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Publié par Saoudi Abdelaziz

Les boulitologues branchés sur l'étude du système se sont mis d'accord sur le postulat immuable que l'ANP détient ad eternam les rênes du pouvoir réel. Si on veut se débarrasser d'un président encombrant pour en placer rapidement un autre, il faut passer par les militaires. Réflexe naturel.

Le blogueur qui "suit" leurs analyses depuis plus de trois ans a compris que dans ce milieu il y a moins de cohérence que d'esprit de girouette.

"Le général Gaïd Salah a brutalement mis à un terme à une histoire qui commençait à prendre de l'ampleur, celle d'une possible élection présidentielle anticipée, qui permettrait de débloquer une situation désespérément figée", déplore ce matin le politologue Abed Charef dans un "rappel à l'ordre" adressé au chef d'Etat major de l'armée qui refuse d'obtempérer et quiexprime son allégeance aux institutions élues. Doctement, Abed Charef relève l'anomalie: "L’armée applique la politique du gouvernement, certes, mais elle est aussi l’armée de l’opposition. C’est l’armée de la république, et elle n’a pas pour mission de soutenir un pouvoir, ni de lui servir de base politique. Elle n’a pas pour vocation de soutenir les uns, ni de contrer les autres".

Tout aussi doctement, le même politologue conseillait  avant les dernières élections présidentielles "Que les candidats le veuillent ou non, l’Algérie de 2014 présente une géographie politique très simple. Il sera impossible d’y mener une politique contre l’avis de l’armée et des services de sécurité. Ce qui suppose que tout projet politique affiché doit avoir l’aval de ces corps. Ainsi, il ne sera pas possible d’organiser des élections législatives crédibles, plus tard, si ces institutions ne sont pas prêtes à accompagner le mouvement. De même, il n’est pas possible de lutter contre la corruption, ni de vouloir imposer la transparence économique contre l’avis de ces institutions. Il ne suffit pas que l’armée et les services de sécurité soient neutres, il faudrait qu’ils soient favorables au projet. Car en cas de coup dur, la neutralité peut rapidement se muer en hostilité. D’autre part, en l’état actuel des choses, vouloir imposer un changement contre l’avis de l’armée et de son « cœur atomique », le DRS, peut se révéler dangereux. Cela peut même se transformer en une aventure pure et simple".

Aujourd'hui les boulitologues ne semblent pas admettre que l'ANP puisse sortir du rôle qui lui a été conceptuellement défini par les scribes systémiques. Peut être aussi parce que le "coeur" n'y est plus...  

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