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Publié par Saoudi Abdelaziz

Mettant à nu les méfaits du libéralisme de marché, le livre du sociologue allemand Wolfgang Streeck analyse le divorce désormais consommé entre capitalisme et démocratie. Il écrit: "L'alternative à un capitalisme sans démocratie serait une démocratie sans capitalisme". Il ne voit guère que l'État-nation comme moyen de conjurer la catastrophe annoncée.

 

Quelques paragraphes de l'ouvrage  Du Temps acheté. La crise sans cesse ajournée du capitalisme démocratique

« L’effondrement du système bancaire international qui menaça en 2008 força les pouvoirs publics, qui auraient justement voulu ne plus avoir à s’occuper d’économie, à rentrer à nouveau sur le terrain. En conséquence, tous les succès rencontrés dans la consolidation des finances publiques, qui avaient été obtenus au prix de risques politiques élevés, furent dans le même temps annulés. » Wolfgang Streeck démonte la propagande massive alors mise en place, faisant porter le chapeau des faillites bancaires sur un trop-plein de démocratie avec son cortège de revendications périlleuses aux dépens du bien commun. Il s’est plutôt agi, selon lui, d’un chantage d’établissements prédateurs auto-décrétés « trop gros pour mourir » et sauvés par leurs agents d’influence ayant gangréné les États – Henry Paulson, ancien président de Goldam Sachs et veillant sur le Trésor dans le gouvernement de Bush le Jeune, s’avérant le plus symptomatique de ces pompiers pyromanes.

Le discours dominant fustige « les dépenses trop élevées », alors que le cœur du problème, rappelle Wolfgang Streeck, gît dans des recettes trop basses. Échapper à l’impôt, de la part des grosses sociétés ou des grandes fortunes passées maîtres dans l’évasion fiscale, s’inscrit dans un projet politique consistant à réduire à néant l’État : « Affamer la bête » (“starving the beast”), selon le slogan du néolibéralisme yankee.

« Parallèlement aux avancées du capitalisme réformé néolibéral, la participation des citoyens aux scrutins démocratiques recula de façon continue et parfois dramatique, et avant tout parmi les couches sociales qui auraient dû être les plus intéressées par les prestations étatiques et la redistribution économique étatiquement imposée du haut vers le bas. Ce fait aide à prendre la mesure de la victoire, écrasante, du capitalisme réformé néolibéral sur le capitalisme qui avait été celui de l’État social démocratique des décennies 1960 et 1970. » 

"Les pays industriels, grevés par leurs dettes, laissent les manettes au marché créancier ; ces États démunis n’assurant plus que la répression des citoyens récalcitrants".

"Le droit de vote, le droit de grève et le droit de manifester sont encore ancrés en Europe au seul échelon national. Auront-ils un jour une existence à l’échelon européen ?"

"Bon nombre d’éléments laissent  penser que l’apparition du capital financier se ramène à celle d’une deuxième “peuple”, les gens du marché rivalisant désormais avec le peuple national. »

« L’alternative à un capitalisme  sans démocratie serait une démocratie sans capitalisme, du moins sans le capitalisme que nous connaissons »

Source: Mediapart

Nous vivons au siècle du divorce entre capitalisme et démocratie
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