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Publié par Saoudi Abdelaziz

La recherche d'un nouveau consensus national pour sortir le pays de l'impasse met à nu les divergences de fond au sein des diverses forces d'opposition et sans doute au sein du pouvoir. Cela nécessite que les Algériens ordinaires s'en mêlent pour "mettre tout le monde d'accord". Pendant ce temps, il ne faut pas oublier le syndrome hollandais qui plombe le redressement économique, tandis qu'au coeur du système, la "matrice" est toujours à l'œuvre, selon Saïd Sadi. 

 

Le Nouveau consensus national navigue entre les écueils

Analysant ce matin la démarche du pouvoir et celle de certains secteurs de l'opposition groupés dans la CNLTD*, Kharroubi Habib écrit : "Elles pèchent toutes deux par le refus d'admettre que quand il est question de construire un consensus national ceux qui prétendent travailler pour cet objectif, le b.a.-ba du discours qu'ils doivent tenir est qu'il dise qu'ils ne sont pas les détenteurs exclusifs de la recette permettant d'y parvenir et qu'il n'exclue aucune partie susceptible d'intégrer ce consensus national".

«Certes, il y a des divergences, mais je pense que tout le monde est d’accord pour un changement», estime le premier secrétaire du FFS Mohamed Nebbou, hier à Bordj Menaïel «certainement, nous allons vers des concessions», "Notre parti a opté pour le changement pacifique qui se fait par les négociations et non par une confrontation directe», Hier aussi , Mouloud Hamrouche concluait ainsi sa conférence à Tizi-Ouzou: “Notre gouvernance s’épuise dans une crise coriace malgré les efforts et les sacrifices consentis. L’impasse touche aujourd’hui tous les espaces économique, social, administratif et politique, y compris les partis”. La démarche qu'il propose rejoint celle du FFS pour un nouveau consensus national "réaffirmant" celui de Novembre. Comment y parvenir? : “La voie du consensus signifie que toute proposition d’où qu’elle vienne, d’un parti, du pouvoir ou de l’opposition dans sa diversité, n’est qu’une contribution parmi tant d’autres. Elle ne doit pas s’inscrire dans une logique de compétition ou être liée à des échéances politiques, mais converger pour sortir le pays de ses impasses".

"Plateforme ou feuille blanche?" titre la dernière chronique du député FFS de Béjaïa, Arezki Derguini. qui s'efforce de cerner "la démarche- mouvement"  la plus efficace : "Avant d'arriver donc à l'idée du consensus, il faut une première phase de décantations, ce pourquoi le FFS se doit de distinguer plusieurs phases dans ses consultations, une première et une seconde pour le moins. Lors de cette première phase, on relèvera des positionnements avant que ne s'engagent de véritables confrontations et concertations dans un contexte en constante évolution. Car, la concertation vise précisément à un mouvement ordonné et pacifique des positions qui puisse permettre la mise à jour d'un nouveau champ politique qui stabiliserai les rapports sociaux en même temps que se transformerait l'espace des positions sociales sous l'effet de la crise économique. C'est dans ce mouvement que l'idée du consensus prendrait son contenu et non pas dans quelque plateforme préétablie à laquelle croirait pouvoir se tenir les agents".

 

"la compétitivité des importations"

Sous le titre "Sellal, «pragmatique», fait semblant de diversifier l’économie algérienne", El Kadi Ihsan fait le point de la conférence sur le développement économique et sociale organisée par le ministère de l’industrie. "Que reste-t-il finalement ? Un long chapelet de vœux,  comme celui de l’amélioration du climat des affaires qui fait fi de l’essentiel. Pour aller où ? Abdelmalek Sellal ne croit qu’au situationnisme, pas à la prospective. La politique industrielle ne regarde que vers le Nord, pas vers les BRICS. Et surtout le gouvernement veut toucher à tout, mais pas au système des prix". Le directeur de Maghreb émergent pointe le nœud des obstacles à l'industrialisation : "La théorie économique au sujet du syndrome hollandais a déjà tout expliqué : Un niveau important de revenus d’exportations énergétiques provoque des biais en série. Sur la balance des paiements, sur le taux de change, sur le niveau général des prix. L’Algérie nage dans le syndrome hollandais depuis la remontée des cours en 2004-2005. L’incitation à produire algérien est barrée par la compétitivité des importations. Pour réindustrialiser l’Algérie, il faut commencer par rendre les importations plus chères, notamment celles des biens finis".

 

L'histoire de la matrice policière 

On peut lire dans le compte rendu de Liberté d'une conférence de Saïd Sadi à Boghni Partant de témoignages d'anciens du Malg, il affirme : “Le boussoufisme” est maintenu jusqu’au jour d’aujourd’hui. Pour lui, c’est le concept de clan qui avait une place prépondérante dans l’organisation des services de renseignements algériens durant la guerre de Libération nationale. Il se demandera, d’ailleurs, comment en si peu de temps, c’est-à-dire qu’à partir de 1957, la police politique de Boussouf est devenue le cœur de la Révolution. Analysant tous ces témoignages insérés dans cette quatrième édition, l’orateur déduira que ladite doctrine de “Boussouf” était basée sur la violence, le clanisme et le clientélisme. “Partant de là, vous constaterez que, depuis l’Indépendance et jusqu’à aujourd’hui, le régime se base sur la même matrice”, soulignera-t-il."

 

NOTE

*Autobaptisée "l'opposition", avec un grand L. La seule et unique, parce que la seule "radicale". Les promoteurs du CNLTD, membre de l'establishment du cimetière d'El Alia, presque tous issus du "système", dénient curieusement cette qualité d'opposants aux partis de l'opposition historique, aussi bien le FFS ou le PST, que les formations issues de l'ancien PAGS, ou les partis et rassemblements non reconnus, comme le front du changement national ou les formations se référant à la théologie de la libération comme Rachad. Sans compter les milliers d'opposants algériens non encartés...

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Moufdi-Zouheir 28/11/2014 11:40

Je n'ai pas entièrement lu cet article somme toute assez intéressant et révélateur des miasmes que vit le pays et la classe politique mais j'ai tout de suite saisi le fond.

Ce qu'il y a lieu de savoir est que, tant que le pouvoir aux commandes des U.S.A, accompagné de ceux des pays Européens en symbiose avec ce pouvoir, l'Angleterre n'étant pas le moindre de ses pays, tant que ces gens-là n'ont pas accrédité un changement et un renouveau en Algérie, il ne se passera rien de concret, quelles que soient les propositions de la classe politique en opposition.

Du fait qu'il est question de "Matrice", ce mot à lui seul définit tout.