société et les salafistes devront accepter la pluralité des normes de vie sociale. Ce serait assurément la base raisonnable pour avancer vers le vouloir-vivre ensemble. Et il n'y a pas d'autre possibilité pacifique. Le méconnaître serait risquer de précipiter le pays vers l'apocalypse. Messaoud Benyoucef, écrivain. http://braniya.blogspot.fr

 

PS. 

"Je ne suis d'aucune faction; je les combattrai toutes. Elles ne s'éteindront jamais que par les institutions qui produiront les garanties, qui poseront la borne de l'autorité et feront plonger sans retour l'orgueil humain sous le joug de la liberté publique". Antoine de Saint Just, la veille d'être guillotiné à l'âge de vingt-six ans.

 

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bbns 20/12/2014 12:10

Utopie : un mot à utiliser sans retenue