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Publié par Saoudi Abdelaziz

Au cours de l'année à venir, la refondation de l'Etat algérien sera plus que jamais à l'ordre du jour. Des alternatives contradictoires émergent en cette fin d'année, du coeur même du système: elles sont soutenues soit par le DRS-canal historique, soit par l'autre pôle concurrent tout aussi historique, l'Etat-major de l'ANP. 

Le DRS-canal historique qu'il ne faut pas réduire à des postes de direction dans l'actuel DRS semble disposer du plus grand nombre de relais médiatiques "intelligents". Le blogueur a suivi pendant les quatre années écoulées, les positions publiques des experts et politiciens, rattachés à ce Canal historique, décrit par des politologues comme le "coeur atomique" ou "la colonne vertébrale" du sytème.

L'alternative programmatique du Canal historique s'est constituée autour trois axes complémentaires, qui rompent avec la doctrine novembriste traditionnelle du régime. Les fondements de la politique étrangère forment les lignes de clivages décisives. Pour les porte-parole du Canal historique, le moment est venu d'insérer résolument l'Algérie dans la mondialisation néolibérale, en intégrant sans état d'âme son système financier et en respectant à la lettre ses régles commerciales; il faut dans le même temps en finir avec la doctrine de non-alignement et conclure un partenariat stratégique avec l'Otan; il faut aussi abandonner la doctrine "populiste" de l'état-providence désormais incompatible avec la "modernisation" néolibérale.

Selon l'ancien premier ministre Ghozali, les Algériens seraient dirigés par des officiers-traitants.  " Le véritable régime est donc un parti secret qui dispose de 2 à 3 millions de membres qui tiennent les appareils de l'Etat et ses moyens. Ils sont désignés par le noyau des services et travaillent pour eux". Familier des Tewfik, Belkheir et consorts, Ghozali voit les choses à travers leurs lorgnettes. Sans se rendre compte que le DRS-Canal historique patine. Son principal handicap se trouve dans la perte de son ancrage social et politique de masse. Il n'a pas réussi à transformer en mouvement politique durable le contrôle quasi exclusif que ses offciers traitants ont exercé pendant trois décennies sur la société algérienne et ses institutions. Depuis une vingtaine d'année, le phénomène politique majeur est la crise de ce contrôle social avec l'autonomisation de la société algérienne, devenue toute entière, au sortir de la Décennie noire, une sorte de "bled el baroud" pacifique.

Auprès du peuple algérien, le Canal historique, resté "accro" à la philosophe élitisme-autoritaire  élaborée par le Malg, a raté le coche. Cette philosophie fondatrice, foncièrement antipopulaire, a certes pris un coup de jeune après l'avènement de Chadli, avec l'envahissement des "services" par les rejetons libéraux des anciennes castes privilégiées non plébéennes: kourouglis, grandes tentes et autres tribus makhzen. Mais la flamboyance que le Canal historique a acquis avec ces nouvelles recrues venus d'une autre planète semble lui avoir été fatale et les professions de foi démocratiques de ses adeptes actuels sont perçues comme des paroles en l'air. 

(à suivre).

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mo 29/12/2014 15:09

Article et analyse très intéressants sur les rouages du pouvoir réel. Mais quand est-ce que le peuple algérien deviendra libre?