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Publié par Saoudi Abdelaziz

« El fahem bel ghamza, wa deb b’néghza », il suffit d’un clin d’œil aux gens intelligents, quand il devient nécessaire de piquer un âne rétif.

C’est ainsi que, récemment, au niveau du quartier périphérique de Ouled Aïssa, sur la route menant à la cité de l’Ekété, après que celle-ci ait été coupée la veille avec des pneus incendiés par les citoyens s’étant plaints auprès des responsables concernés des problèmes empoisonnant leur existence, sans grands résultats en retour, voilà que, par la suite, les concernés parmi les entreprises et l’administration étaient à pied d’œuvre le lendemain ; qui de s’occuper de réparer une ou des fuites d’eau datant de plus d’une année, qui de ramasser des détritus accumulés également depuis la même durée de temps, etc."

 

Par Moufdi Zouheir,

Jijel, 26 novembre 2014

 

Quand les responsables situés à divers niveaux, officiant dans les divers centres étatiques de responsabilité civile et administrative, en viennent à faire preuve d’un superbe mépris vis-à-vis des doléances émises de la part des citoyens, chacun parmi ces citoyens se plaignant d’un problème d’ordre général touchant le commun des résidents d’une cité ou d’un quartier. Ces responsables font la sourde oreille, promettent plus qu’ils ne tiennent comme s’il s’agissait pour eux de rendre service et non de se soumettre à leur devoir, il est alors juste de poser très sérieusement cette fois, la question déjà posée par feu Boudiaf, voici 50 ans : « Mais où va donc l’Algérie ? ».
 

Responsabilité?
 

Oui. Où allons-nous donc à ce rythme effréné et avec ce régime endiablé pris par ces dits responsables fuyant ainsi leurs responsabilités en se moquant, de surcroît, du citoyen ? Sur quelle dangereuse pente sans issue se sont-ils donc engagés, entraînant derrière eux tous les citoyens, sans plus pouvoir s’arrêter pour enfin prendre conscience qu’ils occupent bel et bien des postes de responsabilités, qu’ils veuillent l’admettre ou non. S’agissant maintenant de savoir si, effectivement, chacun parmi ces responsable est bien à sa place mais non coopté à ce poste, pour lequel il ne possède par le profil requis, la chose relève d’un autre domaine et d’un autre genre de questionnement.
Sur le moment, le fait est là : il y a un responsable occupant un poste de responsabilité l’engageant vis-à-vis du citoyen. A ce titre, il y a une suite à donner à cet engagement concernant le travail à effectuer qu’induit cette situation de responsabilité. Le problème qui se pose depuis des décennies dans notre pays est celui de savoir qu’un poste de responsabilité est considéré une manne auprès de laquelle se servir sans retenue. Il n’y a plus d’exercice de la responsabilité mais il y a seulement le profit et les avantages tirés par le fait d’être directement et effectivement en place à ce niveau. Point à la ligne.
Ce qui inclut le raisonnement que tout le monde, parmi ces gens, agit sur le dos du citoyen en profitant de son inévitable dépendance vis-à-vis de l’administration. L’administration d’aujourd’hui ne propose plus de solutions dans le cadre de son existence et de sa raison d’être, mais crée tout simplement des problèmes aux citoyens pour davantage les affaiblir socialement et, ainsi, continuellement profiter de cette situation de déséquilibre sciemment provoquée. Ce qui s’apparente véritablement à du satanisme ! Et ce n’est pas peu dire, puisqu’il existe, en effet, un programme suivi en ce sens. Ce sujet a déjà fait l’objet de plusieurs articles détaillant le processus.

Les extrêmes de la gabegie et la politique du « pneu brûlé »

Aujourd’hui, par la force des choses, les citoyens, contraints et obligés, ont pris conscience que le seul langage perceptible, audible et compréhensible par ces responsables est celui de la force. D’un côté, il y a la force publique mais de l’autre, il y a aussi son pendant qui est la force d’une population poussée dans ses derniers retranchements. Aussi, las de s’adresser verbalement à des responsables sourds et aveugles, c’est « la politique du pneu brûlé » en travers de la route qui prévaut le plus actuellement, solution à laquelle s’adonnent les citoyens par obligation, excédés par le peu de réaction à leurs doléances, formulées auprès des responsables des entreprises étatiques et aussi bien auprès de ceux de l’administration, chargés d’administrer la ville.
C’est seulement en usant de cet extrême et de ce stratagème que le citoyen peut enfin se faire entendre et tout le monde de réagir promptement aussitôt que des pneus brûlent en travers des routes. C’est ainsi que, récemment, au niveau du quartier périphérique de Ouled Aïssa, sur la route menant à la cité de l’Ekété, après que celle-ci ait été coupée la veille avec des pneus incendiés par les citoyens s’étant plaints auprès des responsables concernés des problèmes empoisonnant leur existence, sans grands résultats en retour, voilà que, par la suite, les concernés parmi les entreprises et l’administration étaient à pied d’œuvre le lendemain ; qui de s’occuper de réparer une ou des fuites d’eau datant de plus d’une année, qui de ramasser des détritus accumulés également depuis la même durée de temps, etc.
Nous voici arrivés à citer cet adage populaire illustrant assez bien cette situation : « El fahem bel ghamza, wa deb b’néghza » (Il suffit d’un clin d’œil aux gens intelligents, quand il devient nécessaire de piquer un âne rétif !). C’est là le résultat logique induit par la poursuite sur la voie de la gabegie, devenue une norme se traduisant par de «l’indi-gestion » à la place de la gestion proprement dite. S’il n’est pas malheureux d’en arriver là !

Sommes-nous encore des indigènes?

Parallèlement et, par comparaison, puisque l’occasion se présente de l’expliquer, ce mot « indi-gestion » ainsi décomposé, est à l’image de ce qualificatif, sans doute inédit dans l’histoire de la langue française avant 1830, qui est le mot : «Indigène », que la France coloniale avait collée aux autochtones algériens. « Indi » pouvant être le diminutif d’indigne et gène provenant du mot « génétique ». Explication finale : « Indigne des êtres humains ! » Indigène ! Tandis qu’en Afrique du sud, les « Boers » colonisateurs avaient plutôt proprement qualifié « d’aborigènes » les natifs de ce pays, quand, aux deux peuples, le mot autochtone aurait suffit.
Observation : « Autochtone », « indigène » et aborigène » ont le même sens dans le dictionnaire français. Voilà qui, somme toute, est assez curieux.
Conclusion : nos responsables n’en finissent toujours pas, 52 ans après notre fichue indépendance, de continuer à penser que nous sommes encore des indigènes et non des êtres humains ! Aussi, ce n’est pas demain qu’ils comptent reconnaître la situation de citoyen à l’Algérien. A ce sujet, rappelons que Feu Ferhat Abbas avait déjà prévu la chose en l’écrivant dans son livre « Autopsie d’une guerre », «…tant que l’algérien ne se sera pas départi de ses habitudes de soumission, il n’atteindra jamais le stade de citoyen réclamant ses droits ».
Il y a lieu de rappeler à ce sujet que l’algérien aura de tout temps été forcé à la soumission même après « l’indépendance ». Et pour cause, c’est l’administration française qui continue de gérer notre pays par le biais des rigolos qu’elle avait formé à ce titre. Le « sénatus consulte » à encore de beaux jours devant lui, aussi bien que ce fameux code de l’indigénat. Le code du non-droit ! Un code restrictif, aussi infâme qu’indigne.
Cependant, il semble aujourd’hui, à la suite de la « politique du pneu brûlé » adoptée depuis quelques années par l’algérien, qu’il est sur le point d’atteindre ce fameux stade de citoyen revendiquant enfin ses droits. Ouf ! Le chemin aura été long et tellement semé d’entraves.

Aussi, gare à vous messieurs les responsables ! Responsabilisez-vous ou alors cédez la place car il n’y a plus de choix à faire.

 

L'administration de la surdité et le pouvoir du pneu brûlé (opinion jijélienne)
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Commenter cet article

nadjib 08/12/2014 12:04

sahit ,jijel a besoin de gens comme saoudi ; vous et moi Moufdi Zouheir,

Moufdi-Zouheir 27/11/2014 13:04

Merci Monsieur Saoudi