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Publié par Saoudi Abdelaziz

"Les élites ont une vraie conscience de classe, elles cherchent à maximiser en permanence leurs avantages."

 

Réquisitoire

Par Michel Leis, 6 décembre 2014

 

S’il est bien une constante de l’histoire, c’est la cupidité sans limite de quelques individus, la soif de pouvoir inextinguible qui caractérise une partie du personnel politique. Les élites ont une vraie conscience de classe (cf. Pinçon Charlot), elles cherchent à maximiser en permanence leurs avantages. Cette quête ne s’exprime pourtant pas de la même manière suivant les époques, c’est une question de rapports de forces. C’est dans l’intensification extrême de ces rapports de forces qu’il faut chercher les causes profondes de la crise.

Ils se développent tous azimuts. Entre les élites économiques et le monde politique, avec le vote de lois sociales ou fiscales toujours plus favorables à l’accumulation. Dans l’économie réelle, la division du travail apparue au 19e a dépossédé les travailleurs des savoir-faire issus de la production artisanale, aujourd’hui, l’automatisation et le recours systématique à la sous-traitance, y compris dans des pays au bord de l’esclavage, font disparaître le travail de nos contrées. Notre addiction aux biens matériels et la nécessité de recourir aux aides sociales pour certains d’entre nous nous placent en position de faiblesse. Peut-on imaginer circonstances plus favorables pour des élites sans foi ni loi ?

Coupable, les élites économiques. Elles ont recours à un arsenal de moyens sans pareil pour renforcer ces rapports de forces, entre le chantage, le lobbying et une proximité soigneusement entretenue avec le monde politique. Elles sont totalement autistes au réel des 99 %, elles refusent de payer pour les conséquences de leurs actes, pires, elles détournent l’argent de la communauté en se soustrayant volontairement à l’impôt.

Coupable le monde politique, pour avoir pensé qu’un peu de confort matériel tenait lieu de programme, pour avoir cru que la croissance économique était l’objectif et le seul moyen de leur politique. Coupable d’avoir placé l’intérêt de quelques-uns au-dessus du bien commun, d’en avoir fait une idéologie indépassable (TINA) et de s’être mis en situation de dépendance. Le monde politique partage avec les élites économiques le même autisme, sans doute une question de connivence.

Coupables, nous le sommes, pour avoir donné une majorité de votes à des politiques qui n’œuvrent pas pour le bien commun, pour nous soumettre à une organisation du travail de plus en plus oppressante en vue d’obtenir un peu de bien-être matériel. Coupable de céder à l’égoïsme du chacun pour soi et de penser que le sacrifice de plus pauvre que nous pourra sauver nos petits avantages. Coupable encore d’avoir oublié que notre confort a été acquis par le passé au prix de luttes constantes et de rapports de forces qui devaient beaucoup à la puissance de grands partis, de syndicats forts et d’une rivalité entre blocs qui portaient au moins l’idée de progrès.

Tous ces éléments mis bout à bout ne font pas une crise, mais ils en dessinent l’arrière-plan. L’élévation de la norme de profit a financiarisé l’économie au-delà de toutes limites, cette montagne de dette dépend pourtant en dernier ressort de la capacité de remboursement de l’économie réelle. C’est la contradiction finale, celle qui déclenche la crise. Dans leur cupidité, les élites ont oublié de veiller à la solvabilité des 99 % et des États, la source de leurs profits. Pour continuer leur razzia, il ne leur reste qu’à imposer par la violence ce qu’elles ne peuvent plus obtenir par les rapports de forces.

Source: http://www.pauljorion.com/blog

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