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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'Algérie connait-elle une forme sophistiqué de domination où, pour se perpétuer, le système applique contre lui-même une stratégie de la tension?

 

La comédie judiciaire suit son cours. A Touggourt, le juge d'instruction mène l'enquête. Selon le journal Liberté, le chef de daïra suspendu par son ministre, après le meurtre des jeunes manifestants, a fourni un alibi en béton. "Il aurait remis des documents attestant que durant la période des évènements cités, il était en convalescence". On va maintenant enquêter sur d'éventuelles défaillances professionnelles de son suppléant. Et cela va demander du temps, car il faut que "la justice suive son cours". ? La presse parle d'une énième visite du Premier ministre sur les lieux d'un crime policier pour rassénerer et faire patienter le peuple endeuillé.

Jusqu'où ira cette comédie? On peut d'ores et déjà craindre que la procédure ne vise qu'à éviter d'enquêter sur la vraie source de la repression meurtrière: la poursuite de l'Etat d'urgence. Avec le cycle quasiment fatal : manifestation interdite, mise en garde à vue des meneurs, encerclement des commissariats pour exiger leur libération, avec "dépassements" puis usage d'armes letales. Populations effrayés-et paralysées-devant "le désordre que sucitent les manifestations".

L'histoire retiendra qu'au tournant des 20 et 21è siècles, l' Algérie a connu une forme sophistiqué de gouvernement où pour se perpétuer, un système applique contre lui-même une stratégie de la tension. Ce qui à la vérité n'est pas une spécificité algérienne en ces temps où la communauté internationale de protection du "capitalisme de crise" met sur le marché des recettes mondialisés.

Tares politiques. Dans son rapport pour l'année 2014, la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH) note que “diverses manifestations ont été interdites et plusieurs autres réprimées”, accompagnées d’arrestations et, parfois, de “recours à l’emprisonnement de manifestants”. La Ligue affirme que le système “a voulu entretenir l’illusion d’un changement, là où la réalité est marquée par la continuité dans la répression, les violations des libertés publiques et des droits de l’Homme”.

Une question aux forces politiques qui recherchent un consensus pour le renouveau politique mais ne semblent pas mener le combat publique, résolu et quotidien contre les tares politiques systémiques qui empêchent le peuple d'apprendre à exercer au quotidien sa souveraineté. Faut-il continuer à  mettre ces tares dans la case "non respect des droits de l'homme" et faire endosser par la LADDH une mission qui est celle des partis politiques?

 

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Djamal Amran 10/12/2014 08:56

Il est temps que les opposants, partis en tête, sortent des salons et mouillent la chemise en faisant le travail qu'on en attend : réveiller, convaincre, organiser et guider le peuple pour sortir le pays de l'enlisement politique qui mène tout droit à la dislocation de l'état.