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Publié par Saoudi Abdelaziz

Hier, les "marchés" ont dégringolé de moins 12,8 % à la Bourse d'Athènes, réagissant contre la perspective d’élections démocratiques en Grèce pouvant déboucher sur la victoire d’un "vrai" parti socialiste. A Washington, les sénateurs constatent que la CIA fait ce qu'elle veut.

 

La finance est-elle compatible avec la démocratie?

Avant-hier, un article dans le Wall Street Journal s’intitulait Greece Turns Triumph into Tragedy : la Grèce transforme un triomphe en tragédie. Le triomphe en question, c’est l’état dans lequel se trouve la Grèce en ce moment (je ne plaisante pas), et la tragédie qui la menace, c’est une éventuelle victoire du parti Syriza en Grèce aux prochaines élections (je ne plaisante pas non plus).

Les marchés ne sont pas vite gênés. Les marchés, nous le savons ont beaucoup de sympathie pour le fascisme en col blanc, encore appelé « néo-libéralisme », de MM. von Mises, von Hayek, Friedman et consorts. M. von Hayek qui, comme on s’en souvient – ou comme on devrait s’en souvenir, c’est important – du haut de son prix Nobel d’économie 1974 – déclarait à la presse chilienne, lors d’une de ses visites de courtoisie au général Augusto Pinochet, qu’il préférait une dictature libérale non-démocratique (description excellente du régime de son ami très cher) à un pays démocratique non-libéral (le Chili de Salvador Allende, qui n’était malheureusement plus là pour commenter). Croyez-vous que le comité de la Banque de Suède lui ait retiré son prix Nobel pour autant ? Poser la question, c’est malheureusement y répondre.

La perspective d’élections démocratiques en Grèce pouvant déboucher sur la victoire d’un parti socialiste – un vrai, pas les ersatz qui circulent sous ce nom dans des pays tout près de chez nous – a fait dégringoler les marchés aujourd’hui (-12,8 % à la Bourse d’Athènes).

9 décembre 2014. Source: Paul Jorion blog

 

Les vingt conclusions contre la CIA

Vingt conclusions ont été présentées le 9 décembre par la commission sénatoriale étatsunienne sur les méthodes d'interrogatoire de la CIA dans la "Guerre contre le terrorisme" déclenchée après le 11 séptembre 2001. Vingt points qui ressemblent à vingt actes d'accusation note Gilles Paris, le correspondant à Washington du journal Le Monde

1- Les méthodes d'interrogatoire renforcées n'ont pas été efficaces pour obtenir des renseignements ou la coopération des détenus.

2- Les arguments utilisés par la CIA pour justifier le recours à ces méthodes d'interrogatoire ont reposé sur des déclarations fausses concernant leur efficacité.

3- Les interrogatoires des détenus ont été brutaux et pires que la présentation qui en a été faite aux responsables politiques.

4- Les conditions de détention des détenus ont été plus sévères que ce que la CIA en a dit aux responsables politiques.

5- La CIA a fourni de manière répétée des informations inexactes au ministère de la justice, empêchant une évaluation juridique correcte du programme d'interrogatoires renforcés.

6- La CIA a agi de manière répétée pour contrarier ou empêcher une supervision de son programme par le Congrès.

7- La CIA a empêché la supervision de son programme par la Maison Blanche.

8- Le programme de la CIA a compliqué et parfois même contrarié les missions de sécurité nationale d'autres agences de l'exécutif (dont le FBI).

9- La CIA a empêché la supervision de son programme par le bureau de l'inspecteur général.

10- La CIA a organisé des « fuites » à la presse d'informations classifiées, en particulier d'informations erronées à propos de l'efficacité de ce programme d'interrogatoires renforcés.

11- La CIA n'était pas prête à remplir cette mission de détention et d'interrogatoires plus de six mois après en avoir reçu le pouvoir.

12- La CIA a géré son programme de manière insatisfaisante (nomination de responsables sans expérience ou accusés de violences dans des missions précédentes).

13- La CIA a externalisé à deux psychologues extérieurs à l'agence la conception de son programme, comme elle a externalisé massivement des opérations qui lui étaient rattachées.

14- La CIA a eu recours à des techniques d'interrogatoire qui n'avaient pas été approuvées par le ministère de la justice ni par la direction de l'agence.

15- La CIA n'a pas tenu à jour le compte des détenus interrogés, a retenu des personnes qui légalement ne pouvaient l'être, et présenté une comptabilité des interrogatoires erronée.

16- La CIA s'est montrée incapable de faire  une évaluation correcte de l'efficacité de son programme.

17- La CIA a rarement sanctionné les personnes responsables de comportements inappropriés, de violations sérieuses de ses propres politiques.

18- La CIA a minoré ou ignoré les critiques internes soulevées par son programme.

19- La CIA a été contrainte de mettre un terme à son programme en 2006 à la suite de « fuites » non autorisées dans la presse, d'une coopération réduite des pays tiers et de préoccupations d'ordre légales.

20- Ce programme d'interrogatoires renforcés a abîmé l'image des Etats-Unis et s'est traduit par un coût élevé (300 millions de dollars en dehors des frais de personnels), mais aussi par une dégradation des relations avec d'autres pays.

Le résumé d'environ 500 pages du rapport, expurgés des informations les plus sensibles, est disponible dans son intégralité (en anglais).

Source: Le Monde.fr
 

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