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Publié par Saoudi Abdelaziz

Aujourd'hui à Touggourt, nouvelle démonstration de l'échec de la pseudo "gestion démocratique des foules" qui consiste à utiliser du matériel français dernier cri (on sait qu'il peut être mortel, même en France), à emprisonner les "meneurs", privant de leaders les mouvements de masse de plus en plus exigeants, empêchant ainsi le dialogue. Mais, c'est peut-être le but de la manoeuvre... En Algérie "celui qui peut critiquer, c'est celui qui crée des postes de travail" assène Ali Haddad. Les autres doivent "fermer leur gueule". C'est le crédo du nouveau patron des patron. Une manière d'affirmer la dictature néolibérale de l'offre contre la demande sociale qui est au coeur de la "transition" qui se manigance dans les premiers cercles du système.

 

"Ne ferme pas ta gueule Louisa"

 

 

"Une alliance entre le vieux système et les nouveaux riches qu'il a lui-même créés est en train de se mettre en place. De manière désormais visible, écrit ce matin K. Sélim dans son éditorial. C'est une «transition politique» qui ne dit pas son nom, elle se fait via un transfert occulte du pouvoir entre gens «d'en haut». (Lire Ne ferme pas ta gueule, Louisa… Le Quotidien d'Oran)

"Pourquoi être complexée qu’un ministre ou un chef de gouvernement soit là ou pas. On est des Algériens. Nous produisons pour ce pays. Celui qui peut critiquer, c’est celui qui crée des postes de travail". C'est la réponse de Ali Haddad sitôt élu à la tête du FCE aux critiques de Louisa Hanoune. La veille un de ses proches avertissait la présidente du parti des travailleurs de "fermer sa gueule".

Ce matin, à l'exception du Quotidien d'Oran, les éditorialistes ne reviennent pas sur cette mise demeure adressée au chef d'un parti représenté au parlement. Zouhir Mebarki éditorialiste de L'Expression claironne d'emblée : "Le FCE reçoit l'arrivée de Haddad comme une cure de jouvence". Il poursuit : "Il y a incontestablement un effet Haddad. D'autre part et ce qui ne gâte rien, Ali Haddad est aussi patron de presse. Il est propriétaire de deux journaux et de deux chaînes de télévision. Des médias qu'il mettra inévitablement au service du FCE pour plus de présence et plus d'influence dans les prises de positions". On sait que le patron de ce journal, M. Fattani, informe régulièrement ses lecteurs de sa proximité avec les sources présidentielles avec lesquelles il prend régulièrement le thé "sur les hauteurs d'Alger".

Le quotidien Le Temps d'Algérie, propriété du nouveau patron des patrons, K. A. s'extasie sur le score d'"Ali Haddad ou encore «Si Ali», pour les intimes": "La manière par laquelle il a été acclamé par les 266 membres du forum relève incontestablement d'un véritable raz-de- marée jamais enregistré jusque-là dans les annales du forum".

Dans El Watan Roumadi Melissa tire plus froidement la signification du vote unanime de ce week end algérien" L’élection de jeudi formalise ainsi un mode de fonctionnement jusque-là informel et non reconnu. Elle exprime aussi la volonté des milieux d’affaires d’accéder au pouvoir décisionnel. Une situation qui pourrait d’ailleurs concrétiser le basculement des centres de pouvoir réel".

 

Les boucs émissaires du ministre de l’intérieur

 

Tayeb Belaiz a mis fin aux fonctions des chefs de daïra et de sûreté de la daïra de Touggourt , boucs émissaires pour "apaiser les esprits" à la suite du décès de deux jeunes protestataire dans la nuit de vendredi à samedi près du poste de police de Draa El Baroud, prés de Touggourt. La gestion actuelle de l'ordre publique combine les techniques de "gestion démocratique des foules" et les matériels français avec le refus de reconnaître les élites qui émergent dans la jeunesse du Sud et d'ailleurs. Refus assorti d'emprisonnement et de poursuites judiciaires continuelles contre les leaders des mouvements de masses assimilés à des "meneurs" de droit commun.

Les chefs de daïra et de sûreté ne font qu'appliquee avec plus ou moins de zèle cette récettes explosive . N'est-il pas plus indiqué que ce soit le ministre de l'Intérieur qui démissionne, et que soit mise à plat la politique de maintien de l'ordre dont la faille essentielle est qu'elle continue d'exclure les élites jeunes qui émergent dans l'action de masse, conduisant à empêcher le dialogue et conduisant en toute logique à l'affrontement meurtrier de Draa El Baroud.

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