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Publié par Saoudi Abdelaziz

Pas de commémoration du 5 octobre 1988 et silence quasi-général dans la presse.  

Seule initiative publique à Alger : le regroupement au square Port-Saïd devant le Théâtre National, organisé par le Rassemblement action jeunesse (RAJ). Le président de cette association explique : “Notre action vise à réhabiliter la mémoire des victimes du 5 octobre. Il est déplorable de voir que la classe politique ignore et néglige cette date symbolique".

"Une date oubliée" titre le Soir d'Algérie, le lendemain. Rym Nasri écrit : "Les émeutes du 5 octobre 1988 ont été le déclic pour de nombreuses réformes politiques en Algérie. Vingt-six ans plus tard, cette date semble avoir été jetée aux oubliettes (...). Même les partis politiques semblent oublier la date. Eux qui sont pourtant issus des réformes qui ont découlé de ces évènements."

L'oubli de la classe politique n'est pas mise en cause par Mustapha Hammouche, le sur lendemain. Le chroniqueur de Liberté met l'amnésie sur le compte des "Algériens", une nébuleuse sémantique anonyme devenue la matière de prédilection de nos chroniqueurs politico-littéraires. "Les Algériens n’ont pas oublié le 5 Octobre. Ils ont juste oublié de le commémorer. Et ont remarqué qu’ils ont oublié de le commémorer" écrit audacieusement le chroniqueur qui conclut sa dissertation : "Le 5 Octobre ? Pourquoi donc se souvenir de nos peines, puisque l’estomac nous a… réconciliés ?"

Un autre journal, qui a oublié le 5 octobre cette année, rappelle une autre panne de mémoire."Chadli Bendjedid oublié" titre ce matin Le Quotidien d'Oran. "Même pas un moment de recueillement ou encore une minute de silence", à l'occasion du 6 octobre, deuxième anniversaire du décès du président de l'Infitah néolibérale algérienne. Comme le 5 octobre, mais sans doute pour d'autres rasions, sa tombe a été boycottée par l'establishment. La rédaction nationale du journal rapporte ce témoignage: "Un ancien cadre de l'Etat qui s'est rendu devant la tombe de l'ex-président de la République, au cimetière d'El Alia, nous dira : « je me suis retrouvé seul, ce matin du 6 octobre, à El Alia. Même pas quelques fleurs sur la tombe de l'ancien président ». Loi des compensations: le radar de Liberté révèle ce matin: "Le salon de l’ancien chef de gouvernement sous Chadli, Mouloud Hamrouche, a été, d’après nos sources, pris d’assaut le deuxième jour de l’Aïd (6 octobre NDLR) par nombre de ses partisans qui ont tenu à lui présenter leurs vœux. Toujours égal à lui-même, l’ancien chef de file des réformateurs a accueilli ses hôtes avec des petits-fours et du thé qu’il a servis en personne".

 

*Guillaume ApollinaireSi je mourais là-bas

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