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Publié par Saoudi Abdelaziz

L'électorat de gauche sera-t-il "polarisée" vers la droite autoritaire ? C'est  l'objectif central de Béji Essebsi qui place la "laïcité" comme l'argument central de sa campagne du deuxième tour. La presse francophone algérienne "indépendante" est souvent sensible à l'argumentaire de Nidaa Tunes.

 

REVUE DE PRESSE 

 

Le correspondant d'El Watan à Tunis se fait expliquer les résultats du premier tour par Néji Jalloul un dirigeant de Nidaa Tunes : «Les voix obtenues par Béji Caïd Essebsi sont celles des modernistes et des progressistes qui ont déjà voté Nidaa Tounes lors des élections législatives. Les quelques centièmes obtenus en plus s’expliquent par des suffrages provenant de multiples listes indépendantes, plutôt dans la mouvance centriste et progressiste.»

Principe journalistique de l'équilibre? C'est encore au même partisan de Béji Caïd Essebsi qu' El Watan a recours pour analyser l'électorat de son concurrent Moncef Marzouki. Jalloul explique: «les voix obtenues par Marzouki sont celles d’Ennahdha, auxquelles il faut ajouter les quelques centièmes provenant des partisans du CPR et des groupuscules dissidents de ce parti ou d’Ennahdha». Exit donc Moncef Marzouki, le président républicain, artisan tétu du consensus historique qui a sorti la Tunisie du danger de la fitna. Est-il un personnage à ce point insignifiant que le journaliste n'éprouve pas le besoin d'analyser les motivations de ses électeurs, à partir de sa personnalité propre et de son programme?

 

"Une coupure en deux"

Dans Liberté, Merzak Tigrine ne cache pas préférence, lui aussi : "Béji Caïd Essebsi, que d’aucuns présentent comme un représentant des anciens systèmes, de Habib Bourguiba et Zine El-Abidine Ben Ali, demeure, toutefois, comme un garant de la stabilité du pays en raison de la politique que prône son projet de société basée sur la laïcité". Le journaliste annonce donc avec assurance : "À partir de là, il devrait a priori bénéficier d’un report de voix des formations politiques tunisiennes de gauche, adeptes, elles aussi, de la laïcité et de la modernité". Liberté reprend le principal argument de campagne du candidat de la droite autoritaire tunisisnne qui prédit : “ il va y avoir une coupure en deux, les islamistes d'un côté et puis tous les démocrates et les non-islamistes de l'autre". On attend les consigne du Front populaire conclut l'article de Liberté.

La palme du soutien à Béji Essebsi, candidat néolibéral, laïque et anti-islamiste s'affiche sans vergogne dans le Soir d'Algérie. "Sauf spectaculaire et improbable retournement de situation, Beji Caid Essebsi sera le troisième président de la République de la Tunisie" annonce Kamel Amarni qui explique son pronostique : "Ce n’est pas un hasard si le grand favori, Caid Essebsi, a qualifié son concurrent, Marzouki, hier lundi, d’être rien moins que «le candidat des islamistes et des djihadistes» ! Dans une Tunisie qui fait face à des menées terroristes de plus en plus dévastatrices ces trois dernières années, une telle charge risque fort d’anéantir le maigre espoir de Marzouki."

 

"Moncef Marzouki tient la route"

"Le scrutin présidentiel organisé dimanche, contrairement à ce qu'on aurait pu craindre au vu de la domination médiatique du camp de Beji Caïd Essebsi, ne s'est pas transformé en plébiscite de parti unique, écrit l'éditorialiste du Quotidien d'Oran. K. Selim précise: "Moncef Marzouki tient encore la route et contraint le « favori» à un deuxième tour qui ne sera pas une promenade. L'incertitude des urnes, celle-là même qui fait le sel des démocraties, est bien là. Les électeurs tunisiens ont fait le tri entre les aspirants au pouvoir. Ils n'ont pas succombé à l'attrait d'un retour au système de Ben Ali dont beaucoup de représentants se retrouvent derrière Beji Caïd Essebsi. On ne connaissait pas encore, hier soir, les résultats officiels obtenus par les deux hommes qui restent en lice, ni l'importance de l'écart entre les deux. Mais on peut déjà constater que Caïd Essebsi, donné pour archi-favori, n'est pas passé au premier tour. Cela montre que les Tunisiens ne sont pas prêts, ni au nom de la peur, de l'ordre ou de la détestation des islamistes, à revenir au vieux système autoritaire. Caïd Essebsi, dans le cas où il sera élu le 22 décembre, devra en tenir compte : il n'a pas carte blanche".

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