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Publié par Saoudi Abdelaziz

La conférence sur le développement économique semble avoir boosté la réflexion sur les conditions à réunir pour la réindustrialisation du pays. Quelques échos. Affaire à suivre.

 

"Relance industrielle : La mue libérale ?" titrait hier El Watan en rendant compte des travaux de la conférence sur le développement économique et social, dédiée à la relance du tissu industriel en Algérie. Le titre s'inspire des propos de Abdelmalek Sellal à la tribune: «Nous avons été socialistes. Nous avons été pseudo-capitalistes. Nous sommes désormais pragmatiques». Propos "décryptés" par un conseiller du ministre de l'industrie : «Oui, c’est un tournant libéral".

 

Confucius à la rescousse

Par Maâmar Farah, 8 novembre 2014, Le Soir d'Algérie
Pressés d'en finir avec les restes d'un socialisme qu'ils ont rendu responsable de nos malheurs — alors que c'est leur capitalisme en gestation depuis les années 1980 qui a mis le pays à genoux ! —, ils oublient de nous dire que le miracle chinois s'est fait grâce au secteur public et à une stratégie industrielle patriotique ! Et quand ils parlent des «miracles» de la santé privée, ils ne font pas cas du niveau atteint par la médecine publique cubaine qui assure, dans pas mal de spécialités, une couverture sanitaire du niveau de celle des pays scandinaves !

Le secteur public chinois de l'industrie et du bâtiment, dont on peut mesurer les prouesses en Algérie, n'a pu cependant atteindre ce niveau que parce qu'il s'est adapté aux conditions de la mondialisation et de l'impitoyable concurrence qu'elle impose. Un esprit révolutionnaire pragmatique et un patriotisme à toute épreuve ont permis de trouver le compromis idéal : les sociétés sont étatiques mais leurs méthodes de gestion s'inspirent du libéralisme et de ce qu'il a de meilleur en matière de management ! Les patrons publics sont jugés à la Bourse et non pour des actes de gestion quotidiens qui permettent à une justice aux ordres de les envoyer en prison pour un oui ou pour un non !
La recette chinoise, mise en place par le Parti communiste, ne les intéresse pas parce qu'elle libère les énergies et donne pleins pouvoirs aux managers. Et que feraient alors les nouveaux ministres qui pensent qu'en changeant de feuille de route, on va améliorer les performances alors que le mal, tout le mal, est dans l'absence d'une stratégie claire ? Mais ne soyons pas injustes et citons leur dernière performance : la facture d'importation dépasse désormais nos rentrées en devises !

 

Les bons exemples à reproduire

El Kadi Ihsane, le directeur du site économique Maghreb Emergent définit les conditions de la réindustrilaisation. Il écrit : "L’investissement public ne sera plus le seul moteur de la croissance algérienne les prochaines années. Ou alors la croissance sera atone. Comment alors faire émerger une autre croissance basée sur la valeur ajoutée des entreprises ? Les pistes sont heureusement nombreuses. Le temps perdu ces dix dernières années oblige à des mesures audacieuses. Un bond en avant des investissements directs étrangers en Algérie est clairement nécessaire aujourd’hui pour réduire les gaps nombreux. Toutes les conditions sont réunies pour se fixer comme objectif 10 milliards de dollars d’IDE par an en Algérie à partir de 2018. La Pologne l’a fait durant dix ans avant la crise des subprimes. La aussi le verrou est politique. Mais peut être que celui-ci va sauter plus facilement que les autres. La diversification économique ? Il faut bien commencer un jour quelque part'".

Sur ce sujet, Alexandre Kateb développe une approche différente, sur la radio du même site. Ce maitre de conférences à Science Po Paris, spécialiste des économies émergentes est présent à Alger pour la Conférence sur le développement économique et social. "L'Algérie tourne le dos à l’expérience des BRICS dans l’industrialisation" affirme-t-il. Il pense que les investissements directs étrangers (IDE) ne sont pas le principal levier dans les processus d’industrialisation, comme cela a été observé dans de nombreux pays émergents. « L’investissement étranger a été secondaire mais certes essentiel, en particulier pour le transfert de technologie et l’amélioration de la productivité car il a eu un effet d’entrainement sur les entreprises locales, » estime l’économiste. « Mais toutes les réussites en matière d’industrialisation ont reposé sur la mobilisation de l’épargne nationale, » dit-il avec insistance. « A cause de la crise mondiale, les fournisseurs sont prêts à faire toutes les concessions possibles en matière de transfert de technologies pour avoir des marchés, » explique l’économiste, qui se réjouit tout de même que des groupes publics comme Sonelgaz et Ferovial aient amené l’américain General Electric et le français Alstom à investir en Algérie dans le montage des équipements importés. « Ce sont de bons exemples à reproduire » a-t-il dit.
 

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lahlou 08/11/2014 20:30

Le drame est que les "tournant" sont pris sont mettre le clignotant qui indique la direction à suivre. Même les "troupes" - ceux qui sont acquis au pouvoir, quelque soit sa position- ne marchent ni dans l'ordre, ni dans la discipline, ces virages successifs aboutissent à une vraie pagaille. Le pouvoir confond recherche de consensus entre les acteurs et soumission et allégeance de ces derniers pour applaudir des choix qui ne sont ni explicités ni pertinents!