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Publié par Saoudi Abdelaziz

J'ai connu Zoubir Bouadjadj en 1964-1965, à l'époque où il était responsable de la fédération du FLN du Grand Alger (dite FGA). "Membre du groupe des 22", Zoubir Bouadjadj est considéré comme "une des figures  de proue de la révolution algérienne" rapportait une récente dépêche de l'APS qui annonçait son décès à Hydra, à l'âge de 89 ans.

En 1964-1965, jusqu'à mon arrestation le 2 août 1965 pour opposition au coup d'état du 19 juin, j'étais coordinateur de la fédération de la Jeunesse du FLN (JFLN) du Grand Alger, élu -fait inédit- par une large assemblée des sections de base.

La période de mon mandat à la tête de l'organisation des jeunes était marquée par des conflits perpétuels entre les kasmates du FLN et nos sections des quartiers, dont les initiatives étaient contrecarrés lorsqu'elles sortaient des "normes". C'est dans ce contexte que je fus convoqué en urgence par Zoubir Bouadjadj. A ses côtés, dans son bureau de la rue Bruce à la Casbah, il y avait  un autre responsable de la fédération FLN, Abderrahmane Benhamida, qui fut ministre de l'Education. Hocine Zahouane, autre membre de la fédération, était absent. Cette rencontre était vraiment exceptionnelle, car nous n'entretenions que des rapports lointains avec la fédération du FLN.

Motif de la convocation : Bouzid Zaboub, mon adjoint à la tête de la fédération JFLN, était accusé d'appartenir au parti communiste algérien interdit. La discussion fut très éprouvante, ce fut un procès en règle contre le peu d'égard des sections JFLN à l'égard des kasmates du FLN. Ce manque d'égards était, selon eux, encouragé par Bouzid Zaboub, accusé d'être membre du PCA. Bouzid, un ancien jeune fidaï, était responsable à l'organisation et, à ce titre, en contact permanent avec nos sections. Le procureur le plus acharné était Benhamida.

Pour couper court, et en me levant avec un geste excédé, j'ai donné solennellement ma parole d'honneur, kelmate echaref, que Bouzid Zaboub n'était pas membre du parti communiste. Je savais que je ne pourrais jamais être accusé de parjure, car Bouzid n'était effectivement pas membre du parti. En effet, c'était moi le communiste de la bande. Juste après l'indépendance, j'avais adhéré au parti communiste algérien devenu ensuite clandestin après son interdiction en novembre 1962 par décret du  président Ben Bella. Mon ami Bouzid Zaboub ne saura mon appartenace qu'en 1966, aux 4-hectares d'El Harrach, où nous étions détenus dans la même salle pour notre opposition au coup d'Etat du 19 juin1965.

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