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Publié par Saoudi Abdelaziz

Par Saoudi Abdelaziz, 24 novembre 2014

Le chef de l'Etat appelle aujourd'hui lundi à « dégager un consensus autour des questions fondamentales". Mais Bouteflika enferme ce débat dans les consultations menées par son représentant Ouyahia. Le choix de cette "ouverture" du genre zitna fi dkik na étant motivé selon lui par les besoins de l'Algérie, "la préservation de sa stabilité et en lui épargnant les perturbations que connaissent différents pays du monde en cette ère marquée par de profondes mutations". Par son effet de repoussoir, cette approche obtuse pourrait tout aussi bien être inspirée par le DRS-canal historique.

 

Mise sur le marché d'une nouvelle transition

On sait que le DRS-canal historique garde une profonde emprise sur la vie politique et les institutions. Il a initié il y a deux ans la mise à l'ordre du jour de la "transition". On se rappelle qu'avant les élections présidentielles, une première version de cette transition devait venir du haut de la pyramide du système : Tewfik, chef des services secrets, était appelé à jouer le rôle d'Andropov, lui aussi ancien chef du KGB, pour déclencher une perestroiska à l'Algérienne.

Après les élections présidentielle est venue rapidement une deuxième version: Bouteflika malade doit être écarté et le brave général Zeroual chargé de "coordonner" une transition de trois ans au terme de laquelle se tiendront des élections présidentielles.

Depuis quelques jour, on met sur le marché un nouveau scénario. Cette variante est plus courte : Bouteflika est déposé et on organise immédiatement des élections présidentielles anticipées. Dans les versions antérieures, l'ANP provoque la transition et la surveille de près pendant quelque temps. Aujourd'hui on ne lui demande qu'un coup de pouce, juste pour aider à parrainer le changement de locataire d'El Mouradia. Le système sera contrôlé par une autre coalition de clans. Il sera alors mis au service des oligarchies qui aspirent dorénavant, à l'abri des clans, à imprimer un tournant néolibérale rapide, exigé aussi par nos "partenaires stratégiques" occidentaux.

Pourtant les choses ne sont pas si faciles pour les transitologues dont le travail est contrecarré par trois tendances contraires. Primo les revendications portée par la montée du mouvement social est incompatible avec les plans néolibéraux de rupture avec la politique sociale. Le boycott populaire se confirme contre les appels à une "transition de rupture". Et on assiste à la montée en puissance du débat pour le nouveau consensus national initié par le FFS, puis par Mouloud Hamrouche.

Tout en appelant aujourd'hui lundi à « dégager un consensus autour des questions fondamentales" le chef de l'Etat enferme le débat dans les consultations menées par son représentant Ouyahia. Le choix de cette ouverture du genre zitna fa dkik na étant motivé selon lui par "la préservation de sa stabilité et en lui épargnant les perturbations que connaissent différents pays du monde en cette ère marquée par de profondes mutations". Par son effet de repoussoir, cette approche pourrait aussi bien êtreinspiré par le canal historique...

 

Le Fraser Institute ne rend pas heureux

Il y une semaine, l'ultra libéral Fraser Institute nous avait classé bon dernier dans le Monde arabe pour ce qui est de la "liberté économique". Voilà qu'un nouveau classement établi par des instituts britanniques place le peuple algérien comme le peuple "le plus heureux du continent africain et du monde arabe". Ce palmarès a été publié hier par le huffpost qui nous explique qu'il se fonde sur l'empreinte écologique, l'espérance de vie et le degré de bien-être d'une nation. On pourrait donc en déduire que l'absence de "liberté économique", c'est à dire selon l'Institut Fraser le retrait de l'Etat des affaires économiques, ne rend pas les Algériens plus malheureux que les autres. Ce classement insolite n'a pas encore été évoqué par les chroniqueurs de la place d'Alger. L'un d'entre eux écrivait il y a trois jours : "L'Algérie est un pays qui a beaucoup d'argent, mais ses habitants subissent une incroyable malvie". Incroyable malvie? Il y en a de pire, en ces temps de détresse où l'humanité est malmenée par le capitalisme de crise. Il est vrai que nos chroniqueurs, lorsqu'ils voyagent à l'étranger, n'ont pas, par la force des choses, physiquement contact avec la malvie quotidienne qui, au coeur de l'Europe même, désespère d'innombrables familles. Privées de la contre-société solidaire dont nous disposons encore, elles vivent dans la solitude une incroyable souffrance humaine.

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